ECO : L'Europe dénonce le système Blatter

Eco/Medias - ECONOMIE

La FIFA devrait enquêter sur la réélection de Jospeh Blatter à la présidence. C'est ce qui ressort d'une commission parlementaire du Conseil de l'Europe qui a adopté à l'unanimité une résolution mettant en cause l'instance  internationale de football.

« L'Assemblée fait appel à la FIFA afin qu'elle prenne les mesures nécessaires à éclaircir pleinement les faits relatifs aux divers scandales qui, dans les dernières années, ont terni son image et celle du football international », stipule la résolution, qui doit être amendée en assemblée plénière le 25 avril à Strasbourg.

L'assemblée des 47 États membres n'a aucun pouvoir de contrainte d'un point de vue légal, mais elle permet de s'assurer du respect des droits de l'homme et des valeurs démocratiques. « L'image de la FIFA est en train de se dégrader et il est urgent d'intervenir, a dit François Rochebloine, député français rapporteur du projet au journal français Le Figaro. Joseph Blatter est président de la FIFA depuis bientôt douze ans et il a été élu la dernière fois en étant seul candidat. Son prédécesseur, Joao Havelange, l'a dirigé pendant vingt-quatre ans. Détenir le pouvoir à la FIFA donne une haute visibilité médiatique, un pouvoir sportif, mais aussi une influence certaine sur des décisions qui ont un impact économique et dans certains cas politique. »

La commission parlementaire a émis la recommandation de vérifier si le président de la FIFA n'avait pas usé de son autorité pour influencer le vote lors de sa campagne de réélection. Le groupe dit que la FIFA devrait s'assurer que les candidats, et particulièrement le gagnant, n'ont pas usé de leur position pour obtenir « des avantages indus pour eux-mêmes ou pour d'éventuels votants ».

Joseph Blatter a été réélu sans opposition quand l'autre candidat sérieux, le président de la confédération asiatique Mohammed Bin Hammam a été suspendu de façon provisoire, avec effet immédiat, à la suite d'une enquête interne. Joseph Blatter a ensuite été blanchi lors d'une enquête basée sur les accusations de corruption portées par Mohammed bin Hamman.

Le rapport de la commission précise que la FIFA devrait faire la lumière sur les problèmes qu'a connus son ancienne agence de marketing sportif, International Sport and Leasure (ISL), qui a fait faillite en 2001. Elle  devrait rendre public tout document relié à la fermeture d'ISL, qui aurait permis à des « personnes d'autorité à l'organisme de recevoir des millions de dollars en échange de contrats de télédiffusion », est-il écrit dans le rapport.

Les conseillers juridiques ont rencontré à Paris mardi l'avocat suisse Thomas Hildbrand, procureur du canton de Zoug, qui avait fait enquête sur les irrégularités au sein d'ISL. Jospeh Blatter avait promis de publier un document visant les personnes d'autorité de la FIFA ayant admis avoir reçu des pots-de-vin dans les années 1990. Elles avaient finalement remboursé une partie de leurs gains en échange de la promesse que leur identité ne serait pas dévoilée.

La BBC avait révélé en novembre 2010 dans un documentaire l'existence de pots de vin destinés à ces hauts responsables de la FIFA. Des paiements effectués de 1989 à 1999 par ISL, qui avait obtenu l'exclusivité des droits pour plusieurs Coupes du monde avant sa faillite en 2001. La BBC a mis la main sur un document confidentiel faisant état de 175 paiements illégaux pour un montant total de 100 millions de dollars (76 millions d'euros).

Dans un communiqué, la FIFA avait rappelé que les autorités compétentes en Suisse avaient déjà étudié le dossier : « Dans son verdict du 26 juin 2008, la Cour pénale de Zoug n'a condamné aucun responsable de la FIFA. Il est important de rappeler que cette affaire concerne des événements ayant eu lieu avant l'an 2000 et qu'il n'y a eu aucune condamnation à l'encontre de la FIFA. L'enquête et l'affaire sont définitivement closes. »

Selon la BBC, deux membres brésiliens de la FIFA, l'ancien président Joao Havelange et Ricardo Teixeira, membre du comité exécutif, seraient cités dans le rapport. Un des deux hommes aurait décidé de contester devant les tribunaux la publication de son nom. Les conseillers européens ont aussi demandé à la fédération de donner plus de pouvoir à son comité d'éthique, pour qu'il puisse enquêter correctement sur les irrégularités. Ce que Joseph Blatter avait déjà promis.

Ils proposent de nouvelles balises de gouvernance et un nouveau souffle en matière d'éthique. Ils demandent aussi à la FIFA de faire toute la lumière sur les faits entourant « les scandales qui ont terni l'image du football international ». Le dossier de la FIFA sera étudié par les parlementaires à la prochaine séance du Conseil de l'Europe le 25 avril, à Strasbourg, en France.

(- avec Radio Canada)

 
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