CAF : La bagarre des seconds couteaux (Par J.J.Traoré)

Eco/Medias - MEDIAS

«Le renouvellement partiel du Comité exécutif de la CAF, programmé en février prochain à Khartoum s’apparente, pour jargonner comme en football à l’échauffement avant la grande bataille autour de l’élection du président de la CAF», écrit le journaliste Burkinabé J-J.Traoré. Et quel échauffement ! Tel un jeu d’échec, les protagonistes à l’élection présidentielle de la CAF entendent positionner leurs pions. Surtout en Afrique de l’Ouest. Là, le président sortant et sans doute candidat à sa propre succession dispose de ses fidèles lieutenants faiseurs de roi. Ils se nomment Diakité au Mali, Anjorin Moucharafou au Bénin, Amos Adamu au Nigéria (dauphin désigné de Hayatou à en croire certaines indiscrétions), Badara Sène au Sénégal et j’en passe. Et tant que Hayatou peut compter sur leur activisme remarquable (il faut le leur reconnaître) souterrain ou affiché, il pouvait boire tranquille son petit lait.

Les hommes du président sont prêts

En la matière les hommes de main du président de la CAF savent utiliser tous les coups, la fin justifiant les moyens. Nous n’allons pas revenir sur le cas du Botswanais, qui, pour avoir osé déclarer son intention de se porter candidat contre le Camerounais Hayatou a été vilipendé, traîné dans la boue lors de la Coupe du monde de l’Allemagne en 2006. On sait qui a orchestré ce lynchage prétextant la revente de tickets d’entrée au stade. Comme si tous les africains ne vendaient pas systématiquement leur quotte part de billets ! Bref, les candidats à la succession du président de la CAF peuvent connaître un sort peu enviable. Mais ce soutien de taille s’est un peu lézardé. D’abord Adamu Omos épinglé dans l’affaire de vente de voix de la Coupe du monde a été mis sur le carreau. Il n’est pas sûr que son remplaçant, Ibrahima Galadima soit aussi enthousiaste à soutenir sans réserve le Camerounais. Surtout qu’on le présente comme " un monsieur propre du football " nigérian. Une autre flèche qui manquera au carquois de Hayatou, c’est le Malien Diakité, lui aussi puni et éjecté du système, suite à la même affaire de corruption. Son poste sera également à pourvoir. Enfin, un vieux baobab de la CAF va à la retraite. Il s’agit du général Séyi Mèmène, qui du haut de ses 70 ans n’a plus de jus frais pour écumer les terrains de football. Il va donc prendre un repos mérité et laisser la place à plus jeune. Son départ n’est pas forcément vu comme un soutien de Hayatou qui va manquer à l’appel comme c’est le cas des autres. Le Général Mèmène n’était pas trop actif au service du président sortant. Par contre, Le président Hayatou a du souci à se faire en regardant la liste des candidats aux successions. Déjà du côté du Togo, Tata Avlessi, " un vieil-ami " du président Camerounais s’est positionné avec la caution de son pays pour tenter un remplacement (même s’il ne sera pas poste pour poste du général). Cette candidature ne fait pas sourire Hayatou. Souvenez-vous que Avlessi est l’ancien président de la Fédération togolaise de football que la CAF a suspendu à vie du football suite à une accusation de corruption d’un arbitre lors de la CAN des moins des 17 ans au Togo. Mais le tribunal administratif du sport (TAS) a cassé cette condamnation et réhabilité le Togolais. On s’imagine que ces deux, ensemble dans le comité exécutif de la CAF, ça fera des étincelles. Avlessi ou le cheval de Troie ? Une autre raison rend la candidature du Togolais Tata Avlessi amère pour le président sortant de la CAF. Il est réputé être l’homme de main de Jacques Anouma, président de la Fédération ivoirienne de football. Et Anouma, est aussi un potentiel candidat au poste de président de la CAF. Si Avlessi passe, tout porte à croire qu’il va œuvrer à tracer la voix pour son mentor. Il apparait bien dans le rôle de cheval de Troie. Et un vieux " routier " comme Hayatou, président de la CAF depuis 23 ans le sait. Nous comprenons pourquoi ses fidèles lieutenants qui ont échappé à ce tsunami sportif (affaire de corruption), Anjorin Moucharraffou s’est lui aussi lancé dans la conquête d’un fauteuil au sein du Comité exécutif. Mais Moucharrafou qui se trouve être le président de la fédération béninoise de football est pris dans une tempête sportive dans son propre pays. La démission d’une large majorité des membres du bureau exécutif, en partie pour dénoncer la gestion opaque de l’instance faitière du football béninois est une vilaine tâche d’huile sur son costume de candidat. En plus, la crise a pris une autre ampleur, vu