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CAF : Kanizat Ibrahim : « J’adore relever les défis » (ITW de Nazim Bessol)

Nazim Bessol

C’est la première femme vice-présidente de la Confédération Africaine de Football (CAF) depuis sa création. Elle n’est pas à ce poste par hasard, La Dame des Comores, Kanizat Ibrahim est une passionnée de la balle ronde. Et elle le démontre à travers cet interview exclusif réalisé par Nazim Bessol.

Footafrique : Avant toute chose pouvez-vous nous faire une petite présentation de vous-même et de votre parcours. Si on devait vous présenter au grand public ici en l’Algérie et même au-delà, qui est Kanizat Ibrahim ?

Kanizat Ibrahim : Je suis comorienne, mariée et mère de 3 merveilleux enfants. Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours cherché à relever des challenges et des défis que cela soit dans le sport, dans l’entrepreneuriat ou dans la société civile. Je suis une véritable passionnée. Quand je m’engage dans un projet j’aime aller jusqu’au bout. Je suis quelqu’un de très exigent et me l’applique d’abord à moi-même. Après des études en France et à l’île Maurice et un Master en entrepreneuriat et un Master en Création d’entreprise et gestion de projets innovants, je suis rentrée aux Comores où j’ai créé ma première entreprise depuis une vingtaine d’année. Je travaille à mon compte dans le domaine de la vente de produits informatiques, mais également dans la communication et l’événementiel.

Comment êtes-vous arrivée au football ?

Comme je vous l’ai dit, j’ai toujours été passionné par le sport et j’adore relever des défis. Donc quand l’opportunité s’est présentée pour faire partie du Comité de normalisation de la fédération de football des Comores, je l’ai immédiatement saisie en passant un concours de la FIFA. J’ai été retenue par la suite comme présidente de ce comité.

– Comment l’opinion publique aux Comores a accueilli votre nomination à la tête du comité de normalisation installé par la FIFA ?

Au début c’est toujours un peu difficile car un Comité de normalisation n’est jamais facilement accepté même par les amoureux du football. Cela n’a pas été évident car la situation était quasi chaotique au niveau de la gouvernance avec plusieurs problème à gérer. Au départ, on me jugeait sur le fait que je n’étais pas du milieu footbalistique. Mais avec le recul je crois que c’était plutôt un atout. J’ai pu apporter un regard extérieur et non partisan mais également beaucoup de rigueur et de la détermination. Après quelques semaines, la plupart des personnes commençaient à apprécier le travail. Nous avons créé la confiance et cerise sur le gâteau nous avons commencé à enregistrer des résultats sportifs au niveau de l’équipe nationale. Tout cela à contribuer à créer une nouvelle dynamique.

Quelle est la situation du football aux Comores ?

Les comoriens sont des passionnés de football et les résultats actuels des Cœlacanthes font la fierté de tout un peuple et renforcent la cohésion nationale. Malgré les faibles moyens dont disposent la fédération et les différentes ligues, on sent que le potentiel est énorme. Il faut donc booster cette dynamique. Cela étant le contexte sanitaire actuel n’est pas facile. La situation n’est pas simple du tout en cette période de pandémie. Cela faisait quasiment 2 mois que le ballon n’avait pas roulé, et il y a 3 semaines seulement que les championnats ont repris. Espérons que la situation va vite se rétablir et que le football se porte mieux.

En quelques mois vous êtes propulsée au sommet de la pyramide du football africain, comment vivez-vous cette situation et le fait d’être la première femme VP de la CAF ?

Avec beaucoup de sérénité. J’ai conscience que les défis sont nombreux et beaucoup de regard se tournent vers moi en tant que première femme VP de notre organisation continentale. Je n’ai donc pas droit à l’erreur. Il y a eu un travail intense pendant la normalisation, ce qui m’a permis de faire mes preuves et relever certains défis que nous ne pourrons jamais définir parfois. Ce travail paye aujourd’hui. Le fait de me savoir propulser dans les plus hautes sphères du football me rend très fière.

– Le fait d’évoluer dans environnent exclusivement ou majoritairement masculin constitue-il une motivation supplémentaire ?

Pour moi évoluer dans un monde majoritairement masculin n’est pas nouveau. Mon expérience dans l’entrepreneuriat et dans les organisations de la société civile m’ont permis de me familiariser avec ce type d’environnement. Je considère que chaque individu a sa place dans la société. La femme que je suis a toujours su collaborer avec la gente masculine. Dans le travail ce qui compte c’est l’engagement et les résultats c’est ce qui me motive.

ITW réalisé par Nazim Bessol

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