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Zetchi, hommage et émotions (Nazim Bessol)

ABL

Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheïreddine Zetchi, a décidé de ne pas briguer un second mandat, malgré son jeune âge, les réalisations accomplies et les multiples chantiers lancés. Une décision annoncée, une fois n’est pas coutume, par le sélectionneur national, Djamel Belmadi, en marge de la conférence de presse d’après match, Algérie – Botswana (5-0), lundi soir à Blida. « Le président Zetchi ne sera plus à la tête de la FAF lors du prochain mandat olympique (2021-2024), car ils nous a officiellement annoncé qu’il ne compte pas se représenter », a lancé le patron des Verts. Un départ qui confirme l’usure que peut avoir la fonction sur la personne. Le président sortant avait rappelé sa décision au mois de juillet dernier : « Je tiens toujours à ma décision prise initialement, qui est celle de ne pas briguer un deuxième mandat à la tête de la FAF. Je rassure tout le monde que je vais continuer à travailler avec la même volonté dans l’intérêt du football national », déclarait-il sur les ondes de la Radio nationale.

S’il a réussi à offrir à son sélectionneur, Djamel Belmadi, les conditions idéales et nécessaires à son épanouissement et à son groupe, Kheïreddine Zetchi n’a à aucun moment pu trouver cette
tranquillité dans son quotidien à Dely Ibrahim. Ce qui lui faisait dire régulièrement : « je ne partirais pour un second mandat dans ces conditions, jamais ! ». Chaque soir comme disait le poète, il
démissionnait et chaque matin, il réadhérait. Entre un sélectionneur qui prône la stabilité et sérénité et qui s’inquiète de leur persistance jusqu’à atteindre son objectif principal : la prochaine Coupe du monde et un président qui refuse un second mandat, parce que les conditions ne sont pas réunies, le paradoxe est saisissant. Le football, surtout chez nous, ne nous a pas habitués à pareille situation. Il est plus commun de voir un président s’accrocher à son siège contre vents et marées et expliquer le départ ou le limogeage de son technicien plutôt que l’inverse.

Mal élu, en mars 2017, Kheïreddine Zetchi a réussi au fil de son mandat à asseoir sa légitimité au sein de son Assemblée Générale. Une Assemblée qui a appris à le connaître grâce à l’instauration d’une démocratie participative, dans laquelle la consultation, l’échange et la délibération collective éliminaient toute forme d’autoritarisme. Un acquis majeur que beaucoup lui reconnaissent aujourd’hui. Précurseur, pour ne pas dire avant-gardiste, il est aussi le premier président à sortir avec un tel hommage et une telle émotion, après avoir été le premier à ramener le plus prestigieux trophée africain. Il l’a « rapatrié» sur le sol algérien, 29 ans après l’unique sacre des Verts sous la présidence d’Omar Kezzal et du triumvirat technique : Abdelhamid Kermali, Ali Fergani et Noureddine Saâdi.

Une véritable révolution que cette Algérie du football, conquérante hors de ses bases, aligne, depuis, les matchs sans défaite. Un premier acte d’une révolution cantonnée à l’équipe nationale, la suite s’écrira ou pas, sans Kheïreddine Zetchi, tant « les conditions matérielles ne sont pas réunies ». Et parce que la vérité sort le plus souvent de la bouche des enfants, les mots de remerciements des académiciens de Sidi Bel-Abbès à leur président ont fait pleurer quelques nostalgiques pionniers qui ont bâti ce football sur des terrains en tuf, au sandwich et aux déplacements en car. Ces enfants, notre avenir, méritent d’être entendus (une vidéo a fait le buzz*). Mieux, leur environnement et les moyens débloqués doivent être préservés !

* vidéo disponible sur footafrique.com

NAZIM BESSOL

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