Quarante-trois jours se sont écoulés depuis la dernière prise de parole de Vladimir Petkovic. Une éternité dans le monde du football où l’absence n’a jamais soigné les maux.
Le sélectionneur national avait juste commenté la défaite des Verts sans lutter face au Nigeria et l’élimination amère en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Avec sa froideur habituelle et ses courtes phrases, sans arguments et sans relief. Depuis, le tacticien bosnien est absent de la scène footballistique nationale alors que des clauses de son contrat signé avec la FAF stipulent noir sur blanc qu’il a obligation d’être à Alger au moins trois semaines par mois.
Or, six semaines se sont déjà écoulées depuis la fin de l’aventure à la CAN 2025 sans que l’opinion publique ne sache vraiment où se trouve le patron technique de sa sélection nationale. L’impossibilité de vérifier sa présence ou non en Algérie, ce qui, avouons-le, ne figure nullement dans nos objectifs, ni préoccupations, ne nous intéresse pas autant que son absence à tout ce qui touche l’actualité des Verts. Surtout que ce mutisme n’est pas normal ! Et n’épouse aucunement les contours d’une époque où l’opinion sportive est boulimique en matière de consommation de l’information, notamment dans ses formes numériques plurielles.
Un mutisme d’une autre époque
Le fait de n’avoir pris la peine de revenir sur ce qu’ont vécus les Verts au Maroc comme aventure commune, avec ses moments de communion, ses joies et ses déceptions, détonne d’ailleurs étrangement avec les besoins du moment pour ce qui a trait à l’image de vitrine la plus exposée du football algérien, sa sélection première. Car quand bien même le natif de Sarajevo n’estimerait pas nécessaire de convoquer la presse pour étaler ses états d’âmes post-CAN, expliquer ce qui n’avait pas marché à Marrakech ou laisser deviner sa projection pour le Mondial en Amérique avec les enseignements doublement bénéfiques de cette participation en clair-obscur, il aurait pu, tour simplement, se confier à la division média de la FAF qui a démontré son professionnalisme et sa compétence à ce jeu-là.
Petkovic a tout autant brillé par son absence après que l’instance fédérale eut annoncé son programme printanier avec ce stage en terres italiennes entrecoupé des deux matches-tests face au Guatemala et à l’Uruguay. On aurait, pourtant, aimé avoir son avis sur les performances de ses joueurs après leur retour en club, son ressenti sur les écueils qui entravent la progression de certains cracks en devenir ou encore les motivations de son choix guatémaltèque comme premier sparring-partner et remède post-traumatique après la fessée nigériane.
Le degré zéro de la communication
Pourtant, du haut de ses 63 ans d’existence dont les 30 derniers sur un banc de touche, l’ancien Mister de la Nati ne sait que trop bien que le silence ne dit pas tout, surtout lorsqu’on est attendu sur des sujets d’actualité. Vladimir Petkovic sait, de plus, pertinemment que s’abstenir de toute communication en dehors du cadre « obligatoire » ne règle pas les maux et autres problèmes qui ont entravé la marche en avant des Verts lors de la CAN. Bien au contraire, ce silence pesant et cette absence fort remarquée ouvrent la porte à davantage de supputations, d’interprétations et de rumeurs qui peuvent nuire davantage aussi bien à l’image de l’EN qu’à la sérénité de son vestiaire.
Aucune tournée en 18 mois
A ce degré zéro de la communication qui est passée de minimaliste dans un cadre officiel à inexistante en dehors des dates CAF et FIFA s’ajoute, en parallèle, une carence en matière d’apparition publiques, qu’elles soient en Ligue 1 pour donner l’impression de superviser les plus prometteurs talents locaux ou à l’étranger pour aller à la rencontre des Verts, tous statuts confondus. De mémoire, depuis sa visite à Riyad Mahrez et Houssam Aouar en Arabie Saoudite, en août 2024, on ne l’a plus vu débarquer dans un championnat étranger pour ce que lui confère son « job bien rémunéré » et ses prérogatives de sélectionneur. Une éternité pour tout bon communicant habitué aux us et coutumes si propres au très haut niveau.
-RACHID BELARBI



























