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ALG : Ahmed Bessol,un visionnaire qui s’ignore

YANIS B

La question de l’instauration du football professionnel ne date pas de 2010. Au tout début des années 1990, la seconde réforme du football avait permis un riche débat dans les médias. Ahmed Bessol, journaliste-écrivain qui était membre du Bureau Fédéral de la FAF en 1989, a été un visionnaire. Voici une ITW qu’il avait accordé à un quotidien national, le 24 avril 1991, soit, il y a une trentaine d’années et dans laquelle, il déclarait : « La FAF ne peut être un parti politique, un lobby ou une caste et ne peut s’inspirer de l’article 120 », ou bien « l’Assemblée Générale n’est pas une bande de Beni-oui-oui ! le foot doit revenir à ceux qui le pratiquent ». Et pourtant, elle ( ndlr-la FAF) l’a été durant deux décennies sous la direction de Mohamed Raouraoua et sa bande, soutenus par des journalistes pique-assiettes et des issabistes de tous bords. Morceaux choisis de cet entretien.

Comment la FAF vit la réforme du sport ?

« La FAF vit tout sauf la réforme du sport. (…) je trouve scandaleux que les clubs qui ont des problèmes financiers monstres continuent à accepter la retransmission des matches sans que ne soit signée la convention entre l’ENTV et la FAF. Cela fait maintenant deux ans que cela dure, malgré les recommandations de l’Assemblées Générale. Je trouve scandaleux que le Conseil fédéral ne soit pas associé régulièrement aux décisions. Sous prétexte qu’il y existe des éléments dérangeants. Alors on préfère les éviter. Je trouve scandaleux que les cartes d’entrée délivrées par la FAF et les Ligues ne soient pas valables. Mais où va-t-on ? ».

Vous appelez à la révolte ?

“C’est un discours que l’on me tient souvent (rires). Ça ne me gêne pas du tout de faire dans la révolte pour battre en brèche l’inertie, l’opacité dans la gestion du foot clanisme. Du reste, j’en appelle à la mobilisation des présidents de clubs qui doivent comprendre que sans la création d’une association qui défend leurs intérêts, ils n’iront pas très loin. (ndlr-un mois plus tard l’ANCF était créée avec Ali Tihanouti comme président). Il en est de même pour les entraîneurs, les arbitres. Ils seront certainement des partenaires privilégiés – et non des adversaires – de la FAF pour faire avancer l’idée d’une vision moderne du football. Le football doit revenir à ceux qui le vivent au quotidien avec tous ses problèmes. Je ne veux pas être méchant, mais il y a au “BF” des personnes qui ne mettent jamais les pieds dans un stade. Je me fais un devoir d’assister le vendredi à des rencontres d’inter-wilaya ou de jeunes. Des arbitres, surpris à ce que je leur rende visite le temps d’un match, peuvent en témoigner ».

Le professionnalisme est-il possible selon vous ?

“Le professionnalisme ne s’instaure pas à coup de décrets, il se fait par les clubs et pour les clubs (…). La Fédération ne peut être dirigée comme un parti politique. Elle ne peut être gérée ni par un lobby ni encore par une caste animée d’esprit revanchard. Elle se doit de servir et de protéger les intérêts du football, et uniquement les intérêts du football. La Fédération doit accueillir tous ceux qui sont en mesure d’apporter leur contribution au développement de la balle ronde.”

Ce n’est donc pas le cas ?

“Hélas par les temps qui courent, je m’aperçois que dans le monde du sport (je ne vise pas seulement la fédé), l’exclusion et l’anathème sont à la mode. Il reste que, pour moi, la lutte continue pour faire prévaloir une vision moderne du football.”

 

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