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ALG : Les gonfleurs de gandoura

LAFORDASSE (IN BOTOLA)

Le terroir algérien grouille d’adages et de phrases au sens aiguisé. Prenons-en un : les gonfleurs de gandoura. Une phrase imagée qui désigne souvent les laudateurs et les zélateurs de tous bords qui affectionnent les louanges mielleuses envers un roi, un prince ou un haut responsable pour le flatter et le mettre sur un piédestal, et ce pour des ambitions bien précises. C’est ce qui semble arriver au Jeune Ministre de la Jeunesse et des Sports qui, sans rien demander certainement, se voit attribuer toutes les qualités de justicier et de héros de la nation. Le fait d’avoir déposé, par son département, plainte contre X dans l’affaire de l’enregistrement audio (Halfaïa – Saâdaoui), lui a valu le titre d’Eliot Ness, le fameux incorruptible des années Al Capone. Or, il n’a été que dans son rôle, celui de garant de la morale sportive.

Jusqu’ici le décor est idyllique, sauf que la situation n’est pas aussi rose qu’on le pense, car les laudateurs sont des acteurs d’une pièce de mauvais goût. Ils sont une dizaine à passer à l’action depuis quelques semaines, les uns à travers leurs plumes acerbes, d’autres en empruntant la Toile par le biais de vidéos mensongères et diffamatoires, alors que d’autres ont investi des plateaux TV pour s’adonner à des gesticulations théâtrales, le tout avec un seul objectif : tirer sans sommation contre la Fédération et son président Khireddine Zetchi. En d’autres termes, ce sont des négateurs, manipulés en coulisses par des planqués dans les instances internationales dans le seul but de déstabiliser le football national.

Loin de toute paranoïa, la stratégie semble payante sur le coup, mais vite évaporée par le contenu et la consistance de ce qu’ont avancé les soldats de l’empire du mal. Cela est dû sans doute au mauvais casting mené par ceux qui sont toujours derrière le rideau, vu la prestation de mauvais acteurs, tous ayant des choses à se reprocher et traînant plus que des casseroles. D’Omar Ghrib, le sulfureux ancien dirigeant du MC Alger, à Mahfoud Kerbadj, l’ex-patron de la Ligue de football professionnel, en passant par Saou l’ancien président de l’US Biskra déjà condamné dans une affaire de corruption, ils ont tous raté leur sortie. Les couleuvres étaient tellement grosses, que l’opinion a juste grimacé avant de passer à autre chose.

Le lundi 8 juin 2020, c’était jour de fête pour les négateurs qui ont tenu une sortie jubilatoire, annoncée déjà bien avant – ce qui confirme d’ailleurs le complot -, déclarant la fin de Zetchi et de son Bureau. Boum, badaboum ! Puis, c’est le silence total. On s’appelle au téléphone, on échange sur WhatsApp pour connaître les nouvelles du front. Mais rien ne tombe. Bien au contraire, la Fédération, toujours droite dans ses bottes, dépose le projet des Statuts amendés de la FAF au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports. Un affront pour les coalisés, car la FAF n’avait pas à le faire puisque le ministre, dans une circulaire transmise à toutes les Fédérations, a interdit tout changement lors de l’année coïncidant avec le renouvellement des mandats. Or, la FAF n’est non seulement pas concernée, car son Assemblée Générale élective est prévue en 2021, mais le projet d’amendement des statuts a été entamé depuis novembre 2019 et devait passer par l’Assemblée Générale, si ce n’est la pandémie de coronavirus qui est venue le contrarier.

Quant au ministre, il n’a rien dit et n’a demandé à personne de parler à sa place et encore moins de décider. Il est à la tête d’un département de souveraineté et n’a pas à s’abaisser à des jeux mesquins que les gonfleurs de gandoura tentent de l’y inviter. Aussi continuent-ils de souffler, espérant que la bonne ‘’nouvelle’’ viennent de la place du 1er mai. Ils attendront encore longtemps.

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