COR : Le Nouvel Obs épingle Blatter

Eco/Medias - PRESSE

Le mandat de trop ? Malgré les boulettes, malgré les scandales de corruption, Joseph Blatter, à la tête de la Fifa depuis 1998, a toujours fait fi des critiques.

Quel pays aurait osé contester sérieusement Blatter, au risque de voir l’organisation d’une coupe du monde lui passer sous le nez ? Le Suisse pilote une organisation immensément riche – les revenus de la Fifa ont dépassé le milliard de dollars grâce à la Coupe du monde de 2010 – et tout aussi puissante, avec 208 pays membres.

Mais cette fois, la Fifa et son dirigeant sont dans le collimateur du Conseil de l'Europe. Mercredi, les parlementaires de l’institution ont demandé à la Fifa d’ouvrir une enquête interne sur "divers scandales" qui ont touché la fédération depuis plusieurs années. Et plus particulièrement, l’affaire ISL, du nom de la société de marketing qui avait obtenu l’exclusivité des droits de diffusion pour plusieurs coupes du monde.

Selon une enquête de la chaine britannique "BBC" diffusée en 2010, ISL aurait versé des pots-de-vin à certains membres de la Fifa. "Dans cette affaire, la Fifa est à la fois accusée, mais aussi victime, car de l’argent a été détourné (…)", a rappelé l’auteur du rapport européen, Françoid Rochebloine. "Il n’est pas crédible que Monsieur Blatter ait pu l’ignorer". A 75 ans, le vieux chef, qui traîne derrière lui de nombreuses casseroles, est donc personnellement visé. Corruption, racisme ou encore sexisme… "le Nouvel Observateur" revient sur les principales polémiques qui ont entaché la présidence de Blatter.

Une réélection qui sent le soufre…

Juin 2011. "Sepp" est réélu pour un quatrième mandat à la tête de la Fifa à l’issue d’une campagne délétère. Un résultat facile à prévoir, puisque Joseph Blatter est alors seul en lice. Quelques jours plus tôt, son dernier opposant, Bin Hammam, a été suspendu par la Commission d’éthique de la Fifa en raison des soupçons de corruption qui pèsent sur lui. Le Qatari aurait tenté d’acheter les voix de la Confédération des Caraïbes (CFU). Mais au même moment, une enquête est également ouverte sur Blatter, qui est mis en cause par Jack Warner, soutien affiché de Bin Hammam, président de la Concacaf et vice-président de la Fifa. Ce dernier soutient "qu’à Miami, au congrès de Concacaf le 3 mai, Monsieur Blatter avait fait un don d’un million de dollars à notre fédération", sans l’accord du comité des finances de la Fifa. Enquête qui aboutira finalement au blanchiment pur et simple de Blatter de toute accusation de corruption. Entre un président sortant rapidement blanchi et son rival évincé, le déroulé des évènements peut laisser penser que la Fifa est le royaume des petits arrangements.

Mais l’élection de 2011 n’est pas la seule à faire débat. Dans le livre "How They Stole the Game", paru en 1999, David Yallop affirme que l’élection de 1998, qui a placé Blatter pour la première fois au sommet de la Fifa, a été truquée.

"Il n’y a pas de racisme dans le foot"

C’est la dernière polémique en date. En novembre dernier, le patron de la fédération internationale affirme sur l’antenne de CNN qu’il "n’y (avait) pas de racisme" dans le football. Selon lui, "l'un des joueurs peut peut-être avoir à l'égard d'un autre un mot, un geste qui n'est pas correct. Mais celui qui en est la cible doit se dire : 'C'est un jeu (...) et, à la fin du jeu, on doit se serrer la main'." Face au concert de critiques de joueurs comme David Beckham, ou du premier ministre britannique, David Cameron, le président de la Fifa a fini par présenter ses excuses. Mais lorsque Gordon Taylor, le patron du syndicat des joueurs en Angleterre, a réclamé sa démission, la réponse de Blatter est immédiate :

 
микрозайм на карту