
La dernière décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), offrant contre toute rigueur juridique et à l’encontre de toutes les règles d’équité sportive le titre africain 2025 au Maroc, suffira-t-elle à redorer l’image du président de la Fédération Royale Marocaine, Fouzi Lekjaa ? Le sacrifice de l’ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas, Walid Regragui, coupable de n’avoir pas su garder le trophée africain en terre marocaine malgré les milliards engrangés pour l’organisation de la CAN-2025, n’a semble-t-il pas suffi.
Fouzi Lekjaa l’a compris et s’est offert par l’intermédiaire du Makhzen les services d’une grande agence internationale spécialisée dans les relations publiques. Cette dernière, qui a dépêché une forte délégation à Rabat, travaille d’arrache-pied pour redorer l’image du champion de la lutte des places au sein des instances sportives (membre du Conseil de la FIFA, du Comex de la CAF et de l’Union arabe). Principale mission pour les communicants : travailler sur l’image personnelle de Fouzi Lekjaa (personal brand), en local et au niveau international.
Le ministre délégué au Budget du Roi, longtemps absout de tout reproche, fait l’objet de critiques quasi quotidiennes depuis la finale de la CAN remportée par le Sénégal au mois de janvier dernier. Le retrait du Maroc de l’organisation de la CAN féminine (initialement prévue du 17 mars au 3 avril 2026) tout comme le limogeage de Walid Regragui n’ont pas suffi à calmer la fronde. La détérioration de la situation sociale, accompagnée d’une augmentation fulgurante des prix de l’énergie et de l’essence, induite par la guerre au Moyen-Orient, fait craindre au Makhzen la résurgence des manifestations de la GenZ.
– B. NAZIM
