TUN : Oublis et vérités de Anouar Haddad

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Restera-t-il jusqu’à la prochaine édition de la CAN, ou, au terme de son mandat ? Restera pas? Vers quelle assemblée s’achemine-t-on ? Est-ce que le staff technique sera confirmé? Quels seront les objectifs lors de la prochaine CAN... Un entretien du quotidien tunisien Le Temps avec Anouar Haddad, actuel président de la FTF s’impose de lui-même… L’homme, et, le responsable sportif, doivent être fiers des résultats acquis au cours de l’année en cours. Il faut vraiment avoir une âme de faussaire, pour lui contester ou dénier cet immense mérite, d’avoir participé (et comment) à ces succès, non des moindres: un CHAN déjà accroché à son tableau de chasse, une qualification inespérée à la prochaine édition de la CAN.

Un engagement avec un volontarisme digne d’éloge : dix heures ou plus de travail passées quotidiennement dans le siège de la FTF, déplacements à travers le pays, avec ses propres moyens, disponibilité sans limite… Dire encore aujourd’hui que l’homme n’est pas compétent c’est purement, et, simplement, se moquer de la rectitude morale. Entretien !

Le Temps : Si vous nous parlez de ce bras de fer qui oppose la tutelle à votre fédération ?

A. Haddad: Bras de fer c’est trop dire! Il y a eu une petite confusion au niveau de l’interprétation des textes que nous avons élucidée. La réglementation de la FIFA énonce, et, notifie que toutes les fédérations affiliées doivent gérer leurs affaires en toute indépendance, sous peine de se voir excommuniées de la scène internationale. Les pouvoirs politiques n’ont aucun droit de s’immiscer dans les affaires des fédérations nationales de football. Pour l’avoir tenté, la Fédération Française de Football, juste après la Coupe du Monde de 2010, a été rappelée à l’ordre par la plus haute instance de gestion du football mondial. Pour l’avoir fait, c’est-à-dire pour ingérence gouvernementale dans les affaires de son football, le Nigeria a été pendant quelques temps suspendu de toute compétition internationale. Et les exemples sont multiples… Bref, pour résumer, je précise que la FIFA (et même le CIO), n’admet dans aucun pays que le pouvoir politique intervienne directement dans les affaires d’une fédération.

· Vous avez dit que tout a été élucidé, pourriez vous être plus clair ?

·On en a beaucoup débattu ces derniers jours, et, quitte à me seriner, je vous réponds que nous (membres du bureau fédéral) avons pris la décision de ne pas appliquer cette circulaire marquante, et, dans l’unique but d’éviter de lourdes sanctions à notre football, aux clubs tunisiens engagés dans les diverses compétitions continentales, alors que leurs chances ne sont pas minces du tout pour glaner les trophées. Avec tout notre respect pour les hiérarchies, l’assemblée générale élective n’est nullement justifiée du fait des amendements advenus en mars 2010. Nous venons d’envoyer un courrier à la FIFA dans ce sens. L’essentiel est que tout est rentré dans l’ordre, et, que notre football n’est pas sous la menace.

·Avec tout ce concert de critiques qui s’est abattu sur le bureau fédéral, et, vous personnellement, n’avez-vous pas pensé à jeter l’éponge ?

·J’y avais pensé pour être honnête avec vous, mais à bien réfléchir à l’acte, j’avais fini par conclure qu’il était synonyme de trahison, d’autant que notre chère patrie vivait des circonstances particulières de son histoire. Par pur patriotisme, j’avais donc décidé de m’accrocher à ma mission, de militer encore plus, de tout tenter (en dépit de quelques problèmes de santé très sérieux) en vue de voir le navire se maintenir dans des eaux sereines. Aussi, sachez qu’il n’est pas de mon caractère, de répondre aux critiques, ou aux pitreries. Je préfère me consacrer à mon travail. Sachez aussi que la situation héritée était quasiment aux abords de la catastrophe. Fiasco grand format de nos débuts aux qualifications à la CAN, caisse quasiment vide, manque de ressources, dérobade de quelques sponsors qui ne peuvent plus assurer leurs engagements avec la FTF pour les raisons que tout le monde connaît, climat d’insécurité dans les stades, et, en dehors de ceux-ci, clubs à genoux, bref, en dépit de tous ces obstacles (parce que ce n’est là que la partie immergeante de l’iceberg des difficultés), la machine ne s’est pas arrêtée. Un CHAN a d’abord récompensé nos efforts, le championnat, et, la coupe ont connu les pires obstacles, mais ils sont allés jusqu’au bout. Vous devez aussi avoir constaté le non recours aux arbitres étrangers lors de cet exercice qui vient de se coucher, et, cela nous a épargné la dépense de l’équivalent de 400.000 Dollars. La CAF a recommencé à refaire confiance à nos arbitres. Ce sont là nos réponses aux critiques. Je serai injuste envers tous mes collaborateurs, si je ne reconnais pas qu’ils ont eux aussi travaillé acharnement pour le bien de notre football.

