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ALG : Le bluff et les commérages ont-ils encore de beaux jours ? (AB. Lahouari)

AB. Lahouari

Décidément, le bluff et la manipulation, comme outils de manipulation, ont-ils encore de beaux jours devant eux ? Un article sur les soi – disant secrets d’une rencontre à El-Mouradia avec le Président de la République, Abdelmajid Tebboune, a fait bondir et le sélectionneur national, Djamel Belmadi, avant d’être suivi par un grand éclat de rire. Il s’est demandé comment l’on peut accepter de telles inepties, surtout quand elles sont exploitées par ceux qui ne cessent de ternir l’image de notre pays ? Est-ce une fatalité ?

A l’évidence, il s’agit, ni plus ni moins, d’un ramassis de rumeurs médisantes en forme de « révélations », dictées par une source anonyme et mystérieuse. Par dérision, disons que ce n’est pas tant le contenu du texte qui respire la bêtise et la stupidité, qui a failli étouffer notre Belmadi national, mais la signature de l’auteur. De cette personne, Il en garde un souvenir vivace. Elle lui avait bidonné une interview, alors qu’il était joueur de l’EN et devant une assistance médusée, l’actuel sélectionneur, qui n’a pas sa langue dans sa poche, l’a pourfendu entre ciel et
terre.

Cette fois-ci, cette personne, qui n’a pas sa place depuis fort longtemps dans une rédaction qui se respecte, a monté un scénario- navet, avec des détails qui font dans le sensationnel. Il a annoncé que le sélectionneur a été envoyé par le Président de la FAF, Zetchi Kheïreddine, pour jouer l’intermédiaire auprès du chef de l’État, Abdelmajid Tebboune, afin de le maintenir à son poste. Et, celui-ci, lui aurait opposé un niet catégorique, expliquant que « l’Algérie a besoin de nouvelles têtes qui ne seront pas issues de la îssaba.»

N’est-ce pas une insinuation sournoise, lourde de sens qui vise Zetchi Kheïredine et une accusation gratuite qui relève du pénal ? Ne touche-t-elle pas l’honneur et la dignité d’un homme, quand bien même, derrière le texte se cache le conditionnel et une mystérieuse source ? N’est-il pas gravissime de mettre dans la bouche du Président de la République des paroles qui n’ont pas été portées par un communiqué officiel ? Et, si le département communication de la Présidence n’a pas rendu public cette rencontre, n’est-ce pas qu’il a des raisons ? Des interrogations qui méritent que l’on s’y attarde.

Pour la première fois dans l’histoire du football national, un président de la FAF a décidé de quitter son poste, parce qu’il n’était pas d’accord avec une démarche qui risque d’être suicidaire. Il n’a pas été écouté. Pire, tout juste s’il n’a pas été traité de « traître». Et pourtant, aucun algérien ne peut nier que durant son mandat, il a servi loyalement son pays. Aucun algérien ne peut ignorer ses réformes et ses brillants résultats. D’ailleurs, n’a-t-il pas reçu un vibrant hommage des champions d’Afrique et du sélectionneur national (voir Lu, Vu et Entendu) à la fin du match contre le Botswana ? Ne l’ont-ils pas associé à leur merveilleux parcours ? Des images fortes qui dérangent !

Zetchi Kheïreddine a marqué son passage à la FAF et placé la barre trop haute. Ce départ l’a rendu plus populaire que jamais. Il s’est inscrit en lettre d’or dans une page de l’Histoire du football. S’il le souhaite, il reste l’avenir et mérite le respect, à l’inverse de tant d’autres qui ne font pas (hélas !) le même métier que leurs confrères. Mais, est-ce de leur faute ?
– AB. LAHOUARI

LE + D’INFOS

La FAF a déjà déposé des plaintes contre l’auteur, depuis plusieurs mois, auprès de l’organisme chargé de la cybercriminalité de Bab Ezzouar pour des articles mensongers sur Facebook. Par ailleurs, plusieurs autres plaintes sont à l’étude auprès des tribunaux d’Alger pour «diffamation». Un seul verdict a reconnu une diffamation et l’a assortie d’une amende. – BO

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