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AFR : XI de la CAF, le grand bluff

RACHID BELARBI


La cérémonie CAF Awards 2023 tourne au ridicule après ce qui s’est passé au sein de l’instance faîtière du football continental.

Si l’absence de Riyad Mahrez de la short-list des trois finalistes nominés pour le Ballon d’Or africain a provoqué un petit tremblement de terre, le manque de considération à l’égard des autres Algériens qui auraient largement mérité de faire partie du onze de l’année décrédibilise davantage l’instance continentale, garante de l’attribution de «ses» Awards. A voir le palmarès 2023 des CAF Awards, on ne peut qu’avoir des regrets. Et forcément de la colère. Car, bien que tout choix soit subjectif et n’obéisse que très rarement à une objectivité pourtant mille fois réclamée, la manière avec laquelle les performances des footballeurs algériens ont été dépréciées interroge au plus haut point et ce, loin de tout sentiment de paranoïa ou tout semblant de schizophrénie. Que le capitaine des Verts ne soit pas retenu parmi les trois finalistes à la course au titre de joueur de l’année, cela a été digéré.

Aucun respect pour les légendes !

Difficilement, mais digéré quand même, surtout s’il est pris en considération le fait, logique et irréfutable, qu’il lui était impossible de triompher cette saison au vu de ce qu’ont réalisés Victor Osimhen (meilleur buteur de Séria A et vainqueur du Scudetto avec Naples) et Yassine Bounou (demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 et vainqueur de l’Europa League avec le FC Séville). Mais que le vainqueur du triplé historique avec Manchester City (Premier League, FA Cup et UEFA Champions League) ne fasse même pas partie du « onze du continent », cela relève tout simplement de la bêtise institutionnelle ! D’autant plus que les deux habituels concurrents de Mahrez, le Sénégalais Sadio Mané et l’Egyptien Mohamed Salah n’ont pas vraiment craché le feu en 2022-2023, pas plus que l’Algérien qui leur aura confisqué tous les titres collectifs.

Mahrez, même pas dans le onze-type !

Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, le vainqueur du doublé coupe-championnat d’Angleterre auquel il a grandement contribué avant de monter sur le toit de l’Europe en compagnie des Citizen avec lesquels il s’est superbement illustré jusqu’aux huitièmes de finale avant de subir l’impitoyable choix de Pep Guardiola n’a pas trouvé sa place dans l’équipe-type de l’année en Afrique !
A sa place, la CAF lui a préféré un Sadio Mané dont l’échec au Bayern Munich a indélébilement tâché et gâché la saison comme en témoigne sa maigre moisson individuelle de seulement 12 buts 6 passes décisives ! Si le seul Mohamed Salah avait été plébiscité en raison de ses 30 buts et 16 passes décisives en 51 matches sous le maillot de Liverpool, cela aurait pu passer. Mais que la Confédération africaine snobe son seul ambassadeur vainqueur de l’UEFA Champion’s League et l’exclut même d’une présence symbolique parmi son onze de la saison, cela ne saurait s’expliquer, sinon par une volonté de se faire hara-kiri en se montrant irrespectueuse de ses légendes.

Koulibaly moins performant que Bensebaïni

Aussi, faudrait-il nous expliquer de quelle manière réfléchissent et agissent ceux qui veillent à ce que l’Afrique du football bénéficie de la meilleure publicité possible au moment où l’un de ses meilleurs atouts, si ce n’est le meilleur, est médit aussi vulgairement. Outre Riyad Mahrez, la non-sélection de Ramy Bensebaïni parmi les meilleurs défenseurs du continent demeure aussi incongrue qu’incompréhensible ! A sa place, le jury des Confédérés a choisi le Sénégalais Kalidou Koulibaly qui n’a jamais pu s’imposer à Chelsea comme l’illustre sa participation à 23 matches seulement pour deux buts et une passe décisive.

La CAF meilleure que le Bayern, Chelsea et Dortmund ?

Dans le même moment, l’international algérien brillait de mille feux sous le maillot du Borussia Mönchengladbach avec 28 rencontres disputées en Bundesliga pour six buts et une offrande. Ce n’est pas pour rien que le Borussia Dortmund a tout fait pour le recruter durant l’intersaison pour en faire l’un des piliers du système de l’ingénieux Edin Terzic. De fait, si le Bayern a tout fait pour refiler Sadio Mané à Al-Nasr, que Chelsea a ouvert grande la porte de sortie pour Kalidou Koulibaly au moment où le géant de la Ruhr faisait les yeux doux à Bensebaïni et que Pep Guardiola implorait Riyad Mahrez pour prolonger l’aventure à Manchester City, c’est qu’il y avait forcément de sacrées bonnes raisons ! Des raisons que le cœur de la CAF ignore, au grand mépris de l’éthique et de la déontologie.

RACHID BELARBI 

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