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MAR : Quand le Maroc applique la diplomatie du tennis de table (Lafordasse)

LAFORDASSE

Et si on faisait un peu de géopolitique mi- fiction, mi- réalité pour évoquer le cas du Maroc qui, à l’heure du démarrage de la campagne des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA Qatar 2022, va abriter des matchs d’un autre groupe que celui des Lions de l’Atlas, à savoir celui de l’Algérie. C’est ainsi que le match
Niger – Burkina Faso, comptant pour la première journée du groupe A, aura lieu, le 2 septembre, au Grand stade
de Marrakech, au moment où, à Blida, les Verts affronteront Djibouti. Six jours après, Djibouti ‘’accueillera’’ le
Niger au … Maroc, et le Burkina Faso en fera de même avec l’Algérie à Marrakech ! Du point de vue purement
sportif, ces annonces devraient présenter des avantages pour notre sélection nationale qui fera les frais d’un long déplacement, de subir les désagréments d’un match chez l’adversaire, de jouir d’un séjour dans les meilleures conditions et surtout d’une infrastructure de très haut niveau, notamment une belle pelouse. Des avantages qui devraient faire plaisir au sélectionneur national, Djamel Belmadi, aux membres de son staff et aux joueurs.

Sous un autre angle, certains sceptiques voient d’un mauvais oeil le fait de jouer au Maroc, car soupçonnant
de sournoises intentions contre notre sélection nationale, du genre : barrer la route aux Verts sur la route du Mondial. En tous les cas, ceux qui voient le diable partout, échafaudent déjà des scénarios improbables, du
genre l’arbitrage sera défavorable pour notre sélection, car en coulisses des choses se trament dans ce sens. Tout en gardant la lucidité nécessaire, en quoi l’équipe algérienne sera ainsi visée, contrairement à d’autres
nations ? Est-ce le fait qu’elle soit championne d’Afrique en titre et qu’elle demeure un potentiel candidat à une qualification au prochain Mondial ? Peu probable comme hypothèse, d’autant que les conditions des
rencontres, sous l’égide de la FIFA, sont un peu plus draconiennes que celles des éliminatoires d’une CAN, par exemple. Tout en restant vigilant, car les coulisses en Afrique ne sont pas une vue de l’esprit, et l’arbitrage du match contre la Zambie en mars dernier n’est pas très loin, il faut bien penser que le Maroc est en mode de soigner son image et travailler sa diplomatie sportive.

L’offensive lancée par Fawzi Lekjaâ, le patron de la FRMF, en direction des différentes Fédérations du continent, est en train de porter ses fruits, puisque bon nombre d’entre elles choisissent ce pays pour se préparer et pour y recevoir leurs adversaires. Il n’échappe à personne que le Maroc a énormément investi en infrastructures de
grande qualité (sans parvenir à égaler l’Algérie), comme en témoignent les différents stades du Royaume ou bien le nouveau Centre de la Fédération à Rabat qui accueille à l’année des équipes venant de partout. Il
n’échappe à personne également que le Maroc est candidat depuis près de trois décennies à l’organisation
d’une Coupe du Monde et à force d’y insister, il parviendra certainement à le faire, seul ou avec un autre pays,
voire plus. Un tel projet relève du domaine du «très possible». Et ce que le politique n’a pas réussi à faire, peut-être que la diplomatie sportive le ferait, puisque, selon les échos qui nous parviennent, une qualification de l’Algérie au prochain Mondial Qatari en terre … marocaine serait un atout supplémentaire pour jouer la carte du rapprochement. La balle est dans le camp des Verts qui, dès le mois prochain et les deux matchs face à Djibouti et surtout le Burkina Faso qui constitue le vrai challenger du groupe, peuvent sceller leur qualification aux barrages qui auront lieu en mars 2022, soit après la CAN au Cameroun (9 janvier au 6 février 2022). La diplomatie sportive du tennis de table a bien servi la Chine et l’Algérie y avait contribué. Alors ?

LA FORDASSE

 

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