CAM : Le triste destin de Mohamed Iya

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Il faisait partie des intouchables au Cameroun. Président Directeur Général de la société nationale Sodecoton (équivalente de la Sonatrach), il était également président de la fédération de la Camerounaise durant plusieurs mandats (1998 - 2013). Au fil des années à la tête du football camerounais, il s’est donné une assemblée générale sur mesure, ses bilans étaient approuvés à l’unanimité et toute forme d’opposition était étouffée. Les Lions indomptables du Cameroun connaissaient une merveilleuse embellie avec deux titres de champion d’Afrique (2000 et 2002) et une médaille d’or olympique (2000). Mohamed Iya, très cultivé et d’une grande élégance, était devenu une super star du football africain et sa présence lors des grands événements internationaux  du continent ou du monde ne passait pas inaperçue.

Il avait comme ami, grand frère et prince, Issa Hayatou, le président de la CAF, originaire tout comme lui de la ville de Garoua (capitale de la région nord du pays) et comme protecteur, le président de la FIFA, Joseph Blatter.  Et puis dans le football camerounais, il y a eu comme un vent de révolte appelant à des réformes et à des changements. Mohamed Iya, droit dans ses bottes et bénéficiant du soutien de quelques medias n’en finissait pas de croiser le fer avec « tout ce qui bouge ». Il brandissait régulièrement la menace de la FIFA qui  régulièrement intervenait pour  le maintenir à son poste, mettant le gouvernement dans une position intenable. L’opinion publique exigeait son départ. Dans les stades les banderoles fleurissaient et le désordre s’installait. Cette situation empirait de jour en jour et influait sur les résultats de l’équipe nationale qui ne parvenait pas à se qualifier pour la CAN 2012 et 2013. Son élimination de la Coupe du monde 2014 par le Togo allait signer, sa fin de mission et sa descente aux enfers.

Le mécontentement populaire est à son comble au Cameroun. De retour de Lomé, le président de la Fecafoot est cueilli à l’aéroport de Yaoundé par une unité de la gendarmerie et conduit au secrétariat du ministère de la Défense. Un nom de code était donné à cette intervention : « opération Epervier ». C’était le 10 juin 2013. Depuis, Mohamed Iya croupit dans une geôle de la prison centrale de Kodingui, à 1500 km de chez lui,  abandonné par la FIFA et la CAF. Le 3 septembre 2015, il est reconnu coupable de détournement de fonds public et condamné à 15 ans d'emprisonnement ferme. Pour ses partisans, il a été condamné pour crime d’entêtement, pour d’autres, les lois d’un pays sont souveraines et l’Union Européenne a mis au pas, toutes les instances sportives internationales...

AB.LAHOUARI (IN BOTOLA)

LE + D’INFOS

Mohamed Iya avait déjà été placé en détention préventive en juin 2012 et privé de son passeport avec comme élément à charge : Les soupçons de trafic d'influence, de corruption de favoritisme et un championnat totalement désavoué. – BO

 

 

 
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