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ALG : Yahia Guidoum, le visionnaire qui a tenté de dégraisser le mammouth

AB LAHOUARI (BOTOLA)

Le regretté ministre de la Jeunesse et des Sports, le professeur Yahia Guidoum, avait déclaré un jour durant son court mandat (2005- 2006) : « Lorsqu’une personne s’accroche à son poste, surtout s’il est dans le bénévolat, il y a lieu de s’interroger et bien plus encore s’il se cache derrière le burnous des instances internationales ». Il visait Berraf (COA) et Raouraoua (FAF) qui allaient durant deux décennies conduire sans aucun contrôle à la catastrophe le sport national. Ce duo avec la complicité des médias des coalisés à la solde (déjà) des isaabistes, soutenaient (déjà) la carte de l’ingérence avec des Assemblées générales adeptes de la soumission volontaire.

A l’origine, des propos de Yahia Guidoum, le décret d’application de la loi 04-10 relatif à l’éducation physique et aux sports qui stipulait que « les élus ne peuvent exercer plus d’un mandat et que le niveau des experts désignés par la tutelle passe de 10 à 30%.» Ce document empêchait d’imposer dans la durée, tout autoritarisme et menaçait le statut de VIP (objet suprême de convoitises) auprès des instances internationales. Il subissait alors une sordide campagne de presse pour qu’il soit abrogé. Il ne le fut pas totalement. Les experts étaient choisis non pas par le MJS mais par les Fédérations nationales, ce qui ne faisaient que renforcer le pouvoir des Berraf et Raouraoua.

Dans la foulée, le duo tentait d’imposer avec zèle la stratégie des instances internationales dont l’objectif était de dissocier le politique du sport et favoriser la corruption à haute échelle. Ces institutions s’attaquaient naturellement aux États les plus faibles et n’osaient pas trop affronter ceux qui ont fait de leur souveraineté nationale, un principe non négociable, en précisant que leurs associations sportives fonctionnaient par délégation. Une ligne rouge à ne pas franchir que notre pays a toujours défendu, jaloux de son indépendance au prix de multiples sacrifices.

Au fil des années, les scandales de corruption avérés ont ébranlé l’univers du sport et poussé les administrations judiciaires des pays à une saine réaction avec le soutien de l’opinion sportive mondiale. Les changements au sein de la FIFA avec l’arrivée de l’Italo-Suisse Gianni Infantino et des Fédérations nationales, comme en Algérie avec Zetchi
Kheïreddine apportaient de la compétence et de la transparence dans la gestion tout en remettant le football au centre des débats. La « maison mère » accordait plus de crédit aux textes juridiques conçus en fonction des spécificités des Fédérations nationales, sans oublier que le jeu à onze servait également à générer de l’argent …

La nouvelle direction de la FAF n’a pas manqué d’apporter des modifications aux anciens statuts avec l’aide des conseillers de l’instance de Zurich. Une réforme est en cours et sera soumise à l’Assemblée générale. Une opération rajeunissement est en approche. Les plus de 70 ans ne pourront plus postuler pour la présidence des instances du football et la limitation à deux mandats sera appliquée… Et tant pis pour tous ceux qui sont contre le renouveau et font dans le rétropédalage. Le ministre- professeur Yahia Guidoum, le visionnaire avait perdu une bataille, mais il a gagné l’estime du monde du football. Il a été le premier à dégraisser le mammouth.

AB. LAHOUARI

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