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CAN : Le Cameroun tord le cou aux rumeurs (Nazim Bessol, de Yaoundé)

Nazim Bessol ( IN BOTOLA)

En marge du tirage au sort de la CAN 2021, qui s’est déroulé, à Yaoundé, un groupe restreint de journalistes a visité les infrastructures des villes qui doivent accueillir les rencontres de la CAN 2021. Il a aussi constaté que les rapports entre Comité d’organisation local (COCAN), présidé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mouelle Kombi Narcisse et les deux institutions ( FIFA et CAF) n’ont pas été toujours facile. (De l’envoyé spécial de BOTOLA au Cameroun, Nazim Bessol)

Le Cameroun a tenu à couper court à toutes les spéculations autour de ses capacités  à organiser la 33e Coupe d’Afrique des Nation du 9 janvier au 6 février 2021 et les rumeurs d’une nouvelle délocalisation après celle de 2019 transférée au Caire, six mois avant le coup d’envoi. En effet, si le trophée de la plus prestigieuse compétition africaine a souvent séjourné au pays des Lions Indomptables (5 fois sacrés), le Cameroun, jusqu’au mois de janvier dernier et la tenue du CHAN en pleine pandémie de Covid-19, le pays n’avait plus abrité d’événement majeur de football depuis la CAN 1972, malgré la présence de Issa Hayatou à la tête de la Confédération Africaine de football (CAF) durant trois décennies (1988- 2017). Une longue présence et une chute en mars 2017 devant le Malgache Ahmad Ahmad, qui est à l’origine des déboires du Cameroun dans l’organisation de la CAN. En 2019, déjà un haut responsable de la CAF – aujourd’hui à la retraite – nous déclarait qu’« il y avait une volonté manifeste de gommer toutes les réalisations de Issa Hayatou y compris la CAN 2019 au Cameroun ».

Conflit CAF – COCAN

Deux ans plus tard, les choses ne semblent pas avoir beaucoup évolué, puisque le pays est régulièrement mis sous pression par la CAF. Dernier épisode en date, après plusieurs missions d’inspection, le report de la cérémonie du tirage au sort qui devait se tenir en juin. Un report «pour des raisons logistiques liées à la pandémie de Covid-19», expliquait l’instance panafricaine, un argument retoqué par l’organisation locale du tournoi (COCAN). « Nous sommes sous contrat avec une entreprise dont nous sommes pleinement satisfaits des prestations. C’est d’ailleurs elle qui a travaillé sur le CHAN, en février dernier, sans que personne ne trouve à redire. La CAF souhaite imposer son prestataire pour la cérémonie et les événements autour de la CAN », nous explique un responsable du COCAN.

La FIFA entre en jeu

Selon plusieurs sources, la CAF a sollicité l’agence Angelini Design, une entreprise proposée par la FIFA. Un choix qui a généré un surcoût que le COCAN refuse de prendre en charge. «Lors de sa dernière visite au Cameroun, [avant le tirage au sort- Ndlr] le Secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba, a clairement annoncé à ses interlocuteurs camerounais que c’était la FIFA-CAF qui allait assumer la différence», raconte un interlocuteur. Mais à la veille du tirage au sort, beaucoup d’eau semble avoir coulé sous les ponts. À cinq mois du coup d’envoi, les deux parties sont condamnées à agir en partenaires. La CAF pour préserver l’image et les revenus de sa compétition vitrine, et le Cameroun pour relever le défi de l’organisation d’une compétition majeur, la première depuis 1972 et pour laquelle il a beaucoup investi. « Qui va vouloir s’encombrer d’une CAN en période de pandémie ? Quels sont les pays aptes à remplir le cahier des charges et prêts à dépenser des millions de dollars qu’ils peuvent et doivent injecter dans la lutte contre la Covid-19 », s’interroge un responsable camerounais.

NAZIM BESSOL, ENVOYÉ SPÉCIAL À YAOUNDÉ

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