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ALG : La fièvre des académies, tendance ou prise de conscience ?

LAFORDASSE

Est-ce une tendance ou une réelle prise de conscience autour du projet des académies en Algérie ? Si la Fédération algérienne de football ne souffle pas mot sur son véritable programme de développement et surtout de formation des jeunes talents, ces derniers jours ont eu droit à des annonces concernant le lancement d’au moins deux académies, L’une, dénommée Lavoara Sports Academy qui vient de démarrer du côté de Sétif, par l’agent de joueurs Hichem Bouaoud, et l’autre, se situerait à Oran, dont l’initiateur n’est autre que l’international algérien, Youcef Belaïli.

Ce n’est pas la première qu’on assiste en Algérie à la création de structures dédiées à la formation, que ce soient des écoles ou des académies, dont certaines sous forme de franchises affiliées à des clubs européens comme l’Espagnol de Barcelone ou l’AC Milan, mais dont la plupart fonctionnent selon pratiquement le même modèle : inscription, tests-détection, paiement de frais de la part des parents d’enfants, dispense d’un programme d’initiation puis de formation.

Il y a quelques années, la direction technique nationale (DTN) avait procédé, dans le cadre de la valorisation des effectifs pour une détection de qualité, à l’identification et au recensement de toutes les structures de formation à travers le pays. C’est ainsi qu’au 31 décembre 2021, l’Algérie comptait 915 écoles et 77 081 joueurs identifiés au niveau des 9 régions. Depuis cette date, toutes les DTNs qui se sont succédé n’ont plus donné le moindre chiffre sur ces structures.

Encore moins sur leur répartition, leur mode de fonctionnement, leur organisation et structuration, le contenu de l’enseignement et des entraînements dispensés, la qualité de l’encadrement, la trajectoire que prendront les gamins au cours ou après leur cursus, et bien d’autres paramètres qu’une DTN devrait disposer pour un meilleur suivi-évaluation de ce qui se fait dans ces écoles de football.

Depuis le temps qu’on assiste à la prolifération de toutes ces écoles, celles de Belaïli et de Bouaoud, qui a fait appel à un technicien espagnol présenté d’ailleurs aux médias il y a seulement quelques jours, semblent être beaucoup plus dans l’air du temps qu’obéissant à une stratégie de développement qui tarde à se concrétiser sur le terrain des réalités.

Aujourd’hui, tout le monde parle de formation, y compris ceux qui n’ont rien à voir avec le domaine, mais le football algérien a du mal à trouver un remplaçant à un Raïs M’Bolhi dans les cages des Verts, ou bien un latéral de la trempe de Youcef Atal. Même dans l’axe de la défense et à la pointe de l’attaque lorsqu’un Aïssa Mandi et un Baghdad Bounedjah prendront leur retraite internationale, on aura du mal à les remplacer, combien même il y a quelques jeunes prometteurs qui commencent à montrer déjà leurs dents.

Privilégier la formation à travers un véritable schéma directeur de développement demeure l’unique issue pour permettre au football algérien de renouer avec le très haut niveau et décrocher des titres à tous les paliers.

– LAFORDASSE

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