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EGY : Nader El-Sayed : « L’Algérie aurait fait mieux que le Cameroun »

De notre envoyé spécial Djamel Ouaglal à Doha

L’ancien gardien de but international égyptien, Nader El-Sayed, a indiqué que cette Coupe du monde a montré qu’il n’y a pas une grande différence de niveau entre les équipes participantes.

Quel regard portez-vous sur cette Coupe du Monde Qatar-2022 ?

Cette édition de la Coupe du Monde est complètement diffé- rente des autres éditions. Tout le monde a évoqué l’organisation, les stades et tout ce qui va avec, donc je ne serai pas très original en relevant les mêmes points qui ont impressionné tous ceux qui suivent ce Mondial. Sur le plan technique, il n’y a pas de grande différence de niveau entre les équipes engagées. Je ne dis pas cela seulement en raison de la présence du Maroc en demi-fi- nales. On a vu la Croatie battre le Brésil et l’éliminer en quarts de finale avant de tout rater face à l’Argentine et d’être éliminée face aux coéquipiers de Messi, auteur d’une très grosse perfor- mance. Tous les matches sont équilibrés et on l’a vu même au premier tour, quand tout se jouait jusqu’aux derniers instants. Il fallait attendre jusqu’au coup de sifflet finale pour connaître l’identité des équipes qualifiées aux huitièmes de finale, ce qui démontre le très haut niveau de cette compétition et l’équilibre des forces en présence. Je pense que c’est même le début d’une nouvelle ère avec des équipes qui ont presque le même niveau.

On a également vu beaucoup de surprises comme le Japon et la Corée du Sud …

Le Japon, la Corée du Sud mais aussi le Maroc. Les sélections africaines et asiatiques ont réussi de belles prouesses et cela a bien évidemment une raison bien pré- cise. La présence des joueurs de ces sélections en Europe, dans les grands championnats, a non seulement apporté une énorme plus-value technique à ces for- mations mais a aussi brisé le mur psychologique et permis de jouer dans la cour des grands. Si les grandes nations du foot sont par la suite parvenues à atteindre les derniers tours, c’est grâce sur- tout à leur histoire et à leur per- sonnalité. Ce n’est pas en raison d’une quelconque différence sur le plan technique puisque toutes les sélections ont presque le même niveau.

Qualifieriez-vous les résultats des sélections africaines et asiatiques de surprises ?

Bien évidemment ! Personne ne s’attendait à de telles prouesses ! Personne ne pensait que la Tuni- sie dominerait la France, que le Cameroun battrait le Brésil ou encore que l’Arabie Saoudite vaincrait l’Argentine. Il n’y a avait personne qui avait pré- dit la qualification du Maroc à l’avant-dernier tour de l’épreuve. Ces équipes ont du potentiel, c’est certain, mais parfois elles pêchent par manque de rigueur tactique et organisationnelle.

Et le Sénégal ?

Les joueurs des équipes africaines évoluent dans le très haut niveau européen en club, ce qui démontre leur incroyable niveau technique. Or, lorsque ces talents sont réunis en sélec- tion, les habituels problèmes de désorganisation et de logistique font tout capoter pour je ne sais quelle raison. Le Sénégal, à titre d’exemple, a des joueurs qui comptent parmi les meilleurs du monde à leurs postes, mais ensemble, cela n’a pas fonction- né vu le manque d’organisation collective. Ce qui a fait que le Sénégal n’était pas au faîte de sa forme au Qatar.

Pensez-vous que si elles s’étaient qualifiées, l’Algérie et l’Égypte auraient réussi leur tournoi ?

Ce qui est certain est qu’ils au- raient au moins fait mieux que les sélections qui s’étaient qua- lifiées à leurs dépens. L’Algé- rie aurait, ainsi, fait beaucoup mieux que le Cameroun vu le niveau technique de sa compo- sante et l’apport populaire qui aurait assurément été exception- nel. L’Égypte aurait également fait mieux que le Sénégal mais beaucoup de paramètres, notamment l’arbitrage, ont privé nos deux pays d’une présence assu- rée au Qatar. J’estime, d’ailleurs, que cette Coupe du Monde a beaucoup perdu en l’absence de l’Algérie et de l’Égypte.

Rejoignez-vous Djamel Belmadi dans sa réflexion lorsqu’il qualifie cette édition de “dernière véritable Coupe du Monde” puisqu’elle passera à 48 équipes en 2026 au lieu des 32 habituelles ?

En fait, la prochaine édition de la Coupe du Monde retardera les éliminatoires jusqu’à la phase finale ! Le Mondial ne sera pas comme de coutume, puisque les sélections arriveront à la phase finale, puis disputeront encore des éliminatoires avant de jouer en vrai.

Un dernier mot pour le public algérien et l’EN …

Les grandes équipes souffrent, tombent malades mais ne meurent jamais. La non-présence de l’Algérie à cette édi- tion Qatar-2022 ne diminue en rien du prestigieux passé ou de la place importante qu’occupe le football algérien dans le paysage international. J’espère seulement qu’il n’y aura pas d’autodestruction. Regardez l’Allemagne et la Belgique qui ont été éliminées au premier tour et l’Espagne qui a quitté la compétition dès les huitièmes de finale mais qui n’ont pas tout rasé ou tout remis en cause. Je salue, d’ailleurs, la décision des responsables algériens qui ont insisté pour maintenir Djamel Belmadi en place. A lui maintenant de composer une nouvelle équipe sur les bases de celle qui a remporté la CAN en Égypte avec la génération qui arrive.

On se donne rendez-vous donc au Mondial-2026 ?

Oui, oui incha’Allah.

PROPOS RECUEILLIS À DOHA PAR DJAMEL OUAGLAL

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