MAR : M'hammed Fakhir charge Eric Gerets

Eco/Medias - PRESSE

Dans un entretien accordé  au quotidien marocain Le Matin, l’ex-sélectionneur des Lions de l’Atlas M'hammed Fakhir n’a pas été tendre avec  Eric Gerets et relève les erreurs les commises qui ont conduit à une humiliation élimination à la CAN.

 

Que pouvez-vous nous dire sur cette élimination ?
M'Hamed Fakhir : Nous avons attendu huit longs mois pour que l'entraineur engagé, qui n'avait jamais entrainé une sélection daigne, enfin, rejoindre l'équipe. Bien évidemment, cela l'a induit en erreur quant à sa véritable valeur puisqu'il était considéré, à tort, comme le messie et le sauveur du football national. Cela l'a poussé à croire qu'il était indispensable et au-dessus de tout. D'un autre côté, notre groupe était composé de la Tanzanie et de la Centrafrique loin d'être des foudres de guerre et de l'Algérie, équipe qui traversait un cycle de déclin. Le résultat était donc prévisible.

Que pensez-vous de la préparation de l'équipe ?
Elle fut des plus catastrophiques, car les matches disputés par nos représentants étaient loin d'être une référence. Les sparring-partner n'étaient absolument pas des références. Ainsi lors du Tournoi LG disputé à Marrakech, nous avions rencontré des équipes qui n'étaient même pas qualifiées à cette CAN, à part le Soudan. Malgré cela, nous avions fait pâle figure lors de ce tournoi.
La concentration à Marbella et la rencontre face au Grasshopper étaient une grande mascarade et une énorme farce : se concentrer en Europe alors que la CAN se déroule en Afrique était tout simplement stupide. Il aurait mieux valu aller à Laâyoune au lieu de gaspiller des millions d'euros dans la cité balnéaire du Sud de l'Espagne.

Que pensez-vous des joueurs sélectionnés ?

99% d'entre eux sont remplaçants dans leurs clubs respectifs. Par conséquent, ils manquaient terriblement de compétition. Aussi bien contre la Tunisie que face au Gabon, les joueurs ont démontré leurs limites physiques, ce qui a fait qu'ils n'ont jamais pu suivre le rythme imposé par nos adversaires. Si nous avions remporté la CAN-2012 avec des réservistes, nous aurions été champions du monde avec des titulaires.
Carcela, Basser, Belhanda, Kantari, Kaoutari, Hermach, Boussoufa et El Arabi jouent leur première Coupe d'Afrique et Eric Gerets découvre l'ambiance des manifestations continentales pour la première fois de sa vie en tant que sélectionneur. C'est pour cela qu'il aurait été plus sage de ne pas leurrer le peuple marocain et de crier sur tous les toits que si nous allons au Gabon c'est pour gagner cette coupe comme n'a cessé de le clamer avec arrogance Gerets.

Que conclure alors ?

Il ne faut guère jeter la pierre aux joueurs, car ils sont ce que nous avons de meilleur et ne sont guère habitués à ces joutes continentales où plusieurs paramètres entrent en jeu. L'équipe nationale est l'émanation du championnat. Or ce dernier ne produit plus de joueurs de stature internationale. Maintenant, il faut faire un diagnostic sérieux du mal qui ronge notre football et commencer par relever le niveau de notre compétition. Ceci doit passer impérativement par les centres de formation ; lesquels doivent commencer à nous pourvoir en joueurs capables de défendre les couleurs nationales au lieu que nous soyons obligés de jouer avec une équipe importée.

 

 

 
микрозайм на карту