
Après l’onde de choc provoquée par la décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre africain de la CAN-2025 au Sénégal au profit du Maroc, le gouvernement sénégalais et la Fédération sénégalaise de football contre-attaquent et s’apprêtent à mener une bataille judiciaire pour préserver leur dû gagné sur le terrain.
La Fédération sénégalaise de football (FSF), n’a pas attendu très longtemps pour réagir sèchement à la décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), dont le verdict a provoqué une onde de choc en retirant le titre continental 2025 aux Lions de la Teranga au profit des Lions de l’Atlas, suite à l’appel introduit par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), à l’issue de la finale perdue (0 – 1, a.p), le 18 janvier dernier à Rabat.
Dans un communiqué officiel, la FSF annonce prendre connaissance de la notification de la décision rendue le 17 mars 2026 par le Jury d’Appel de la CAF dans le cadre de la désormais affaire portant n°DC23316. La FSF indique que cette procédure fait suite à la plainte formulée lors du match n°52 de la CAN – Maroc 2025, soit la finale ayant opposé le Sénégal au Maroc.
La FSF explique également que la décision rendue par le Jury d’Appel a qualifié de recevable et admis l’appel de la FRMF, tout en annulant la décision rendue par le Jury disciplinaire de la CAF, au motif que le droit d’être entendu de la partie appelante n’aurait pas été respecté lors de la procédure de première instance.
Dans son communiqué, très précis d’ailleurs, la FSF souligne que le Jury d’Appel s’est appuyé sur les articles 82 et 84 du Règlement de la CAN pour déclarer le Sénégal perdant sur tapis vert sur un score de (0 – 3).
Puis, la FSF prend un autre ton pour dénoncer une décision qu’elle qualifie ‘’d’inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain’’.
Pour de poursuivre : ‘’Pour la défense de ses droits et des intérêts du football sénégalais, la Fédération engagera, dans les plus brefs délais, une procédure d’appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne’’, en Suisse.
Et de clôturer sur : ‘’La FSF réaffirme son engagement indéfectible envers les valeurs d’intégrité et de justice sportive, et tiendra le public informé des suites données à cette affaire.’’
De son côté, le gouvernement sénégalais s’est dit consterné suite à la décision de la CAF en déclarant le Maroc vainqueur de ‘’sa’’ CAN au détriment du Sénégal, tout en demandant ‘’l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF.’’ Il s’agit là d’une première où un gouvernement d’un pays, dont l’association est membre de la CAF, avance des accusations très graves, en évoquant des ‘’soupçons de corruption’’, jetant davantage de discrédit sur une instance qui a déjà perdu sa crédibilité depuis un moment.
‘’Cette décision inédite, d’une gravité exceptionnelle, heurte de front les principes cardinaux qui fondent l’éthique sportive, au premier rang desquels figurent l’équité, la loyauté et le respect de la vérité du terrain’’, peut-on lire dans le communiqué du gouvernement qui s’attaque frontalement aux dirigeants de la CAF.
Le Sénégal, dont l’Etat a honoré les champions d’Afrique et les a même gratifiés de primes et cadeaux à la hauteur de leur sacre, compte par ailleurs user de “toutes les voies de recours appropriées, y compris devant les instances juridictionnelles internationales compétentes, afin que justice soit rendue et que la primauté du résultat sportif soit rétablie”.
Puis de rajouter, notamment envers les supporters toujours détenus en prison par l’Etat marocain : “Le gouvernement saisit l’occasion pour renouveler la solidarité de la nation toute entière envers les sénégalais détenus au Maroc suite aux incidents de la finale de la CAN. Il est pleinement mobilisé dans le suivi de ce dossier pour une issue heureuse dans les meilleurs délais”.
Par ailleurs, les vives réactions suscitées par cette décision qui restera dans les annales du football africain, tendent un doigt accusateur envers la CAF, qui a fait preuve encore une fois d’incompétence, de légèreté et de compromissions, surtout en matière d’arbitrage et d’application des règlements.
D’aucuns estiment que le Sénégal devrait avoir gain de cause au niveau du TAS, car l’argument avancé que son équipe ait ‘’déclaré forfait’’ ne tient pas la route, qu’elle a ‘’quitté le terrain’’, non plus car une partie des joueurs et l’entraîneur ont rejoint les vestiaires alors qu’une autre partie, dont le capitaine Sadio Mané, est restée sur le terrain, et a tout fait pour faire reprendre le match.
Enfin, l’arbitre du match, le congolais Jean-Jacques Ndala, par qui le scandale est arrivé, a fait poursuivre les débats et a validé le résultat final de cette finale de la honte tout comme le sont les décisions d’une CAF honteuse.
