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SEN : Le mensonge de Motsepe et le message de Me Senghor

YANIS. B

Me Augustin Senghor tire la sonnette d’alarme sur ce qui pourrait bien constituer le plus grand scandale depuis la création de la CAF. Informé de la tenue d’une réunion à huis clos de la Commission d’appel au Caire, l’ancien président de la Fédération sénégalaise a adressé un message sans ambiguïté dans lequel, il évoque une décision ahurissante : retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique pour l’attribuer au Maroc. « Cher Patrice. Je sais que vous êtes peut-être occupé, mais je ne peux pas attendre et je préfère vous envoyer ce texto à propos de ma profonde préoccupation concernant le cas de la finale de la CAN-2025 marocaine en instance devant la Commission d’appel de la CAF. J’ai appris par hasard que la commission d’appel s’était réunie à huis clos au Caire et avait décidé de retirer au Sénégal sa victoire et son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc. J’espère qu’il s’agit d’une fake news. Mais si cette information s’avère exacte, ce sera un scandale énorme et inacceptable pour le football africain », écrit-il. D’autant que Motsepe avait affirmé ne pas être informé d’une telle décision. Une version désormais mise à mal par ce message, qui suggère qu’il aurait été alerté en amont parce que certains savaient et parmi eux, le président de la CAF lui-même.

Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui est perçu comme une influence pernicieuse, malsaine et  destructrice du Maroc dans les sphères décisionnelles du football africain. Les sites spécialisés footafrique.com et botola.dz ont notamment multiplié les alertes sur des pratiques jugées contraires aux règlements en vigueur. Des accusations lourdes, appuyées par des éléments connus de nombreux acteurs du milieu. Ainsi, la parole de Me Senghor n’est pas anodine. Elle émane d’un dirigeant respecté, reconnu pour son intégrité, et qui avait déjà pris ses distances avec certaines pratiques en refusant d’intégrer les cercles du pouvoir. Lorsqu’un tel profil s’alarme, ce n’est plus une simple polémique : c’est un signal d’alarme. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis. L’opacité nourrit la suspicion, et la suspicion mine la crédibilité. Si la CAF ne sort pas immédiatement de son silence pour faire toute la lumière sur cette affaire, elle prendra le risque de voir sa légitimité définitivement remise en cause. Ce qui se joue dépasse de loin une finale ou un trophée. C’est l’intégrité même du football africain qui est en jeu. Et face à ce qui s’apparente de plus en plus à un passage en force, le silence n’est plus une option.

Figure respectée du football africain et international, l’homme de la renaissance du football sénégalais, Me Senghor est reconnu pour son intégrité et sa rigueur. C’est au nom de ces principes qu’il affirme avoir interpellé Patrice Motsepe, dans l’espoir de préserver ce qu’il reste de crédibilité à l’instance continentale. Au-delà du fond de l’affaire, c’est surtout la méthode qui interroge. La tenue supposée d’une réunion à huis clos, en dehors de toute communication officielle, soulève de nombreuses questions : qui y a participé ? Dans quel cadre précis ces échanges ont-ils eu lieu ? Et pourquoi certains membres de la Commission d’appel affirment-ils ne pas avoir été associés aux délibérations ? S’agit-il d’un mensonge délibéré ou d’une perte de contrôle totale sur les instances qu’il dirige ? Face à ces zones d’ombre et à l’image écornée des instances dirigeantes, de plus en plus d’acteurs appellent à une mobilisation pour défendre l’intégrité et la transparence du football africain. Une exigence qui, désormais, apparaît comme vitale.

Yanis. B

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