
Alors qu’il semblait en pole position pour hériter d’un rôle important avec les Vers et profiter des forfaits de Belghali et d’Atal pour se relancer en perspective de la Coupe du monde, Kévin Guitoun s’est sabordé en provoquant une suspension qui risque de le faire revenir à la case départ.
Comme indiqué dans ces mêmes colonnes, lors de notre dernière livraison, le piston droit Kévin Guitoun Van Den Kerkhof vient de voir sa saison régulière avec le Sporting Charleroi prendre fin. Expulsé face au Club de Bruges, l’international algérien a ainsi été sanctionné par le Comité de discipline de la Fédération belge. Il écope de quatre matchs de suspension, dont un avec sursis. Il manquera donc les trois dernières rencontres de la phase classique et devra en parallèle s’acquitter d’une amende de 3.500 euros. Cette sanction aurait pu être plus lourde si ce n’est l’introduction d’un appel qui a vu la sanction initiale de quatre matchs fermes et d’un match avec sursis être revue à la baisse par le Comité.
Son entraîneur compatit, mais …
Une réponse de la commission de discipline à son impressionnant tacle à deux pieds sur le Grec Christos Tzolis, lui touchant le bas de la jambe gauche avec ses crampons. L’arbitre Bert Verbeke l’a, d’ailleurs, immédiatement expulsé. En parallèle aux images qui ont fait le tour de la planète foot, son «cas» a aussi et surtout été aggravé par le parquet de l’Union belge qui avait déclaré qu’il « ne peut se défaire de l’impression que Van Den Kerkhof a, à un moment donné, perdu toute capacité de jugement ». D’où la sanction initiale de quatre matchs de suspension, avant que Charleroi ne fasse appel. Dans le détail, c’est Mehdi
Bayat qui a assuré sa défense devant le Conseil. Il a insisté sur le fait qu’à 29 ans, Van Den Kerkhof n’avait encore jamais été expulsé, et que la sanction était trop lourde pour un joueur sans antécédents. Le joueur a ajouté qu’il ne regardait que le ballon et que c’est son adversaire qui avait bougé dans sa direction, provoquant le contact.
Plus d’un mois sans compétition
Le Conseil disciplinaire de l’Union belge de football a finalement revu sa sanction à la baisse et décidé d’une suspension de trois matchs de suspension au joueur du Sporting, soit une de moins que ce qui était demandé par le Comité disciplinaire. Après avoir pris part aux quatre défaites consécutives en championnat, l’ancien Messin ne pouvait, donc, pas prendre part à la rencontre de samedi soir face à Dender (2-2). Lui accordant des circonstances atténuantes, son entraineur Hans Cornelis lui est, pourtant, (presque) venu au secours. «J’ai parlé avec lui. C’est une faute grave mais il m’a expliqué que ce n’était pas méchant. C’est difficile à l’expliquer mais pour lui, il voulait toucher le ballon» a-t-il prononcé. Une façon comme une autre de le garder concerné par ce qui reste à jouer de la saison, quand bien même le rêve de titre s’est déjà envolé et qu’il ne reste aux coéquipiers de Titraoui que les Play-Offs 2 pour sauver leur saison.
L’ensemble de l’œuvre ou l’accident de parcours ? Actuellement 11ème, le Sporting devrait faire partie des clubs qui terminent entre la 7ème et la 12ème places et qui disputeront les Europe Play-offs. Mais si les trois premiers des Champions’ Play-offs sont assurés d’un ticket européen, il faudra au club du duo Guitoun-Titraoui remporter leurs play- offs 2 puis dominer le club classé à la 4e place des play-offs 1 pour valider une présence en Europa League Conférence la saison prochaine. Mais d’ici là, Kévin Van Den Kerkhof sera resté un plus d’un mois sans compétition puisque la phase régulière prendra fin le 22 mars alors que les Play-offs ne débuteront que le 3 avril prochain. Au repos forcé pour cause de suspension, le défenseur algérien verra passer une trêve de 15 jours supplémentaire avant de pouvoir enfin reprendre le fil de cet exercice 2025-2026 qu’il risque, néanmoins, de terminer sans pouvoir atteindre son objectif ultime : décrocher une place parmi les 26 de Vladimir Petkovic qui traverseront l’Atlantique pour disputer la 23ème édition de la Coupe du Monde. A moins que, prenant en considération l’ensemble de l’œuvre plutôt que cet accident de parcours, le sélectionneur national n’ait déjà envoyé la convocation pour le stage de ce mois-ci et ses deux rendez-vous en Italie face au Guatemala et l’Uruguay.
RACHID BELARBI
