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CAF : La réponse de Mustafa Fahmy à Ahmad (Exclusif)

Red - ABL

L’ex-secrétaire général de la CAF, Mustafa Fahmy a réagi au courrier que lui a adressé le président de la CAF, le Malgache Ahmad Ahmad qui lui a refusé sa présence à l’Assemblée Générale. Une décision anti statutaire selon Fahmy dont nous publions la réponse intégrale

« J’accuse bonne réception de votre correspondance en date du 12 Juillet 2019 en réponse à mon mail du 5 Juillet non pas du 5 Juin, comme mentionné par erreur je suppose, dans lequel vous vous obstinez à violer les statuts de la CAF en refusant de m’adresser mon invitation comme Membre d’Honneur de la Confédération afin d’assister à l’Assemblée Générale.

Vous estimez que les membres d’honneur n’ayant pas le droit de vote, vous avez donc la latitude de ne pas les autoriser à siéger à l’Assemblée Générale. Ce faisant, vous vous octroyez un droit que les Statuts ne vous donnent pas, car une décision de l’Assemblée Générale ne peut en aucun cas être remise en cause par le Comité Exécutif, et encore moins le président. Par ailleurs, les membres du Comité Exécutif ne jouissent pas d’un droit de vote à l’Assemblée Générale. Cela vous donne-t-ile droit de leur interdire l’accès à l’Assemblée Générale s’ils ne sont pas du même bord que vous et que vous ne souhaitez pas leur présence ?

`Votre décision n’a donc aucun fondement et est une nouvelle preuve irréfutable que vous n’acceptez pas le dialogue ; que vous n’avez eu de cesse d’oeuvrer à faire taire toute voix discordante depuis votre avènement à la tête de la CAF. Quand aux contre-vérités mentionnées dans votre correspondance concernant mon rôle à la CAF entre 1982 et 2010, puis en tant que votre conseiller en matière de compétitions et les allusions concernant votre ancien secrétaire général M. Amr Fahmy, je tiens à vous préciser ce qui suit:

1. J’ai occupé le poste de secrétaire général de la CAF de 1982 à 2010. Dans cet intervalle j’ai organisé 29 finales de la Coupe des clubs champions, devenue la Ligue des Champions en 1996, 22 finales de coupe des vainqueurs de coupe, 7 finales de coupe de la CAF et 12 f inales de la Coupe de la confédération. Soit un total de 70 finales, c’est-à-dire 140 matches. Pourriez-vous me citer une seule de ces 140 rencontres qui ne soit pas arrivée à son terme.? A cet instant personne ne connaît encore le nom du vainqueur de la Ligue des champions 2019.

2. Vous accusez vos prédécesseurs et moi-même de n’avoir pas assuré l’archivage de la CAF et de ne pas avoir fait bénéficier la CAF du moindre processus décisionnaire. Pour ce qui est de l’archivage, votre prédécesseur, sachant pertinemment que les archives constituent l’histoire de la CAF, avait confié la restructuration des archives à Mme Abia Hassan, l’ancienne directrice des compétitions. Cette dernière a accompli un travail formidable. Aujourd’hui toutes les archives existent et sont répertoriées dans l’ancien siège de la CAF en face de la Fédération Egyptienne.

3. Quand au processus décisionnaire, je pense qu’il s’agit de l’application des Statuts et des règlements, comme vous êtes supposés le savoir même si votre pratique quotidienne incline à en douter. Au cours de trente-deux (32) années passées à la CAF, toutes les décisions prises, même si parfois elles n’ont pas fait plaisir à tout le monde, ont toujours été respectées. Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le cas pour les décisions prises par la CAF sous votre présidence.

4. Vous m’accusez de n’avoir pas rempli mon rôle de conseiller, car je n’ai pas pris une part active dans vos réformes. Je tiens à vous rappeler que vous m’avez sollicité pour être votre conseiller en matière de compétitions. J’ai joué un rôle important dans les principales innovations au niveau des compétitions, notamment l’augmentation du nombre de participants au tournoi final de laCAN. Ainsi que le nouveau calendrier pour les compétitions inter-clubs. Vous avez la rnémoire courte, car vous m’aviez confié l’organisation du Symposium de Rabat et m’avez félicité publiquement au terme de cette rencontre. En ma qualité de conseiller, j’ai attiré votre attention sur le danger de la création de la Coupe du monde des clubs prévue se disputer les années impaires et qui va tuer la CAN en été. Car cette dernière sera décalée entre la mi-juillet
et la mi-août, et les clubs européens ne libéreront pas nos joueurs. Je n’ai pas été entendu et vous avez suivi aveuglément le Président de la FIFA et la CAN risque de ne plus être disputée les années impaires lorsque la Coupe du monde des clubs sera disputée quelques semaines avant.

