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ALG : Quel statut pour les lanceurs d’alerte en Algérie ?

Nazim Bessol

Alors que la famille algérienne du football est en pleine ébullition à la suite de la publication sur les réseaux sociaux d’une bande audio où il est question de matchs à arranger, les condamnations sont allées crescendo avec comme point d’orgue, l’intervention du Ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, sur les ondes de la Chaîne III. Ce dernier n’a pas hésité à évoquer une question de « salubrité publique » pour rappeler la gravité de la situation et sans doute l’ampleur de la tâche. Avec cette intervention et celle de la Fédération algérienne de football qui a immédiatement réagi et condamné cette affaire avant de saisir ses organes compétents, avec la suspension à « titre conservatoire » du président de l’Entente Fahd Halfaïa par la Ligue de Football Professionnel (LFP), on peut aisément penser que l’affaire n’est qu’à ses débuts.

Elle devrait prendre une tournure sans précèdent à en croire le MJS, Sid Ali Khaldi, qui promet que «la loi sera appliquée dans toute sa rigueur ». Un engagement en droite ligne avec les dernières décisions du gouvernement et les promesses du Président Abdelmadjid Tebboune. Reste qu’au moment où l’enquête judiciaire doit éclaircir les rôles des uns et des autres dans cette sombre affaire et bien d’autres, la question reste entière quant au rôle d’un lanceur d’alerte. Un statut que beaucoup de pays ont fini par reconnaître officiellement, afin de protéger les personnes à l’origine de dénonciations qui tombent souvent sous le coup de la loi, mais dont la révélation sert l’intérêt public. La «Halfaïa tape » sera-t-elle à l’origine de la reconnaissance du statut de lanceur d’alerte au moment où des consultations autour du projet de la nouvelle constitution sont lancées ? L’Algérie y gagnerait.
NAZIM BESSOL

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