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AFR : Un scandale de plus, la CAF soufflera sa 63e bougie à Laâyoune

Nazim Bessol (BOTOLA)

A quelques encablures du 63e anniversaire (8 février prochain) de la Confédération Africaine de Football (CAF), son gestionnaire, le Malgache Ahmad Ahmad, continue de renier l’essence même de l’instance dont il a hérité en mars 2017. Ainsi, non content de la faire vivre depuis plus d’une année, au rythme des scandales, il vient d’ajouter un nouveau point de discorde. Il a non seulement domicilié la CAN Futsal 2020 (du 27 janvier au 7 février) à Laâyoune au Sahara occidental, mais en plus, il a convoqué une réunion du Comité Exécutif. De fait, il prouve une nouvelle fois qu’il a choisi de faire le sale boulot pour le Maroc que son prédécesseur, Issa Hayatou a toujours refusé, s’alignant sur la position de l’Union Africaine qui reconnaît la République Arabe Sahraouie. Mais, Ahmad ne le fait pas pour rien. Il est récompensé par une présence constante au Royaume et bénéficie de privilèges royaux. Un peu d’histoire aurait appris au gestionnaire que la longue et difficile marche de la CAF a toujours été, aux avant-postes des valeurs universelles et avait vaillamment lutté contre toute forme de colonisation. L’Afrique du Sud sous apartheid, a été bannie de la FIFA malgré le puissant soutien à l’époque de l’Anglais Stanley Rous, le patron du football mondial est un des exemples. Membre fondateur de la CAF, en 1957, l’Afrique du Sud était exclue de la première CAN, organisée au Soudan et une année plus tard, la Confédération prononçait son exclusion définitive. En 1964, à Tokyo alors que la décolonisation est une réalité palpable, le Congrès de la FIFA à Tokyo (le premier tenu avec le plus grand contingent de pays africains), animé par l’union des associations du continent et de celle d’Asie, bannissait l’Afrique du Sud de la planète football.

Aujourd’hui, libéré du joug colonial, la nation de Nelson Mandela, n’a pas oublié les méfaits de toute colonisation. Le président de la fédération (SAFA), Danny Jordaan, troisième vice-président de la CAF est monté au créneau et refuse le diktat imposé par Ahmad. Il a décidé de porter la lutte des sans voix de la CAF. En vieux militant de l’ANC, il a fait savoir que son pays ne participera pas à la CAN Futsal à Laâyoune « cela n’arrivera pas !», a-t-il tonné. Une position en parfaite adéquation avec le refus de l’Afrique du Sud de reconnaître la souveraineté du Maroc sur ce territoire et de cautionner la politique du fait accompli. Après avoir mis la CAF sous la tutelle de la FIFA ; présenté le premier bilan financier déficitaire de l’histoire de l’instance ; Ahmad Ahmad, se distingue une nouvelle fois comme le premier président à reconnaître officiellement Laâyoune comme un territoire marocain. Et donc, il transgresse les engagements de l’Union Africaine, où la RASD a le statut de membre. Mais, faut-il pour autant s’en étonner ? On le savait incompétent, cupide, sous influence, notamment du président de la FRMF, Fawzi Lekjaa son 2e vice-président, mais force est de constater qu’il ne s’agit plus de cela. Dans une récente déclaration, il a affirmé vouloir être jugé sur ses faits, en voilà un qui le poursuivra longtemps. L’Histoire ne s’oublie pas !

LE + D’INFO
En 1957, lors de la réunion de Khartoum, les membres fondateurs de la CAF, Egypte, Soudan, Ethiopie avait exigé que l’Afrique du Sud présente une équipe multiraciale pour faire partie de l’instance et disputer la CAN. La CAF sera présidée par l’ingénieur égyptien Abdelaziz Salem.

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