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ALG : Les influenceurs de malheur et le modèle Paradou (Lafordasse)

LAFORDASSE

Le rideau est tombé sur les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, décalés à 2021 à cause de la pandémie du
coronavirus et de ses variants qui ont bouleversé la planète, sans toutefois remettre en cause la tenue du grand rendez-vous sportif planétaire. C’est donc l’heure du bilan pour toutes les nations. Le grand déballage dans lequel l’Algérie n’y échappe pas avec une certaine amertume, car depuis 2004 et les JO d’Athènes, jamais notre sport n’avait atteint une telle déconfiture. Mais, qui aura la lourde charge de faire le bilan ?

Le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Comité olympique algérien (COA), les fédérations, les clubs… ? Sont-ils capables d’établir un véritable check-up de nos disciplines sportives, notamment celles qui nous ont prévalu des consécrations et des joies, voire de la fierté par le passé ? Faut-il confier cette mission pertinente, dont dépendra l’avenir, à un Comité d’experts choisi pour ses compétences et ses connaissances, capables de situer les maux et en déterminer les remèdes ? Car il s’agit d’une affaire d’experts désintéressés, dont le niveau international serait souhaitable, associés des compétences nationales qui ont pris la peine de se perfectionner et non de se rouler les pousses, parfois durant une dizaine d’années, en attendant d’être choisies selon des affinités douteuses.

Il n’y a pas de honte à le dire et encore moins à le faire. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe ailleurs pour s’en inspirer et adapter les approches à nos contextes et à nos moyens. La Chine en est un exemple parfait. Ce pays a réussi à bousculer la hiérarchie et l’hégémonie du duo États-Unis – Russie, en s’adjugeant la deuxième place – à la différence d’une médaille d’Or des USA -. Même des pays comme la Moldavie, le Botswana, le Koweït, le Qatar, la Syrie, voire le Bahreïn, ont réussi à décrocher au moins une médaille, mais sans l’Algérie. Le plus grand pays d’Afrique, avec ses 43 millions d’habitants et une diaspora sportive, dynamique, en perpétuelle formation – perfectionnement et qui a toujours montré son attachement à la mère patrie.

Sur les réseaux sociaux, des internautes, qui ne manquent pas d’humour, lancent depuis les Jeux de Tokyo des appels parodiques à … Kheïreddine Zetchi, l’ancien président de la FAF et patron du Paradou AC et à son frère Hassan, pour créer … des académies dans d’autres disciplines, à l’image de leur école d’El Ankaoui qui exporte
régulièrement des footballeurs vers l’étranger et alimente doucement mais sûrement les différentes sélections nationales. On ne cessera jamais de le dire. Elle fait la fierté de notre football national, et on ne peut oublier que des champions d’Afrique en titre sont sortis de cette académie (Bensebaïni, Atal et Boudaoui ou encore, Zorgane, Kadri) dont plusieurs clubs de nos voisins et des clubs nationaux font le marché chez elle pour se renforcer.

A l’évidence, l’idée n’est pas aussi saugrenue. Des académies dans d’autres disciplines sportives, sur le même modèle du Paradou, pour remettre sur scelle le travail de formation à la base avec des compétences avérées, des moyens, des processus et des méthodes à la pointe de la technologie, ne serait-ce pas la bonne solution ?
Étant donné que les sports, scolaire et universitaire, sont pratiquement sinistrés, eux qui par le passé fournissaient le plus gros de nos contingents de l’élite, n’est-il pas temps de lancer, et très vite, la réflexion sur le devenir de la pratique sportive de masse des disciplines dites mineures dans notre pays ? Ne fautil pas revoir leurs infrastructures ? Ne doit-on pas les intégrer au niveau des APC et exclure les clubs de football ?

Le passage d’un ministre, Sid Ali Khaldi, pour ne pas le nommer, à la tête d’un secteur dont il ne connaît ni les tenants et encore moins les aboutissants, a été dramatique. Un des plus brillants entraîneurs du monde d’athlétisme, Mahour Bacha, n’est pas dans l’erreur lorsqu’il désigne « Khaldi et Hammad (ndlr – Président du COA) comme responsable de l’échec du Tokyo. » Seulement voilà, ont-ils agi seuls ? N’est-ce pas les conséquences d’une politique sportive dans sa globalité, inadaptée à la réalité ? Toutefois, le MJS a une grande part de responsabilité. Il a commis une grossière erreur, en fermant les stades et autres salles de sport, privant des dizaines d’athlètes de s’entraîner et de se préparer. Il n’a pas été à l’écoute des techniciens. Il s’est enfermé dans son bureau de la Place du 1er-Mai, tout en poursuivant une ‘’guerre’’ à tous ceux qui attiraient son attention sur les conséquences désastreuses de ses décisions.

Le MJS a préféré faire du neuf avec du dépassé, en écoutant les forces occultes et les influenceurs de malheur, pour placer X ou Y à la tête d’une fédération, barrer la route à d’autres, et bien d’autres transgressions.
Aujourd’hui, le résultat est tel que le Mouvement Sportif National dans son ensemble se dirige vers les abîmes. Un sursaut du nouveau gouvernement est attendu pour revoir la politique sportive du pays. L’exemple du Paradou des frères Zetchi (notre photo, Zetchi Kheïreddine ex-président de la FAF) , une référence sur le plan international, doit être une des pistes à étudier quant aux prochains Jeux Olympiques qui vont se dérouler à Paris, leurs préparations doivent commencer aujourd’hui. Alors, au travail !

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