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CAF : Ahmad désavoue Omari

NAZIM BESSOL (BOTOLA)

Nous avons souvent écrit dans ces mêmes colonnes ( ndlr – BOTOLA) que la gestion de la Confédération africaine et les décisions de son Comité exécutif se changeaient le plus souvent au grès du vent. L’annonce mardi dernier de l’annulation de la CAN féminine 2020, un énième caillou dans la chaussure d’Ahmad Ahmad, en est une parfaite illustration. Incapable de la domicilier avant même la pandémie mondiale de Covid-19, la CAN féminine, ramenée à 12 équipes au lieu de 8, est devenue un fardeau. Au contraire du CHAN ou de la CAN 2021 qui ont été déplacés respectivement à janvier 2021 et janvier 2022, la CAN féminine, elle, à tout bonnement été annulée !

La raison d’une telle décision ? la CAF préfère communiquer sur la nouvelle compétition : la Ligue des champions féminine. Une compétition dont la naissance est strictement liée aux fonds débloqués par la FIFA pour le développement féminin. Sinon comment expliquer le revirement à 180° du Comex sur la question ? Le premier vice-président de la CAF, Constant Omari, affirmait au mois de mars dernier à Kinshasa, devant un parterre de journalistes ce qui suit : « pourquoi nous n’avons pas de championnat interclub de football féminin en Afrique ? Cette problématique est posée, si j’ai bonne mémoire, depuis plus de 10 ans. (…) . Voici la réflexion pour qu’il y ait une compétition interclubs africaine, il faudrait qu’il y ait d’abord les compétitions interclubs nationales, lesquelles produisent leurs champions au niveau africain et nous les fédérons dans les compétitions interclubs africaines.»

Pour Constant Omari, il s’agit-là de la triste réalité lorsqu’il poursuit : «Quand vous prenez les 54 Associations membres en Afrique, il n’y en a pas 20 qui ont des compétitions nationales féminines. Toute la problématique est là. L’objectif d’une compétition continentale est de permettre que toutes les Associations nationales puissent participer, sinon 95 ou 98% d’entre elles. Sans oublier que même si vous l’organisait, il existe des Confédérations qui financent elles-mêmes ces compétitions, parce qu’en termes de revenus marketing, c’est très faible. D’autres Confédérations à l’image de l’Amérique du Nord qui bénéficient de retours marketing très élevés. Je prends aussi le cas de l’UEFA. Aujourd’hui ils organisent cette compétition, parce que tout simplement dans tous les pays ils ont une compétition nationale et même professionnelle.»

Constant Omari indique alors que « la réflexion continue au niveau de la CAF, mais notre incitation c’est permettre aux Associations nationales de pouvoir bien organiser la compétition et avoir une moyenne donnée qui justifierait l’organisation d’une telle compétition. » Une situation qui n’a fondamentalement pas changé en quatre mois, puisque ces propos ont été tenus par le 1er vice-président de la CAF, au mois de mars dernier à Kinshasa. Mais l’argent annoncé par la FIFA en faveur du développent du football féminin (500 000$) pour chaque Association a, semble-t-il, rendu le raisonnement de la CAF caduc, puisqu’elle vient d’annoncer la création de la Ligue des champions féminine et l’annulation de la CAN 2020 féminine. Quatre mois après, faire le parallèle entre la déclaration du premier vice-président de la CAF, Constant Omari, et la réalité du terrain s’avère très instructif sur la manière avec laquelle est gérée l’institution. –

NAZIM BESSOL

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