ALG (F) : Le foot féminin en Algérie, le flou même un 8 mars
LAFORDASSE
Chaque année, le 8 mars, la planète célèbre la Journée internationale des droits des femmes. L’occasion de faire une halte sur le football féminin en Algérie et de prendre le pouls pour voir de plus près ce qui se fait pour promouvoir et développer le ballon rond chez cette frange de la société qui, ailleurs, connaît une notable progression.
Cette journée coïncide avec la clôture, la veille, du stage de la sélection nationale A qui s’est déroulé au Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa. L’apport de plus de 80 % de joueuses formées à l’étranger est lui-même un indicateur qui illustre le grand retard qu’accuse le football féminin en Algérie, dont la sélection A, qualifiée pour la prochaine CAN 2026, est l’arbre qui cache bien la forêt. Car derrière, les autres sélections (U-17 et U-20) ont du mal à se frayer un chemin.
Ces catégories se font éliminer régulièrement lors des tournois de l’Union nord-africaine de football (UNAF), qualificatifs pour les CAN de ces catégories et lors des éliminatoires de la Coupe du monde. Même la sélection scolaire, introduite depuis peu, ne s’est jamais qualifiée pour le Championnat d’Afrique de football scolaire, initié par la Confédération africaine de football.
Au niveau national, la L1 senior est animée par 13 clubs après le forfait général de l’AC Biskra qui, malheureusement, n’est pas le seul, puisque d’autres formations en D2 ont dû abandonner, à l’image de l’EFJB Ouargla (groupe 1), l’UMA Djelfa (groupe 2), l’APDSF Tiaret et l’AS Oran Centre (groupe 3). Cela réduit évidemment le nombre de clubs au niveau des groupes de championnat et pénalise la compétition.
Le championnat national des U-20 est animé par 14 clubs scindés en deux groupes de 7
; idem pour les U-17, dont le groupe 2 a vu également le forfait de l’AC Biskra, réduisant la compétition à six formations. Cette photographie démontre la faiblesse de la pratique, alors que les indices de progression au niveau mondial et continental sont en nette augmentation.
Tout comme chez les masculins, le football féminin souffre également d’un déficit criant en matière de formation, conjugué à l’absence d’écoles et de centres spécialisés. En revanche, plusieurs clubs consentent de gros efforts en direction du football féminin, comme le CF Akbou qui domine son championnat avec 17 succès, y compris chez les U-17 (gr. 1), le CF Khroub chez les U-20 et les U-17 (gr. 2), ainsi que l’Afak Relizane et la JS Kabylie.
Un renfort est attendu avec l’arrivée des clubs phares de la L1 professionnelle dont les équipes féminines évoluent en D2. Elles s’apprêtent à accéder, comme la JS Saoura, le MC Alger et le MC El-Bayadh, leaders actuels de leurs groupes respectifs, concurrencés par d’autres équipes comme l’ES Sétif, l’USM Alger, le Paradou AC et le MC Oran.
Aussi est-il dommage qu’à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la Fédération algérienne de football ne puisse pas présenter au moins une cartographie détaillée sur ce segment, avec les chiffres de la pratique au féminin, le programme de développement établi par la Direction technique nationale (DTN), les perspectives et les objectifs, les tendances, l’arbitrage, l’encadrement technique et bien d’autres paramètres à connaître par le grand public. Le flou et le loup sont là !
– LAFORDASSE