5. Vous m’aviez chargé de mettre de l’ordre au sein de l’administration pour une mission de trois mois entre mai et août 2018. Je me suis acquitté de cette mission et j’ai essayé d’apaiser les tensions qui existaient entre le secrétaire général et ses adjoints. Au cours de l’Assemblée générale extraordinaire de Sharm El Sheikh, lorsque vous avez réuni le personnel, vous avez convenu vous-même qu’il y a eu une nette amélioration, mais qu’il restait encore du travail à faire. Or ma tâche n’a pas été reconduite.
Quelques semaines plus tard le secrétaire général Amr Fahmy a subi une très lourde opération. Au lieu de lui venir en aide (vous n’avez même pas réglé ses frais d’hospitalisation lorsqu’il était encore secrétaire général) et lui apporter au moins un soutien moral, vous avez entrepris sa marginalisation en piétinant à nouveau les
Statuts en créant un poste de coordinateur général aussitôt.

6. Je tiens à vous rappeler que lorsque vous m’avez informé que vous souhaitiez nommer Amr Fahmy au poste de secrétaire général, je vous ai répondu que c’est une affaire qui vous concerne et je ne souhaite pas être impliqué dans ce processus. Vous aviez l’impression que je n’avais pas confiance en ses aptitudes et capacités, mais c’est tout le contraire. Je n’avais pas confiance en votre manière de gérer un organisme aussi important que la CAF. Vos prédécesseurs ont toujours accordé une confiance totale à leurs secrétaires généraux dans l’administration du secrétariat général. Or vous intervenez de manière continue dans la gestion du secrétariat et dans les nominations à tous les postes. Même ceux inférieurs aux directeurs pour lesquels votre blanc-seing n’est évidemment pas nécessaire. Vous avez renvoyé des éléments brillants qui auraient pu apporter un plus à l’administration et vous avez gardé uniquement les courtisans qui vous disaient que vous étiez le meilleur et qui ne vous quittaient pas d’une semelle lorsque vous étiez au Caire.

7. Enfin, malgré le caractère préoccupant de la situation et l’avenir de la Caf que vos actes compromettent chaque jour un peu plus, vous parvenez à m’arracher des éclats de rire quand vous évoquez un héritage à léguer à vos successeurs. On constate plutôt que vous dilapidez le merveilleux héritage que vous ont légué vos prédécesseurs. Quand vous m’ accusez de mauvaise gestion, je tiens à vous rappeler que lorsque je suis devenu secrétaire général la CAF avait un demi-million de dollars dans les banques. A mon départ, conformément au bilan de compte du 30 Juin 2010, les actifs de la CAF s’élevaient à 69 Millions de dollars (mes archives ne sont pas aussi mauvaises que vous le prétendez). Mon prédécesseur Mourad Fahmy est devenu secrétaire général et la CAF avait une dette de 121 Livres égyptiennes de l’époque à un imprimeur. Il a quitté son poste et la CAF avait dans ses coffres un demi-million dollars. Lui aussi était peut-être un mauvais gestionnaire.

Je vous rappelle également que lorsque vous avez rendu visite à Paris à votre ancien secrétaire général, M. Amr Fahmy, vous vous êtes tourné vers moi et vous m’avez dit, au cours de la discussion, que j’aurai dû être votre secrétaire général et non pas celui de Monsieur Hayatou. Votre ancienne assistante, Sarah Kamel était témoin de cette discussion. Mais aujourd’hui, juste sept mois plus tard, même mon choix comme conseiller fût une erreur. Ainsi comment comprendre vos erreurs répétées dans le choix de vos proches collaborateurs ? Essam Ahmed qui a assuré l’intérim était une erreur. Amr Fahmy était une erreur. Sarah Kamel votre assistante était une erreur et moi votre conseiller également. Or quand on est un grand chef on maîtrise l’art de choisir ses collaborateurs. Est-ce votre cas si vous plaidez l’erreur systématique ?

J’adresserai une copie de votre correspondance et de ma réponse aux membres du Comité exécutif afin qu’ils assument leurs responsabilités, s’ils persistent à vous soutenir par leur silence dans la violation des statuts de la confédération. Les associations nationales seront également destinataires afin de sauvegarder les droits qui m’ont été accordés par l’organe suprême de la CAF, et que vous vous insistez à bafouer sans aucune vergogne.»

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