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ALG : Quand l’histoire bégaie, elle régresse ! (Nazim Bessol)

N. BESSOL

Une semaine après la sortie médiatique du président de la FAF, Kheireddine Zetchi, et du sélectionneur national, Djamel Belmadi, à Sidi Bel-Abbès, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid-Ali Khaldi, a rappelé son intransigeance à voir les statuts de la FAF amendés avant l’Assemblée Générale élective. Une décision réitérée et définie dans un cadre réglementaire, mis en place par le MJS au mois de juin dernier via la circulaire datée du 8 juin 2020. Sid-Ali Khaldi avait, en effet, interdit aux fédérations toute modification « dans leurs statuts, règlements généraux et règlements intérieurs à l’approche des Assemblées générales électives » S’il a lâché du lest sur les autres points, notamment le changement du système de compétition, il s’est refusé à tout compromis sur le volet des sanctions prononcées après la circulaire et sur la question des modifications des statuts, un processus entamé à la fin de l’année 2019, comme le rappelle la FIFA dans sa correspondance.

Une position motivée, selon le communiqué du MJS, publié mardi soir, par le souci : « d’équité, de bonne gouvernance et d’éthique .» Si le Zetchi bashing est en vogue et ne s’est jamais démenti, depuis l’arrivée de ce dernier à Dely Brahim, la question de la mise en conformité des statuts dépasse allègrement la personne. Se réjouir, aujourd’hui, d’une telle situation de blocage entre la tutelle et la FAF, tout en soufflant sur les braises, juste pour régler ses comptes avec le président de la FAF, c’est la promesse de lendemains bien sombres. Quand l’histoire bégaie, elle régresse ! Certes, le MJS a toute la latitude de mettre en place un cadre réglementaire et législatif et la FAF est tenue de le respecter.

Tant que c’est de « la cuisine interne », le MJS et la FAF peuvent tout faire ou presque pour des questions de souveraineté nationale, de disposition anticonstitutionnels, d’éthique ou tout autre motif. A ce titre, il est intéressant de rappeler que le COA a instauré la limite d’âge et des mandats dans ses statuts, deux dispositions qui n’existent nulle part dans la législation algérienne, mais dont le CIO a
fait son cheval de bataille. Donc, à partir du moment où il s’agit de s’intégrer dans l’ensemble extraterritorial tel que défini par la FIFA pour ce qui est du football, les limites imposées par cette dernière deviennent contraignantes. Tout comme le MJS, la FIFA a dressé son propre cadre réglementaire pour la validation des AG à venir.

En effet, ne pas le respecter, c’est accepter d’être mis hors circuit. La FAF a été destinatrice d’une lettre à cet effet et quoi qu’en disent les braconniers du Droit, et les conseillers du soir de la place du 1er-Mai, les conditions d’une intervention de la FIFA sont, aujourd’hui, bel et bien réunies. Le spectre des années 90’, avec la mise à l’écart de feu Said Amara (Allah Yarhamou) par le MJS et la visite
du Secrétaire Général de la FIFA de l’époque Michel Zen Rufinen, est bien présent. Ce dernier avait
multiplié les assurances et s’est même fondu d’un « ce fut une belle AG » à Mohamed Laib fraîchement élu, avant de rejoindre Zurich. La suite ? Laib aurait été le président le plus éphémère de la FAF, puisque la FIFA avait exigé et obtenu la tenue d’une nouvelle AGE…

La Fédération algérienne de football, qui a fait savoir par la voix de Amar Bahloul, membre du Bureau fédéral, « (…) qu’elle se retrouve tiraillée entre les exigences de la circulaire du MJS » et «( …) la directive de la FIFA, qui ne veut pas de nouvelles élections sans le changement des statuts », n’a pas souhaité commenter le dernier communiqué du MJS. Fidèle à ses positions, l’instance de Dely Brahim refuse le bras de fer, une voie sans issue pour le football algérien et l’équipe nationale. Pour
Zurich, la priorité est ailleurs…
PAR NAZIM BESSOL

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