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CAF : La CAN 2028, une épine dans le pied

MOHAMED MALIK

Si, à l’issue de la finale de la CAN-2025, la Confédération africaine de football a remis officiellement le flambeau de l’édition 2027 aux présidents des fédérations des trois pays coorganisateurs, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, celle de 2028 est désormais une épine dans le pied de l’instance continentale.  

Lors de la cérémonie de remise du trophée de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) – 2025, à l’issue de la finale entre le Sénégal et le pays hôte, le Maroc, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a confié au président Fouzi Lekjaa le flambeau qu’il remettra à son tour aux présidents des trois fédérations organisatrices de la prochaine CAN-2027, que sont l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie . L’événement est passé presqu’inaperçu, mais en réalité il s’agit d’un fait historique car c’est la première fois dans les annales de cette épreuve, que trois pays, de surcroît de l’Est de l’Afrique, sont appelés à organiser la 36e édition du plus grand rendez-vous footballistique du continent.

Après avoir réussi l’organisation du dernier Championnat d’Afrique des nations (CHAN)-2024, l’été dernier et dont c’était l’ultime édition puisque la CAF a décidé de le remplacer par une nouvelle compétition, la Ligue des nations, les trois pays ont déclenché le compte-à-rebours pour être fin prêt dans 19 mois, puisque la phase finale est prévue en août 2027. Dans des déclarations aux différents médias, les représentants de ces pays ont affirmé que la réussite du CHAN illustre leur étroite collaboration, promettant de faire de la prochaine édition un événement unique sur tous les plans.

D’ailleurs, une délégation du Comité d’organisation local (COL) des trois pays (PAMOJA) a séjourné lors de la dernière CAN au Maroc pour s’enquérir de tous les volets liés à l’organisation (sécuritaire, médiatique, logistique, transport, hébergement, canalisation des foules, billetterie, …). L’avantage de la prochaine CAN, c’est que chaque pays n’aura pas les mêmes charges que le Maroc ou un autre pays qui organise seul une telle compétition, puisqu’au minimum deux stades par pays suffiront pour accueillir les 24 nations participantes.

L’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie comptent également faire de ce rendez-vous une opportunité économique et touristique, connaissant le potentiel dont recèlent ces trois pays et les retombées attendues, sans oublier la compétition en elle-même, sur le plan technique. En effet, la CAF ambitionne de faire de la prochaine CAN un rendez-vous de haut niveau et où l’arbitrage devra être à la hauteur. Un chapitre sur lequel doit travailler la Commission d’arbitrage présidée par son nouveau responsable, le congolais et inconnu au bataillon Olivier Safari Kabene, qui a remplacé l’ivoirien Désiré Doué Noumandiez, en octobre dernier.

La CAN-2028, la grande inconnue !

L’autre chantier qu’attaquera la CAF dans les prochaines semaines, c’est celui de la CAN-2028 qui sera la dernière avant le passage au cycle quadriennal, puisque la 38e édition aura lieu en 2032, suite à la décision du Comité exécutif (Comex), réuni le 23 décembre 2025 à Rabat. Pour rappel, la CAF avait décidé d’avancer d’une année l’édition prévue initialement en 2029 avant de se projeter dans son nouveau chronogramme. La course contre la montre est donc lancée pour trouver un ou des pays hôtes qui pourraient accueillir cette CAN, où deux intentions d’intérêt – pour ne pas dire des candidatures – se sont exprimées, selon des sources proches de l’instance africaine du football.

Cette dernière devrait étudier rapidement les possibilités qu’offriraient l’Ethiopie, qui était sur le dossier de 2029, et le trio Afrique du Sud – Botswana – Namibie, qui semble plus probable pour un certain nombre de raisons, dont la zone dont est issu le patron de la CAF, Patrice Motsepe, et la présence de l’Afrique du Sud, comme locomotive qui a déjà ‘’sauvé’’ la CAF en 2013. Effectivement, initialement prévue en 2014, cette édition a été avancée d’une année afin de caler le calendrier du tournoi sur les années impaires, alors que la CAF avait déjà attribué les CANs 2010, 2012 et 2014 à, respectivement, l’Angola, le du Gabon – Guinée Equatoriale et la Libye, avant que tout ne soit chamboulé.

Les événements survenus en Libye ont amené la CAF à trouver rapidement un pays de rechange et décaler la Libye à 2017. Sauf que cette dernière a été définitivement écartée, et c’est l’Afrique du Sud qui prendra le relais. Quant aux éditions de 2015 et 2017, elles seront organisées par la Guinée Equatoriale, après le désistement du Maroc, et le Gabon, qui a été choisi à la place de l’Algérie, malgré la présence de l’ancien président de la FAF, Mohamed Raouraoua au sein du Comex de la CAF.

Fermons la parenthèse historique, pour revenir au cahier des charges assez exigent de la CAF pour l’organisation d’une CAN, notamment en ce qui concerne l’écosystème à assurer et les coûts financiers à absorber compte-tenu des investissements à consentir dans des chapitres jugés très lourds (construction et rénovation des stades, infrastructures de transport, des routes, des aéroports, des établissements hôteliers, terrains d’entraînement, hôpitaux, télécommunication et connectivité).

En plus de ces nations, d’autres pays, forts de leur expérience et de leurs capacités, comme l’Egypte, et éventuellement le Maroc, seraient dans la réflexion, après les événements et autres péripéties vécus lors de la récente CAN-2025. La CAF voudrait d’abord calmer le jeu et laisser le temps faire les choses après toutes ces polémiques et turbulences qui ont exacerbé les passions et les relations entre des associations-membres, même si, depuis, la plupart ont exprimé leurs remerciements et gratitudes envers le Maroc.

A la recherche d’un ou des pays hôtes pour 2028, la CAF devrait aussi chercher à redorer sa crédibilité et son image aux yeux du football africain.

 

 

 

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