AFR: Contrat CAF-Sportfive de gré à gré

Eco/Medias - ECONOMIE

Une fois n’est pas coutume, la CAF a rendu public la signature du contrat de droits TV et marketing, sur 12 ans, avec la société française Sportfive qui appartient au groupe Lagardère. De fait, elle a verrouillé jusqu’en 2028 ses 14 compétitions : six phases finales de la CAN et autant de Ligue des champions, Coupe de la CAF, CHAN, Supercoupe et Championnat d’Afrique U-20 et U-23 pour un montent global de 1 milliard de dollars ! Ainsi, en plein scandale de la FIFA et son lot quotidien de révélation, l’instance d’Issa Hayatou, peut-on croire, a décidé de jouer la transparence. Mais pas tout a fait. Si elle annonce que "Sportfive va continuer à commercialiser les droits média et marketing de la CAF, elle ne précise nullement qu’il s’agit là, d’un marché de gré à gré. Or, ses propres textes et les règles de la concurrence libre et parfaite qu’elle chérie tant, tout comme la non ingérence des gouvernements, veulent qu’une telle opération soit soumise à un appel d’offre international. D’autant que les candidats n’ont pas manqué notamment une société chinoise, Wanda qui aurait fait une offre plus conséquente.

Des questions interpellent bon nombre d’analystes. Que signifie dans le contexte actuel et les scandales qui éclaboussent le monde du football, cette précipitation de la CAF, le secret qui a entouré cette signature et la durée de l’engagement sur douze ans ? Ce milliard de dollars est-il un juste prix ou un moindre coût quand on sait que les clients ne manquent pas. Un troisième larron Dubaï Sport est venu concurrencer BeINSports et Canal+ sur le marché en pleine expansion pour l’achat des droits de retransmission  des principaux événements continentaux ? Pour certains, sa Majesté Hayatou VII a engagé seul, la CAF sur un horizon aussi lointain. Une preuve de plus que le grand baobab gère la CAF à l’image de la FIFA comme un bien personnel et semble peu se soucier des réformes qui attendent le football mondial. Elle reste une institution incontrôlable qui continue son buisines sans aucune forme de respect pour les lois du marché. Un milliard de dollars sur 12 ans, cela fait 83 millions de dollars par an. Dans le doute, cela ne peut paraître que dérisoire. - B. NAZIM