ALG : Fergani leve le voile sur Raouraoua

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Après avoir annoncé sa démission de son poste de membre du Bureau fédéral de la FAF, l'icone du football algérien et capitaine ded Verts au Mondial 82, Ali Fergani a animé, une conférence de presse au siège de l’Amicale des anciens internationaux de football (AAIF) dont il est président. Il a retracé la genèse de l’affaire de sa fausse nomination au poste de sélectionneur de la A’ et expliqué les raisons l’ayant poussé à démissionner. Il a enfin levé le voile sur l'autoritarisme primaire du cumuluard de la fédération algérienne Mohamed Raouraoua régulièrement dénoncé par footafrique.com. Voici la conférence de presse reprise par le quotidien sportif Le Buteur.


«Je ne pouvais pas être nommé en septembre 2012 alors qu’il y aura un nouveau président en février 2013»
«Si j’organise cette conférence de presse, c’est pour faire une mise au point sur une situation qui ne m’a pas plu. Lors de l’avant-dernière réunion du Bureau fédéral, à laquelle je n’ai pas assisté, il a été décidé de reporter la nomination du sélectionneur de la A’ au début de la saison prochaine sous le prétexte qu’il n’y a pas d’objectifs dans l’immédiat et qu’il y a risque que les joueurs changent d’ici la saison prochaine. Comme s’il y allait y avoir un changement massif ! Ces arguments ne m’ont pas convaincu parce que plus tôt le travail commencerait, mieux cela vaudrait. De plus, sachant qu’il y aura l’élection d’un nouveau président de la FAF en février 2013, je ne me vois pas signer un contrat d’une année ou de deux années en septembre 2012 pour me retrouver 5 mois plus tard avec un nouveau président qui ne voudrait peut-être pas de mes services. C’est pour cela que j’ai remis une lettre à tous les membres du Bureau fédéral lors de la dernière réunion pour expliciter la question et demander des explications, mais la décision a été maintenue. Devant cette situation, j’ai décidé de démissionner de mon poste de membre du Bureau fédéral.»

«En 36 réunions du BF, je ne me suis absenté que 2deux fois»
«Je fais partie du Bureau fédéral depuis début 2009. Donc, il y a eu, jusqu’à janvier, 36 réunions mensuelles du Bureau fédéral. Sur 36 réunions, je ne me suis absenté que 2 fois, à chaque fois en étant autorisé. C’est dire que j’ai pris très à cœur ma tâche, bien qu’elle soit à titre bénévole. D’ailleurs, si j’ai été choisi par M. Raouraoua pour faire partie du Bureau fédéral, c’est certainement parce que je répondais au profil. J’avais accepté, car je croyais au projet du président. En prenant connaissance du communiqué ayant sanctionné l’avant-dernière réunion du BF, je n’ai pas voulu réagir publiquement, en dépit des multiples sollicitations des médias. Etant un légaliste, j’ai voulu attendre la prochaine réunion du BF afin de demander des explications. Maintenant qu’elle a eu lieu et que j’ai compris qu’il y a eu annulation de ma nomination, je réagis en démissionnant et en animant cette conférence de presse.»

«J’ambitionnais de faire des regroupements des locaux chaque quinzaine, comme l’a fait Halilhodzic
«Au départ, on m’avait proposé le poste de sélectionneur adjoint, mais j’avais décliné l’offre sur-le-champ. Ayant été sélectionneur par deux fois, il était hors de question que je sois dégradé en adjoint. Pour ce poste, j’avais proposé Djamel Menad et j’ai contacté ce dernier, mais la grande différence entre ses prétentions salariales et ce qu’on lui proposait a fait qu’il n’y a pas eu d’accord. Après, on m’a proposé le poste de sélectionneur A’ et cela m’a intéressé. Je voulais revaloriser le joueur local, lui faire sentir qu’il y a une prise en charge constante et faire appliquer les programmes d’antan avec les regroupements cycliques de 2 ou 3 jours chaque quinzaine. Vahid Halilhodzic l’a fait récemment avec des joueurs locaux, ce qui démontre que c’était une démarche nécessaire. J’ai même refusé des offres d’Algérie et de Tunisie pour relever ce challenge. Finalement, on a annulé ma nomination. Je considère cela comme un manque de respect.»

«J’avais tout réglé avec Raouraoua au Caire et je me suis même réuni avec Halilhodzic»
«J’avais tout réglé avec le président de la FAF, y compris les questions salariales, lors d’une rencontre qui a eu lieu le 22 septembre au Caire, en marge d’une réunion de la CAF. Le salaire que je devais toucher était de 55 millions de centimes nets d’impôts, un salaire que je considère comme normal. Nous nous sommes entendus sur l’identité de l’adjoint, à savoir Lakhdar Belloumi. J’ai rencontré Halilhodzic pour une séance de travail où, à mon sens, le courant était très bien passé. D’ailleurs, j’avais même effectué le déplacement avec la sélection en Afrique du Sud en qualité de chef de délégation. Lors de la réunion du Bureau fédéral du 10 octobre, ma nomination avait été approuvée à l’unanimité. Il ne restait plus que la signature du contrat. Il n’y a rien eu ni au mois d’octobre ni au mois de novembre et, dans ma naïveté, je pensais que c’était uniquement parce qu’il y avait des choses plus urgentes avec les deux matchs amicaux de la sélection nationale et le tournoi qualificatif pour les jeux Olympiques.»

«Des rumeurs qui sortaient dans la presse, Raouraoua qui n’a pas voulu me recevoir… il n’y a pas de fumée sans feu»
«Là où j’ai commencé à me poser des questions - et vous aussi, je suppose -, c’est lorsque des rumeurs ont été colportées à mon sujet, comme le fait que j’aurais refusé un salaire de 40 millions de centimes ou que je n’avais pas le droit d’être sélectionneur tout en étant membre du Bureau fédéral. Cela ne tient pas debout puisqu’aucun statut n’interdit ce cumul et, même si c’était interdit, on m’aurait demandé de choisir entre les deux fonctions. Ce qui est sûr, c’est que ces rumeurs n’étaient pas innocentes. Il n’y a pas de fumée sans feu. Etaient-ce des fuites organisées ? Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que le but principal de ces rumeurs était de m’éloigner du poste. D’ailleurs, malgré de multiples demandes pendant de nombreuses semaines, je n’ai pas été reçu par M. Raouraoua pour éclaircir la situation. L’intervention que j’ai faite lors de la dernière réunion du Bureau fédéral pour défendre ma nomination ne figure même pas dans le communiqué ayant sanctionné cette réunion.»

«Au Bureau fédéral, il y a très peu d’objections»
«C’est curieux que la décision de ma nomination ait été prise à l’unanimité des membres du Bureau fédéral le 10 octobre dernier et celle du report de ma nomination l’ait été également à l’unanimité le 4 janvier dernier. Le comportement des membres du BF m’a déçu. Je ne voulais pas une révolte, mais au moins qu’il y ait un débat. Maintenant que je ne suis plus tenu par l’obligation de réserve, je peux vous dire que, dans les réunions du Bureau fédéral, il y a très peu d’objections. Pour ma part, quand il fallait dire ce que je pense, je l’ai dit et j’en ai des preuves. J’ai toujours donné mon avis lors des réunions du BF, mais je ne suis pas responsable du comportement des autres. Or, lors de la dernière réunion, les membres du BF ont avalisé par leur silence la décision d’annulation de ma nomination. Devant cette situation et ces comportements, je ne me vois pas participer à d’autres réunions du Bureau fédéral. Je ne veux pas et ne me vois pas faire de la figuration. Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner.»

 
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