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CAF : L’Afrique met en friches ses stades après les CAN (Nazim Bessol)

Nazim Bessol

Réuni lundi, le Comité d’urgence de la Confédération Africaine de football (CAF), a discuté la question d’un éventuel report du début des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, prévu début juin. La nouvelle feuille de route prévoit de renvoyer la première journée au mois de septembre afin de permettre une moitié des pays du continent (22) de mettre à niveau leurs stades. La décision devrait être entérinée, le 15 de ce mois, lors de la prochaine réunion du Comité exécutif à Kigali.

Au-delà du chamboulement du calendrier, le second depuis la pandémie de Covid-19, c’est la question des infrastructures ou plus exactement de leurs entretiens et modernisation qui s’invite une nouvelle fois au centre du débat. Et là, surprise ! Des pays comme le Sénégal, vice-champion d’Afrique en titre, ou le Mali, pays hôte de la CAN 2002, le Gabon qui a accueilli deux CAN en moins de dix ans (2012-2017), sont recalés lors des tests d’homologation des stades. Ainsi, le pays de Sadio Mané, celui Pierre Emrick Aubameyang ou bien d’autres encore renvoient une bien triste image de leur football.

Une dure réalité due à une absence totale d’entretien d’infrastructures réalisées à coup de millions d’euros. Les images de l’état d’abandon, dans lequel se trouve le stade de Franceville en est la parfaite illustration. A l’inverse, le pays organisateur de la première Coupe du monde sur le continent, l’Afrique du Sud (13 stades), tout comme l’Égypte d’ailleurs pays hôte de la dernière CAN (7 stades) ou même la Guinée Équatoriale (4 stades) qui avaient servi à accueillir la CAN 2012 avec le Gabon, montrent toute l’attention sérieuse qu’elles portent à leurs enceintes sportives en les conservant en parfaite état.

Si le maintien de la CAN tous les deux ans trouve sa raison d’être dans le développement des infrastructures sur le continent et par conséquent du football. L’augmentation du nombre d’équipes de 16 à 24 et l’incapacité de certains États à maintenir leurs stades au niveau des exigences CAF et FIFA, constituent la principe limite. Tel un avion longtemps cloué au sol, les stades ne peuvent se contenter d’un ou deux matchs par semaine. Et ce n’est pas le milliard que compte débloquer ou trouver la CAF pour l’injecter dans les infrastructures qui va résoudre le problème. Il permettra de mettre à niveau certains stades existants, mais certainement pas à les y maintenir sur le long terme.

Le football en tant qu’industrie est un tout. Le cahier des charges de la FIFA pour l’organisation d’une Coupe du monde résume les grandes lignes de l’environnement nécessaire à son expansion. La course à la construction de nouveaux stades ne constitue pas l’unique solution, l’écrasante majorité des grosses affiches européennes et notamment anglaises se déroulent dans des stades centenaires. L’Algérie qui dispose d’un complexe olympique par Wilaya a choisi de ne présenter que deux stades, Mustapha Tchaker (Blida) et le stade du 5-Juillet (Alger). Les deux ont été homologués, mais il faudrait penser à mettre les autres aux normes pour le CHAN 2023, ne serait pas une si mauvaise idée. N’est-ce pas ! – NAZIM BESSOL

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