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CAF-CAN : Bah « La météo, la nouvelle exigence »

Nazim Bessol

A l’instar des stades, hôtels… Le facteur météo vient s’ajouter au cahier des charges des candidatures pour l’organisation des prochaines CAN, selon le Secrétaire Général par intérim de la CAF, Abdelmounaïm Bah, dans une ITW accordée à BOTOLA. PAR NAZIM BESSOL

En pleine pandémie du Covid-19, les répercussions de cette crise posent une multitude d’interrogations. Botola a joint le Secrétaire Général par intérim de la CAF, Abdelmounaïm Bah, pour éclaircir certains points de ses dernières déclarations. Une fois n’est pas coutume la Confédération Africaine de Football, tente tant bien que mal de soigner sa communication, qualifiée de « médiocre » par le premier vice-président de la CAF et membre du Conseil de la FIFA, Constant Omari. Ainsi, depuis sa nomination Abdelmounaïm Bah, le Secrétaire Général par intérim de l’instance s’est entretenu à deux reprises (en français puis en anglais) avec les représentants de la presse africaine, accordé une interview à RFI avant d’être l’invité d’une chaîne télé en Égypte ON Time Sports. Et c’est justement cette dernière sortie qui a retenu l’attention de nombreux observateurs, puisqu’il est question des prochaines éditions de la CAN. « J’ai dit que la CAN se joue en juin, à l’exception de l’édition 2021 qui se jouera en janvier à la demande du pays hôte. Il est possible qu’il y ait d’autres exceptions dans le futur. », précise le successeur de Mouad Hajji. Une affirmation surprenante qui confirme la volatilité de la CAN dans les années à venir. En effet alors que les interrogations sur sa périodicité (2 ou 4 ans) sont aujourd’hui au coeur de l’actualité, sa place dans le calendrier international reste à définir, puisque selon le SG par intérim, les exceptions seront prises en compte au coup par coup. Une approche qui risque de porter préjudice à la compétition ne seraitce qu’en matière de visibilité et d’attractivité pour les sponsors.

Une mesure discriminatoire ?

Ce n’est pas tout, puisque au cours de notre entretien le patron de l’administration de la CAF affirme sans détour que pour les prochains appels à candidatures 2027 « la CAF privilégiera les pays capables d’accueillir la compétition en juin ». Une réponse qui demande une compréhension quant au mot « capable » employé par Abdelmounaïm Bah. Est-ce une référence au climat ? La réponse est sans aucune hésitation « oui, le climat ». Ainsi, Il apparaît clairement que le facteur climatique aura toute sa place dans le cahier des charges du dossier de candidature pour l’organisation des prochaines CAN, tout comme les stades, les hôtel, hôpitaux, aéroports…. « Cela sera clairement pris en compte
» explique Bah. Selon lui, le climat ne pourrait constituer un facteur d’exclusion de nombreux pays de la possibilité d’organiser une CAN, mais une sorte de handicap dans le dossier de candidature en indiquant « ne pas parler d’exclusion mais de privilégier ceux qui ont les meilleures conditions climatiques ».

Une place encore à trouver

Coincé entre la nouvelle formule de la Coupe du Monde des Clubs votée à l’una l’unanimité par les six membres africains du Conseil de la FIFA, la pression permanentes des clubs européens, employeurs de la quasi-totalité du contingent des joueurs de la CAN et les considérations climatiques du continent, la CAN doit se trouver une place. Elle n’est plus dans la flexibilité prônée par Ahmad Ahmad qui la fera grandir, bien au contraire. Et jouer au yoyo avec la plus importante compétition du continent ne fait pas très sérieux, pour une instance en manque de crédibilité et de visibilité. La programmation de la CAN a toujours été dictée par le facteur climatique. Son passage de mars/avril à janvier/février était déjà dicté par cet impératif lors du règne de Issa Hayatou. Il est
le fruit d’un compromis avec la Fédération Française de Football, où l’écrasante majorité de joueurs professionnels africains évoluaient. Son déplacement au mois de juin à partir de 2019, même si la réussite de cette édition a été unanimement saluée, il n’en demeure pas moins qu’il fallait programmer les rencontres le soir à 22h, soit l’heure limite pour qu’un match puisse se tenir dans des conditions acceptables. Le souvenir de la rencontre des ¼ de finale Algérie – Côte d’Ivoire, dont le coup d’envoi avait été donné à 16h à Suez nous rappelle également s’il le fallait la difficulté de jouer en après-midi, au mois de juin dans la partie nord du continent. Ailleurs ce n’est pas mieux voir pire…
-NAZIM BESSOL

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