que le président Anjorin Moucharrafou a pris sur lui la responsabilité de nommer les représentants des démissionnaires, prérogatives que ne lui confèrent pas les textes. Du coup, le football de son pays, qu’il est censé gérer est en proie à une crise qui ne lui laisse pas tout le temps pour se concentrer à l’élection de la CAF. Encore que son adversaire ne sera pas le seul voisin Togolais. Le Béninois Moucharafou et l’Ivoirien Jacques Anouma peuvent faire mouche Le voisin du voisin, le président de la Fédération Ghanéenne de football Kwesi Nyantakyi est aussi sur la ligne de départ. Mais de quelle couleur est le Ghanéen ? Il semble qu’il est encore un non aligné. De toutes les façons, il a failli ne pas être candidat. En fait, la voix du Ghana n’a pas été unique, dès le départ dans le choix du candidat du pays. La fédé avait son candidat, Nyantakyi le ministère des sports, le tien, Abédi Pelé. Finalement, l’Etat a laissé la Fédération jouer son rôle de gestionnaire direct du football. Ce temps de flottement n’a certainement pas permis au candidat Ghanéen de se mettre rapidement dans le bain. Mais nous savons que les choses vont aller vite. Il devra s’intégrer dans une alliance s’il ne veut pas faire de la figuration. Un autre candidat à l’élection des membres du bureau exécutif de la CAF, c’est le Nigérien Hima Souley, ancien président de la fédération lui aussi. Le Nigérien flirte avec les milieux du football il y a maintenant longtemps. Il est discret, même si certains pensent qu’il est plus proche de Hayatou. En fait, le Nigérien peut profiter de la bataille des éléphants pour s’incruster au sein de la CAF. Il a la chance d’être élu par défaut. En fait, il incarne bien le rôle du 3e larron. En somme, une belle bagarre est prévue pour février 2011 entre ressortissants de l’Afrique de l’ouest. Il y a 3 postes à pourvoir au sein du bureau exécutif de la CAF, pour 4 candidats. Autant dire que si les choses en restaient là, un seul sera recalé. Qui ? Réponse en février ! Toujours est-il que nous n’avions pas eu vent d’une quelconque candidature du Burkina Faso. Il est vrai que François Compaoré est membre de la CAF au compte du Burkina. Ceci explique t-il cela ? Peut-être. La vraie bagarre, c’est après les élections Après le renouvellement partiel du bureau exécutif de la CAF, l’instance va devoir, dans la même année se chercher un nouveau président. Ce futur patron de la CAF pourra être un ancien-nouveau ou un nouveau-nouveau. Nous l’avions déjà mentionné plus haut, le président sortant n’a pas l’intention de renoncer maintenant à son fauteuil. Mais cette fois-ci, il y a de forte chance qu’il ne soit pas un candidat unique comme cela fut le cas en 2007. Avant même une très probable annonce de la candidature du président sortant, un challenger assez costaud s’est mis en place avec comme stratégie d’occuper le terrain. Il s’agit du sud-africain, Danny Jordan. Illustre inconnu, il y a encore quelques mois, l’homme s’est révélé au monde du roi foot africain et même mondial à travers l’organisation de la Coupe du monde en Afrique dont il fut un des premiers artisans. En plus, le sud-africain ne pouvait pas tomber sur une meilleure période. Hayatou est fragilisé par les soupçons de corruption qui ont " bouffé " son entourage le plus proche mais surtout qui tendent à impliquer sa propre personne. Pour ne pas faciliter les choses, l’Ivoirien, Jacques Anouma pourra se jeter lui aussi dans la course. Il jouit d’une grande popularité auprès des organisations sous-régionales de football et nombre de fédé. Depuis l’élection passée, Jacques Anouma n’arrête pas de tisser sa toile. Il dispose d’un réseau d’amis, tous des décideurs du football africain qui peuvent influencer l’issue d’un vote. Mais il est sûr que l’ivoirien ne va plus disposer du soutien de son pays qui aurait pu compter pour beaucoup, du fait de la situation politique postélectorale qui prévaut dans son pays. A moins que les choses évoluent assez rapidement d’ici-là. Par ailleurs, il sied, pour ceux qui ne voient pas d’un bon œil un nouveau bail au Camerounais de ne pas vendre la peau de Hayatou avant de l’avoir battu dans les urnes. Contrairement aux autres challengers, lui a déjà quelque chose à montrer. Notamment, il revendiquera la Coupe du Monde en Afrique. C’est un argument béton car plus d’un Africain en est fier jusqu’aujourd’hui, plus de 5 mois après. L’élection n’est pas pour demain seulement. D’ici là beaucoup d’eau peut couler sous le pont." conclut J. J. Traoré

 
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