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CAF : Ce qui est reproché à Motsepe et Yahia (exclusif)

Zeyna Bint et Yanis B

Footafrique.com s’est procuré en exclusivité les conclusions de la Commission de Gouvernance de la CAF qui ont fait trembler la planète football. Alors que la presse continue à épiloguer sur les invitations que Patrice Motsepe a servi à certains présidents de Fédérations africaines lors de la célébration du cinquantenaire de son club, le Mamelodi Sundowns ou la participation à la Umra de Amed Yahya, nos investigations nous ont menés vers d’autres pistes.

Dans sa conclusion la Commission de gouvernance de la CAF soutient que le président de la FFRIM, Ahmed Yahya, non moins membre du Comité exécutif de la CAF a fait « l’objet de poursuites pénales relayées dans les médias». Il est accusé de «détournement d’argent portant sur une somme de 75000 euros» et de «prise en otage d’un club de football». Un fait qui remonte en 2016. Selon nos informations, la Fédération mauritanienne de football devrait rembourser cette somme à la suite du verdict rendu par la Cour Suprême le 16 novembre 2020 relative à une affaire de transfert de joueurs. L’ASAC Concorde et Levante.UD (Club 2èmedivision Espagne) avaient en effet conclu deux contrats de transferts de deux joueurs pour un montant global de 75.000 euros signés en tripartite entre les présidents des deux clubs et des deux joueurs.

« A ce jour, l’ASAC Concorde n’a rien reçu de ce montant qui devrait être réglé avant le 15 janvier 2016 suivant les clauses des dits contrats. Tous les éléments nécessaires pour permettre à Levante UD de procéder au transfert des fonds dans les délais contractuels ont été fournis à temps (entête Club, passeport du Président du club, N° Compte bancaire du Club sur papier à entête du club et sur les factures au nom du club) via le Président de la Fédération de Football de la République Islamique de Mauritanie, seul intermédiaire dans cette affaire », a-t-on fait savoir. Les tentatives de footafrique.com pour joindre le président Ahmed Yahya, actuellement au Cap-Vert pour assister l’Assemblée Générale de l’UFOA A, sont restées vaines.

Entre blanchiment et intox 

Quant au Sud africain, Patrice Motsepe (notre photo), beau-frère au Président Sud Africain, Cyril Ramaphosaet de Jeff Radebe, ministre du gouvernement, la Commission de gouvernance de la CAF, le considère comme une «personne politiquement exposée (PPE) en raison de ses liens familiaux étroits avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC) ». Elle ajoute que « des rapports selon lesquels Motsepe est un contributeur financier majeur à l’ANC ont également été identifiés ». Patrice Motsepe est le fondateur d’African Rainbow Minerals (ARM) et de plusieurs autres sociétés. La Commission de gouvernance de la CAF le présente ainsi comme un «dirigeant d’entreprise sud-africain ayant des intérêts dans les secteurs des mines, des services financiers et du sport».

Un certain nombre de problèmes d’intégrité possibles ont été identifiés. Par exemple, entre autres problèmes, Motsepe et sa sœur, Bridgette Motsepe–Radebe, ont été impliqués dans un scandale d’ingérence politique et de blanchiment d’argent en 2019-2020 au Botswana. Ils ont nié ces allégations. Ses liens politiques et sa richesse apparents l’ont amené à être critiqué par des politiciens de l’opposition et d’autres opposants au président Ramaphosa, ainsi qu’à être pris pour cible par des éléments criminels à, au moins, une occasion »,rapporte la Commission de la gouvernance. Contacté par footafrique.com, la direction de campagne du candidat sud-africain a tenu à préciser que : « les invitations adressées aux présidents de fédérations pour le 50eanniversaire de son club ont été expédiées de son secrétariat personnel et payées naturellement avec son argent propre. » indique notre interlocuteur.

Une démarche qui rappelle l’invitation lancée par le président de la COSAFA, aux présidents de la zone en 2017, un évènement strictement privé et considéré par beaucoup comme un moment charnière de la victoire d’Ahmad Ahmad. Pis, à travers son lien avec la société Assmang Limited, «Patrice Motsepe est lié à des scandales d’intoxication au manganèse et de sécurité au travail vieux de plusieurs décennies». Des scandales ont donné lieu à des enquêtes criminelles sur Assmang Limited, bien que, l’Autorité nationale des poursuites en Afrique du Sud ait annoncé qu’elles n’auraient pas lieu, a précisé la Commission de gouvernance de la CAF. Du côté de Patrice Motsepe, la sérénité est de mise.

Aucune référence à la Oumra

Enfin, un gros point d’interrogation subsiste quant à l’absence de référence, dans les conclusions de la commission de gouvernance de la CAF, à la Oumra offerte par Ahmad Ahmad et pour laquelle il a été suspendu à 5 ans par le Comité d’éthique de la FIFA. «L’enquête sur le comportement de M. Ahmad au poste de président de la CAF entre 2017 et 2019 a porté sur diverses questions liées à la gouvernance de la CAF, dont l’organisation et le financement d’un pèlerinage à La Mecque (Oumra), ses accointances avec l’entreprise d’équipement sportif Tactical Steel et d’autres activités», expliquait la FIFA dans un communiqué. Une sanction prononcée sur les fondements de l’article 20 (Acceptation et distribution de cadeaux ou autres avantages) de l’édition 2020 du Code d’éthique de la FIFA. La stricte application des dispositions dudit article aurait donc dû concerner l’ensemble des invités de Ahmad Ahmad, parmi lesquels, le mauritanien Ahmed Yahya et d’autres candidats au Comex de la CAF, déclarés éligibles par la Commission de candidature de la CAF.

Le renvoi de l’ensemble des dossiers au niveau de la FIFA donnera-t-il lieu à un second écrémage ? Le football africain demeure suspendu à la décision du Comité de gouvernance de Zurich.

 

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