CAF (F) : Qui organisera la CAN féminine à la suite de la dérobade marocaine ?
AB LAHOUARI

Le président de la Fédération marocaine (FRMF) et membre du Conseil de la FIFA, Fouzi Lakjaa, a averti la FIFACaf marocaine – du report par le Royaume de l’organisation de la phase finale de la CAN féminine prévue le 17 mars au 3 avril. Or, cette décision arrive à deux semaines du coup d’envoi alors que la veille de l’annonce, le 27 février, «l’instance continentale avait confirmé que la CAN se déroulera au Maroc, aux dates prévues», par un communiqué. Mais ce qui est sidérant, c’est que la Fédération marocaine ne communique aucune nouvelle date, pour mieux intensifier le flou autour de la compétition qui devait regrouper 16 pays qualifiées.
Il s’agit là d’une preuve irréfutable de sa position hégémonique au sein de la FIFACaf. Elle s’en sert une nouvelle fois (elle a été suspendue pour deux éditions de la CAN avant l’intervention du TAS) pour faire
un pied de nez au football féminin et aux femmes du continent et aux fédérations dont les équipes sont qualifiées. Heureusement que depuis les incidents de la dernière CAN et la dernière réunion du Comex en Tanzanie où le Maroc a snobé la visioconférence, des voix se sont élevées pour dénoncer la présence massive de son personnel au sein des commissions de la CAF et le soutien avéré de Patrice Motsepe et de Gianni Infantino.
Bien sûr, les candidats au remplacement du Maroc ne manquent pas même si des fédérations comme celle de l’Algérie ont refusé de postuler. Déjà, au début du mois de février, Peace Mabe, la vice-ministre sud-africaine des Sports avait annoncé que son pays était disposé à accueillir le tournoi de la CAN féminine, mais très vite, elle a été démentie par son ministre. Pour les observateurs, c’était là un ballon d’essai (certainement !?) suscité par Patrice Motsepe pour tester les intentions du Royaume, à moins que dans les jours à venir, la manœuvre sud-africaine se transforme en une candidature officielle. Le pays qui a déjà organisé un Mondial masculin a les moyens pour accueillir un tel événement.
Il reste toutefois à la FIFACaf qui va certainement s’éloigner du Maroc, d’appliquer ses propres règlements et de rembourser les frais généraux occasionnés par les fédérations qualifiées pour préparer cette CAN.
– AB. LAHOUARI
LE + D’INFOS
Selon les statuts de la CAF, un pays organisateur qui renonce à ses engagements s’expose aux sanctions suivantes : -Des pénalités s’élevant souvent à plusieurs millions de dollars pour couvrir les pertes de droits TV et de sponsoring. – Le pays peut être banni des éditions suivantes de la compétition concernée. Par exemple, en 2015,
le Maroc avait été initialement suspendu pour deux éditions de la CAN après son retrait lié à l’épidémie d’Ebola (sanction annulée plus tard par le TAS). – La CAF peut décider de réattribuer la compétition à un autre pays si les garanties d’organisation ne sont plus réunies. -RS.