·Avez-vous trouvé des problèmes dès que vous avez pris les choses en main ?

·Pas outre mesure ! j’ai une assez longue expérience dans la gestion sportive, et, je dois dire que l’ex-patron de la FTF Ali Hafsi (que je salue bien au passage), m’a tout facilité, en m’impliquant avec lui dans tous les dossiers. Si bien que lorsqu’il est parti, je n’ai trouvé aucune difficulté pour la prise du témoin.

·Justement, ces histoires de démissions, puis ces retours, ou ces intentions de retour sur des décisions prises, ne vous affaiblissent-elles pas ?

·Cette époque précise de notre histoire sportive n’est pas normale. A mes yeux, ce n’est pas du tout le moment de démissionner, il y a un intérêt national qu’on doit préserver, et, personnellement, je ne vois aucun inconvénient à ce qu’un démissionnaire revienne sur une décision prise sans aucune réflexion, à chaud, à la va-vite. Beaucoup de travail nous attend encore, nous avons besoin de l’expérience des uns, et, des autres. J’espère que dans les jours qui viennent, on solutionnera positivement ce dossier auquel vous faites allusion.

· On découvre une grande valeur humaine en vous, la solidarité. On comprend à travers votre dernière réponse que vous êtes solidaire avec vos collaborateurs. Sentez-vous qu’il y a réciprocité, c’est-à-dire avez-vous l’impression qu’on est solidaire avec vous ?

·Ce n’est pas le moment de parler de ces choses là, auxquelles je n’accorde aucune importance. Il doit bien y avoir des divergences entre nous, mais cela ne doit en aucun cas influer notre travail, ne doit pas nous détourner de nos objectifs. Il n’est pas normal que tout le monde caresse dans le sens du poil. Des fois, il y a des différences dans la manière de voir les choses, mais dans l’ensemble le respect est toujours de rigueur.

Si on parle de ce séminaire qui vient de clore ses travaux vendredi ?

· Avant de le faire, je serai injuste si je ne salue pas le courage de tous les arbitres qui ont officié la saison écoulée, des fois dans des conditions atroces d’insécurité, qui ont résisté à toute forme de pression. Je les congratule tous sans exception. De vrais militants. Maintenant, pour revenir à votre question, je ne vous cache rien si je vous dis que le séminaire animé par notre Néji Jouini national, a été un véritable succès, et, sur tous les plans. Je vous invite à en discuter avec ceux qui ont été présents lors de ces trois journées, consacrées essentiellement à la mise à jour de règlements, aux nouveautés… Les retombées de ce genre d’action organisée avant les trois coups de chaque saison de football seront des plus bénéfiques sur tout le corps arbitral.

·Les arbitres n’ont plus de problèmes?

· Posez leur la question. Plus de problème majeur à ce que je sache. Quand l’actuel BF a pris les choses en main, il avait constaté qu’il y avait pour les arbitres, dans les paiements des primes, six mois de retard. Aujourd’hui, ils sont tous payés jusqu’au dernier millime. Plus important encore, nous sommes allés à la rencontre de tous ceux qui se sentent marginalisés (Gabès, Kairouan, Gafsa, Sfax, Le Kef…), et, nous avons écouté toutes leurs doléances. Je leur promets qu’à l’avenir qu’ils auront les mêmes chances, que ce soit dans les désignations, dans la formation, ou encore dans le recyclage. Vous devez avoir constaté que de nouveaux noms ont déjà été découverts vers la fin de la saison dernière.

· Revenons à l’équipe nationale, porte-drapeau de notre football. Une qualification miraculeuse, mais maintenant que des bolides sont out, quelles seront nos chances?

· Vous savez bien que nous avions commencé à travailler sur des ruines encore fumantes. Les débuts ont été catastrophiques, mais, finalement, nous avions pu redresser la barre. On a déjà commencé, avec tout le staff technique que nous avons reçu dès dimanche dernier, à façonner un planigramme. Le lendemain, lundi dernier, nous avions débattu des matchs amicaux, et, des dates à retenir… Je vous (médias) en tiendrai compte dès que tout sera élaboré définitivement. Je pense honnêtement, que l’on doit croire en nos chances, d’autant que certaines nations, non des moindres, manqueront à l’appel. En l’absence de l’Egypte, la R. S. Africaine, le Cameroun, le Nigéria, l’Algérie (excusez du peu), notre objectif minimum sera les demi-finales. Atteint ce résultat, personne ne pourra nous priver de rêver. Nos chances ne sont pas minces du tout.

· Vers la confirmation du staff technique ?

·C’est déjà fait! Le contraire serait illogique!

· Les stadistes vous harcèlent encore, parait-il…

· Je serai fier de présider le club qui m’a révélé au football, mais, pour le moment cela est prématuré d’en discuter, car l’intérêt national est au dessus de tout.

 
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