AFR : Le jeu d'une autre époque de Hayatou

Eco/Medias - MEDIAS

«Après un échange fraternel, empreint de sincérité et de cordialité, le Comité Exécutif de la CAF a décidé, à l’unanimité, de ne pas apporter à Monsieur Musa Bility le soutien sollicité de la part de la CAF et le lui a signifié, en lui souhaitant bonne chance dans la suite de son entreprise». C’est par ces mots que le Comité Exécutif de la CAF, ou plutôt, le Camerounais Issa Hayatou, justifie l’inacceptable. En maitre incontesté du football continental, il n’entend pas se laisser déborder par la jeune garde des rénovateurs dont fait partie le Libérien Musa Bility. Celle-là même qui lui a refusé un amendement scélérat qui oblige tout candidat à la présidence de la CAF à être membre du CE. Une mesure qui n’existe ni à la FIFA ni dans les autres confédérations mais qui a eu le feu vert de Blatter dans un but électoraliste. Une aberration qui va certainement pousser  la nouvelle instance internationale, après les élections, à exiger une mise en conformité des textes. Il est tout de même sidérant qu’un membre de l’AG de la CAF ne peut pas se présenter à la présidence de cette instance parce qu’il n’est pas membre du CE et qu’en revanche, il peut se présenter pour celle de la FIFA.

La candidature de Musa Bility est dans une logique de rénovation. En refusant de soutenir sa candidature, sa majesté Hayatou VII envoie un double message à la planète football et aux candidats à la succession de Blatter. Il n’est pas question de briser le système basé sur le clientélisme et la corruption qu’il a mis en place depuis un quart de siècle. Sur le plan continental, il rappelle qu’il n’est pas prêt à céder et le moment voulu, il décidera lui même du choix d’un candidat (1). Il n’a pas oublié l’humiliation qu’il a subie en 2002 (2) et cherche par tous les moyens à rester le maître du jeu pour préserver ses propres intérêts au sein de la FIFA. Or, d’autres facteurs qu’ils ne maitrisent pas vont diviser la CAF et fausser tous ses plans. L’Afrique n’ira pas «unie et solidaire » pour lui aux élections présidentielles de la FIFA. En tant que dernier représentant d’une autre époque, il est déjà sur le départ. Il ne parle plus le même langage que tous les candidats déclarés. Le monde qui bouge a eu raison de Blatter. Une autre FIFA s’installe. Aux suivants !

Nazim Bessol - In Botola

(1)  Raouraoua III n’a même plus droit à un strapontin à la FIFA. Hayatou a proposé Constant Omari Selemani et Hani Abo Rida, tous deux membres africains du CE de la FIFA, comme représentants de la CAF au sein de la «Task-force réformes»

(2)  Hayatou a été ridiculisé lors des élections à la présidence de la FIFA en 2002. Les voix africaines sont allées à Joseph Blatter.

 

 
микрозайм на карту