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ALG : Que va faire le MJS avec le décret sur le cumul ? (Nazim Bessol)

Nazim Bessol

Peut-on parler d’un décret obsolète ? Peut-on avancer qu’il s’agit d’un document obscur et irrationnel ? Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, a été saisi par la Fédération algérienne de football (FAF) au sujet de l’application ou plutôt de l’impossibilité d’appliquer le dernier décret exécutif n°21-60 du 13 février 2021. Un texte voulu et présenté en Conseil des ministres afin de lutter contre le cumul dans les instances sportives. Si l’esprit du décret est noble, sa rédaction et sa mise en application place le mouvement sportif national dans une situation de blocage inédite. D’abord, parce qu’il intervient à un moment (février 2021) où l’écrasante majorité des Ligues de football avaient tenu leurs élections, mais aussi et surtout parce que ses effets sur le terrain s’annoncent déjà dévastateurs.

Pour ne rester que dans le football, si l’on part du sommet de la pyramide, le nouveau Bureau Fédéral, avec à sa tête Charaf-Eddine Amara, risque d’être décapité. La moitié des membres 6 exactement devront choisir entre Dely Ibrahim et leurs Ligues respectives. Idem au niveau local puisque les Ligues régionales comptent, elles, deux présidents de Ligue de wilaya et trois représentants des clubs. Mieux, les 48 Ligues de wilaya activent depuis plus de cinq mois et l’ensemble des Bureaux récemment élus tombent sous le coup du décret n°21-60. La stricte application des dispositions de ce décret conduirait, donc, à la dissolution de tous les Bureaux de Ligues et l’organisation de nouvelles élections. Des élections où Monsieur tout le monde peut se présenter, mais pas la famille de la discipline ou les bénévoles qui ont souvent consacré une vie à ce sport.

Dans le rapport de situation, transmis au Ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, à l’origine du décret, la FAF indique que pas moins de 101 membres sont concernés par le cumul au niveau des Ligues. L’application stricte du décret n°21-60 implique automatiquement la révision des statuts non seulement de la FAF, mais de l’ensemble de ses démembrements, afin de respecter le nouveau cadre juridique, né au lendemain de la publication du décret. Ne pas le faire, c’est prendre le risque de laisser les structures du football, de la plus « petite » à la plus grande, évoluer dans l’illégalité et cautionner la violation systématique des statuts. A moins que la réalité du terrain ne rende caduque le texte publié le 13 février 2021 dans le journal officiel, comme c’était déjà le cas du décret 15-340 de 2015, du 06-214 de 2006 et d’autres …

NAZIM BESSOL

 

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