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CAF : Les vraies raisons d’une vague de licenciements (Enquête-N.Bessol)

NAZIM BESSOL (IN BOTOLA)

Faut-il parler de purge ? La Confédération africaine de football a mis fin aux fonctions de plusieurs salariés parmi lesquels: la Directrice des Ressources Humaines, Marwa Hosam Eldin. La très influente DRH a été poussée vers la sortie, tout comme Mohamed Salem, directeur «Information technology (IT)» de la CAF, l’ami intime de son époux qu’elle avait recruté. Tous les deux sont considérés comme responsables de la non-exécution des recommandations du rapport d’audit, commandé par Fatma Samoura lors de son passage au Caire en tant que déléguée générale de la FIFA en Afrique. Pris dans l’engrenage de l’organisation du CHAN 2021 au Cameroun, les deux directeurs, tout comme l’ancien Secrétaire Général par intérim, Abdelmounaim Bah, avaient cru bon d’attendre l’arrivée d’un nouveau président à la tête de l’instance pour mettre en branle les recommandations du cabinet PwC.

Autre grief reproché à l’ancienne DRH, la mauvaise gestion des départs des salariés de la CAF et le choix porté sur une société de sécurité sans appel d’offre. Des dossiers qui ont joué en défaveur de la DHR, Marwa Hosam Eldin, et de la directrice juridique, Achta Mahamat Saleh, en charge d’épurer les litiges et d’éviter l’accumulation des procédures contre l’institution. Selon les conclusions du rapport PwC, la CAF aurait pu s’éviter plusieurs procédures, si Achta Mahamat Saleh, fille de l’ancien président de la fédération tchadienne, et Marwa Hosam Eldin avaient privilégié les négociations.

De son côté, Nevine Tahsseen Ibrahim, du département des finances, n’a pas échappé non plus à cette vague de licenciements. Ces 23 ans de services n’ont pas suffi à la mettre à l’abri des foudres de la nouvelle équipe dirigeante, tout comme son ancien patron, Mohamed El Shereil, entré à la CAF dans une poussette. Fils d’Amira el-Sherei, surnommée la « mère du football africain », et qui a passé en tout et pour tout vingt-trois ans à la CAF (1970 – 1995) et occupé notamment le poste de Secrétaire général adjoint aux cotés de Mourad Fahmy, Mohamed El Shereil, a été licencié par Ahmad Ahmad en juillet 2019. Son dossier est toujours au niveau des tribunaux égyptiens. Nevine Tahsseen Ibrahim n’est pas issue du monde de la finance, elle n’en connaît pas tous les rouages. Mais, plus que sa méconnaissance, elle paie sa relation exécrable avec l’ancienne DRH, le SG par intérim, Abdelmounaim Bah, et une certaine proportion à tout centraliser à son niveau. Plusieurs sources concordantes indiquent que les auditeurs de PwC avaient eu toutes les peines du monde à accéder à certaines pièces, lorsque Nevine Tahsseen Ibrahim était absente ou en vacances.

Arrive, ensuite, le cas de Abdulllah Mustapha, homme de confiance du président suspendu, Ahmad Ahmad. Ancien directeur de la compliance, ce Franco-Comorien avait validé les dépenses de la Oumra offerte par Ahmad Ahmad aux présidents de fédérations, malgré le refus de l’ancien directeur financier… Mohamed El Sheirei. Abdullah Mustapha gérait aussi le Bureau de la CAF, ouvert par Ahmad Ahmad dans son village à Madagascar avec un budget de fonctionnement annuel de plus de 160 000$, dans un pays où le revenu mensuel moyen par habitant s’élève à 43 $ ! Un siège que la nouvelle équipe a rapidement fermé, alors que de forts soupçons d’irrégularités ont été constatés.

Autre directeur et pas des moindres à faire les frais du changement d’équipe, le directeur commercial, le Marocain Ali Aissaoui. Installé en juin 2020, ce dernier paie l’état lamentable de ce département, notamment depuis la rupture du contrat Lagardère et l’absence de nouveau partenaire. Selon certaines indiscrétions, sa proximité avec son compatriote, Driss Akki, ancien directeur Afrique de Lagardère Sports, (ndlr- Il a fait partie de la smala qui s’est rendue à la Mecque, au frais de l’Institution) toujours en procédure contre la CAF, malgré le rachat de la compagnie, aurait aussi joué contre Ali Aissaoui. Selon certaines indiscrétions, le directeur des médias, le Camerounais Alexandre-Aimé Siewe Leupi, devrait connaître le même sort que les cinq précédents. Le 2e vice-président de la CAF, le Mauritanien Ahmed Yahya, avec qui il avait eu des mots très durs lors du dernier Comité exécutif, sous la présidence par intérim de Constant Omari, en marge du CHAN 2021, n’est pas passé sans conséquence.

Nazim Bessol

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