ALG : El Watan et la victoire de la Zambie

Eco/Medias - PRESSE

Le journal algérien El Watan revient dans son édition de mardi sur la finale de la CAN dans un commentaire d'Omar Kharoum sous le titre "La Zambie, un exemple pour nous". Un commentaire qui a le mérite de pointer du doigt les maux qui rongent le football algérien. A lire et à méditer.

 

"Contre toute attente et alors qu'on avait les yeux rivés sur les stars africaines des championnats européens professionnels, la Coupe d'Afriquen des nations est venue nous ressasser une réalité marquante de ces dix dernières années. La petite Zambie que personne n'attendait est venue abattre les géants du football africains et s'emparer, pour la première fois de son histoire, du trophée convoité. Une belle revanche sur le sort quand on sait qu'un accident d'avion, sur ces mêmes rivages gabonais, avait décimé, il y a un peu moins de deux décennies, la quasi-totalité de l'équipe nationale zambienne, dont les éléments jeunes et talentueux étaient prédestinés, selon les spécialistes, à régner sur l'Afrique. L'année d'après, en 1994, avec de nouveaux joueurs, la sélection zambienne se hissait en finale de la Coupe d'Afrique organisée en Tunisie et ne céda qu'à la toute-puissante formation du Nigeria. C'était déjà en soi un exploit, mais les coéquipiers de leur légendaire capitaine Kalusha Bwaliya (actuellement président de la fédération) avait tellement envie de dédier le trophée à la mémoire de leurs camarades morts un an auparavant.

Dix-neuf ans après, c'est donc chose faite. Ces dix dernières années, donc, un fait récurrent vient sceller un trait commun aux détenteurs des coupes africaines : la Tunisie en 2004, puis l'Egypte à trois reprises (2006, 2008, 2010) et, aujourd'hui, la Zambie nous fait remarquer que des joueurs du cru, c'est-à-dire évoluant dans leur presque totalité au sein des championnats nationaux africains, arrivent à marquer d'un sceau triomphant la vieille compétition continentale face à des équipes dont les joueurs de grande renommée évoluent dans des équipes européennes prestigieuses. Le cas zambien a toujours constitué une particularité. Ce petit pays enclavé d'Afrique australe, sans grandes richesses naturelles et donc sans  grands moyens, a des capacités extraordinaires à rebondir lorsqu'on l'attend le moins. Ces footballeurs amateurs aux revenus modestes ont souvent étonné par leur disponibilité, leur humilité, leur esprit d'équipe et leurs capacités de résistance devant des adversaires beaucoup plus huppés.

Les Algériens, qui ont assisté au triomphe zambien catalysé par un entraîneur presque de chez nous, le rusé Renard qui a été il y a peu entraîneur de l'USM Alger, ont dû avoir un petit pincement au coeur en se disant qu'au moment où certaines équipes vont de l'avant en devenant, le temps d'une compétition, la fierté de leur peuple, chez nous, les saisons se suivent et se ressemblent médiocrement. Depuis l'intermède du Mondial sud-africain, dont on pensait qu'il allait être le propulseur d'une dynamique de progrès et qui a en fait plus servi le pouvoir politique que le football algérien, c'est le désert complet. Contrairement au championnat national zambien financièrement indigent, le football national, toutes divisions confondues, absorbe des sommes considérables qui vont essentiellement dans les poches des joueurs et des dirigeants.

Chacun sait pourtant que depuis d'innombrables années, il n'y a pas de retour sur investissement non seulement par les mièvreries que nous livrent chaque semaine des supposées équipes de football, aux ratés de footballeurs à la réputation surfaite, au piteux comportement d'arbitres suspects, aux honteux débordements d'un public va-t-en guerre, mais également de dirigeants fédéraux dont on ne sait plus s'ils sont à temps plein au service de la Fédération algérienne de football ou à celui de structures internationales avantageusement plus rétributrices. Si des hommes, dirigeants ou autres, ont, par leur politique ou leurs méthodes, échoué à remettre le football national «dans le sens du jeu», qu'ils partent. D'autres, donnons leur cette chance, sauront peut-être faire preuve de plus de compétences et de disponibilité à servir le football et le mettre sur les rails du progrès."

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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