AfriqueLes infos

CAF : Et si tout le monde avait un prix ?

YANIS . B

La polémique entourant la Confédération africaine de football (CAF) ne montre aucun signe d’essoufflement. Depuis la décision controversée de retirer au Sénégal son titre de la CAN 2025, les critiques ne cessent de gagner en intensité, visant désormais les plus hautes sphères de l’instance. Son président, Patrice Motsepe, se retrouve particulièrement dans le viseur pour être un vassal de la FIFA et de Faouzi Lekjaa. Ce dernier, considéré comme un cancer du football africain est le champion de la lutte des places au sein des instances internationales. Il cumule les fonctions de président de la Fédération royale marocaine de football, de premier vice-président de la CAF et de membre du Conseil de l’instance mondiale basé à Zurich.

Face aux soupçons de corruption évoqués par les autorités sénégalaises, le camp de Patrice Motsepe n’a pas tardé à réagir. La riposte se veut catégorique : « Personne ne peut acheter Motsepe », martèle son entourage, invoquant sa fortune et son indépendance financière. L’argument peut sembler séduisant, presque rassurant. Il repose pourtant sur une vision réductrice : celle qui voudrait que l’intégrité d’un homme se mesure à l’épaisseur de son compte en banque. Or, l’influence ne s’exerce pas uniquement par l’argent. Surtout, la responsabilité ne saurait être individualisée. Fouzi Lekjaa apparaît comme un acteur central de cette dynamique, avec l’ambition de peser pleinement sur la gestion administrative de l’instance du Caire, appuyé, de l’étranger par des relais médiatiques se revendiquant indépendants.

On achète parfois avec de l’influence. Avec des alliances. Avec des équilibres à préserver. Dans les hautes sphères du football, où les intérêts politiques, économiques et stratégiques s’entrecroisent, les décisions ne se prennent jamais dans le vide. On achète aussi avec le pouvoir. Le maintenir, le consolider, éviter de le fragiliser. Et puis il y a l’environnement. Les pressions diffuses, les attentes implicites, les rapports de force invisibles, le favoritisme ou le clientélisme. Rien n’est écrit, mais tout pèse. La richesse personnelle n’est pas suffisante pour balayer toute suspicion.  Aujourd’hui, on assiste depuis la création de la CAF avec l’Egypte, le Soudan et le Maroc en 1956 à une grave crise de crédibilité de l’institution. Et face à elle, des voix africanistes demandent sa dissolution. Il appartient désormais à l’assemblée générale et à l’Union Africaine de remettre de l’ordre.

YANIS. B

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité