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ALG : La grande braderie algérienne (Djamel Ouaglal)

Djamel Ouaglal

A chaque fin de saison et dès l’ouverture du mercato, que ce soit durant la session de l’été ou celle de l’hiver, le championnat algérien enregistre un départ massif de beaucoup de ses joueurs vers des championnats étrangers, notamment vers la Tunisie ou les pays du Golfe.

La particularité de ces mouvements migratoires, c’est qu’ils s’opèrent sans que les clubs ne bénéficient du
moindre centime, alors que la majorité d’entre-eux souffre sur le plan financier et affiche d’énormes manque
à gagner. En effet, les joueurs, qui ne sont que rarement payés, attendent l’expiration de leurs contrats pour se
libérer et choisir la destination de leur choix. Cette saison, Houssam-Eddine Ghacha, l’un des meilleurs joueurs du championnat national sous les couleurs de l’ES Sétif, a ouvert le bal, en s’engageant avec le club turc d’Antalyaspor. Ce dernier n’a versé aucun dinar comme indemnité de transfert, tandis que le manager de la transaction s’est goinfré. L’Entente de Sétif ne pouvait aucunement empêcher son joueur de partir, alors que le championnat algérien n’a pas encore baissé le rideau. Il n’avait aucun moyen pour le retenir. Idem pour son coéquipier en club, Youcef Laouafi qui a rejoint le club tunisien de l’ES Sahel. Il a signé un contrat de trois ans.

Un énorme manque à gagner pour les clubs

Le seul bénéfice pour le club sétifien est que les deux joueurs ont cédé leurs arriérés salariaux qui s’élèvent à
environ 3 milliards de centimes (pour les deux). D’autres joueurs n’attendent que la fin de la saison pour aller
monnayer leur talent ailleurs. Le dernier en date est le meneur de jeu du CR Belouizdad, Amir Sayoud, qui vient de s’engager avec le club saoudien d’Al-Ta’ee Ha’il. Le club de la Division 1 saoudienne de football a annoncé l’arrivée de l’international algérien A’ pour un contrat de deux saisons. Il faut dire que Sayoud ne pouvait pas refuser une offre aussi alléchante, même s’il est l’un des plus gros salaires du championnat algérien. Badr-Eddine Souyad, le défenseur de la JS Kabylie, qui arrive à terme de son contrat avec les Canaris, ne devrait pas tarder à rejoindre le contingent de footballeurs algériens ayant quitté le championnat national sans aucune indemnité de transfert.

L’exception Paradou

Ils sont des dizaines en Tunisie et dans les différents championnats des pays du Golfe. Le seul club qui déroge
à la règle est sans conteste le Paradou AC. L’équipe de l’ancien président de la FAF, Kheïreddine Zetchi, vient
de transférer deux joueurs cet été en Belgique. Adam Zorgane et Abdelkahar Kadri ont renfloué les caisses du club avec environs 3 millions d’euros, faisant de cette école du Paradou une véritable mine d’or. D’autres joueurs sont également pressentis pour quitter le club vers des destinations européennes, à l’image de Hamza Mouali. Il faut savoir que le PAC est le club qui a le plus transféré et prêté des joueurs durant les 10 dernières années. Le club algérois a généré des millions d’euros dans les transferts des joueurs, comme Atal, Bensebaïni, Boudaoui, El-Mellali, Benguit, ou encore des prêts à l’instar de Naïdji. Mais, cet exemple dérange plus qu’il ne sert comme exemple. Et pourtant, les dirigeants de clubs doivent prendre cette formation comme exemple, s’ils veulent tirer le football algérien vers le haut et vers la transparence.

DJAMEL OUAGLAL

 

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