ALG : Maâmar Farah plombe Raouraoua

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L'un des doyens de presse algérienne Maâmar Farah a fustigé dans le quotidien Le Soir d'Algérie "les philosophes de la défaite" 
dans un commentaire intitulé "Vive notre catatrophisme". Un des meilleurs commentaires sur le comportement des "journalistes" - casse-croutes  durant le CAN. A lire pour comprendre, un tant soi peu, pourquoi le fossoyeur du football algérien, le cumulard Mohamed Raouraoua demeure intouchable pour le moment.

Les critiques fusent de partout. En des termes assez agressifs, certains journalistes et analystes s'en prennent, ni plus, ni moins, aux confrères qui se sont fait l'écho du sentiment de ras-le-bol général après la dernière sortie honteuse des Verts, poussés à la sortie de la CAN-2013 après deux matches seulement et par des équipes n'ayant aucunement l'étoffe de favoris ! 
Ainsi, au lieu de diriger les feux de la critique sur cet entraîneur qui n'a rien fait de bon, à part gagner contre les formations de seconde zone et qui vient de montrer publiquement ses limites, ces «bonnes consciences» se tournent vers des journalistes qui n'ont aucune responsabilité dans les choix douteux du coach ! C'est le monde à l'envers ! Le journaliste parle au nom du public. Il dit l'écœurement de ce dernier après une défaite humiliante et une élimination catastrophique pour le football national ! Il demande des comptes à un staff payé à coups de milliards et exige de savoir pourquoi des formations qui n'ont pas reçu le 1/10ème des sommes faramineuses consacrées à la préparation des Verts, vont se qualifier alors que les nôtres, choyés, transportés par des vols spéciaux, hébergés dans les meilleures conditions, affichent ces résultats insignifiants ! Ces donneurs de leçons sont là, à chaque fois, pour défendre la FAF et ses choix, comme s'ils étaient les porte-parole de cette instance en faillite et qu'il faudra bien sauver un jour, par un changement salutaire d'hommes. Ces messieurs qui vivent probablement aux dépens de leurs maîtres, sont prêts à défendre l'indéfendable, pourvu que leurs avantages ne soient pas touchés. Sinon comment expliquer cette rage à se retourner contre des confrères dont le seul crime est d'avoir reproduit, par l'image, le son ou l'écrit, l'écœurement des fans ? Et quand ils reprochent à ces derniers leur manque de professionnalisme, est-ce pour nous convaincre du leur ?

Ainsi, ne seraient professionnels que ceux qui caressent dans le sens du poil la FAF et les entraîneurs en exercice ! Drôle de conception d'un journalisme de pacotille, toujours prêt à défendre les forts du moment, toujours prêt à rassurer, toujours au service de la démagogie ! Non, vous vous trompez en affirmant que les confrères ayant crié au scandale (c'en fut un !) ont fait dans l'alarmisme et qu'il s'agit là d'une maladie infantile du journalisme sportif algérien. Nous allons vous rafraîchir la mémoire : la sortie prématurée des Bleus de la Coupe du monde 2010 a été vécue comme un drame national et Domenech fut jugé responsable de cette véritable catastrophe ! En novembre 2011, l'Égypte a été ébranlée par sa défaite face à l'Algérie, dans un match capital joué à Oum Dourman.
- «Pas nous !», disent-ils.
- «Taisez-vous, vous n'avez rien compris !»
- «Laissez l'entraîneur bosnien faire son travail», comme si nous lui imposions
des choix tactiques ou des noms de joueurs !
- «C'est une équipe jeune en pleine construction !»
Ils passent leur temps à «construire» mais nous ne voyons toujours pas la fin des travaux! Ou plutôt si, car, à peine une construction achevée et prête à jouer son rôle pleinement qu'ils s'empressent de la détruire, comme ils l'ont fait pour l'équipe laissée par Saâdane et qui est arrivée à se qualifier en Coupe d'Afrique où elle a atteint les demi-finales, puis en Coupe du monde. Bien sûr, les choix de Saâdane n'étaient pas parfois appropriés et nous lui avions objectivement reproché ses penchants pour la défensive et sa tactique prudente qui n'est pas toujours adaptée. Nous continuons de croire qu'une option plus ouverte pour le jeu offensif aurait permis de faire basculer en notre faveur, au moins un match, celui joué contre les Etats-Unis. Ce qui nous aurait ouvert la voie royale d'une première qualification au deuxième tour de la Coupe du monde !

Evidemment, ces critiques s'adressaient à un homme qui a fait ses preuves (quarts de finale de la CAN- 2004 et demi-finale de la CAN-2010, qualification à la Coupe du monde 2010 !) et qui a subi des attaques — y compris personnelles et touchant parfois sa famille — mais qui ne s'est jamais départi de son calme olympien. Nos confrères de la presse sportive nous apprennent que l'actuel coach a un tout autre comportement et qu'il n'accepte pas facilement les critiques, qu'il a un penchant pour les journalistes d'outre-Méditerranée, etc. Faut-il s'en accommoder et baisser la tête, comme nous le suggèrent ces «mangeurs» à tous les râteliers ? Je dis à mes jeunes confrères de ne pas écouter ces philosophes de la défaite et de continuer à refléter fidèlement les sentiments de leur peuple ! Dites vos vérités à la face de tous les laudateurs et de leurs maîtres ! Ne changez pas ! Tant que vous êtes au service de la vérité, la presse sportive, l'une des plus riches d'Afrique, sera aussi la meilleure ! Vive notre catastrophisme quand il refuse la honte ! 
M. F.