
Pris dans la nasse, mercredi dernier en Champions League, Ramy Bensebaïni a été relégué sur le banc pour Der Klassiker. Mais pour une tout autre raison.
Impliqué dans trois des quatre buts de l’Atalanta Bergame en barrage-retour de l’UCL dans ce qui restera comme l’une des pires prestations de sa carrière en club, le défenseur international algérien n’était pas titulaire samedi en début de soirée dans le onze du Borussia Dortmund qui accueillait le Bayern Munich dans le classique du championnat allemand. Cela n’avait, toutefois, pas un lien direct avec sa sortie ratée en Lombardie mais plutôt avec le… Ramadhan ! La fessée encaissée (4-1) face aux Bergamasques a, en effet, contraint l’entraineur du BvB Niko Kovac, à repenser son équipe et à effectuer cinq changements dans son onze de départ contre le Bayern Munich. Cependant, deux de ces changements n’étaient pas entièrement volontaires, comme Kovac l’avait révélé avant le match en direct à la télévision et a été repris par les médias allemands, dont Bild.
Kovac l’affirme et l’assume
Interrogé par Sky sur les raisons de l’absence de son attaquant vedette Serhou Guirassy et du défenseur Ramy Bensebaini, l’entraîneur du club de la Ruhr a, ainsi, déclaré : «C’est le Carême. Nous l’observons depuis deux semaines. Nous avons déjà disputé quatre matchs. C’est très énergivore de ne pas pouvoir manger ni boire de la journée. C’est pourquoi je ne pouvais tout simplement pas les faire jouer aujourd’hui». Relancé par le présentateur de Sky, Sebastian Hellmann, sur l’importance de ce match et les éventuelles conséquences fâcheuses pour le Borussia Dortmund qui perdrait presque toute chance de titre national en cas de défaite face au Bayern Munich, le technicien croate a alors argumenté sans pour autant dévier de sa ligne conductrice.
«Le Ramadhan a un impact sur ses performances»
«Oui, mais je vais vous donner une étude pour que vous puissiez lire ce que cela signifie de se passer de nourriture et de boisson. Du point de vue d’un athlète de haut niveau » amorcera en ce sens Niko Kovac avant d’embrayer : « Nous disposons de toutes les données. Et on constate que lorsque les joueurs ne peuvent ni manger ni boire, cela a un impact sur leurs performances. En tant qu’entraîneur, je dois prendre mes responsabilités et veiller à la santé de mes joueurs. Et, plus important encore, à celle de ceux qui sont en pleine forme». Un discours direct, clair et sans ambiguïté avec lequel le champion d’Afrique des nations 2019 s’est apparemment bien adapté. L’ancien défenseur du Paradou est, d’ailleurs, entré en jeu plus tôt que prévu à la faveur d’un fait de jeu dont aurait, pourtant, bien aimé se passer l’entraineur du BvB.
Saison blanche pour le Borussia
La blessure de son capitaine Emre Can à la 39ème minute lors d’un duel avec Konrad Laimer près de sa propre ligne de but a, ainsi, contraint Kovac à sortir la carte Bensebaïni dès la fin de la première mi-temps. Voyant son capitaine se tenir immédiatement le genou gauche, tentant de continuer à jouer avant d’être contraint de quitter ses coéquipiers dans les arrêts de jeu du premier half en raison d’une possible rupture des ligaments, le patron technique du Borussia a, de fait, fait entrer l’arrière algérien pour la deuxième manche.
Au final, Dortmund s’est incliné sur le fil (2-3) face au Bayern Munich et compte désormais 11 points de retard sur l’équipe de Vincent Kompany à dix journées de la fin. Sorti en Ligue des Champions, éliminé de la Coupe d’Allemagne et désormais largué en Bundesliga, le BvB et Ramy Bensebaïni termineront, donc, l’exercice 2025-2026 sans aucun titre majeur. Une saison blanche qui devrait inciter les propriétaires à «faire le ménage» à l’intersaison.
-RACHID BELARBI




















