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ALG : A eux tous, une reconnaissance éternelle

NAZIM BESSOL

L’histoire de l’humanité est jalonnée de moments charnières, celui des nations ne fait pas exception. A l’heure où une nouvelle page semble s’écrire sous nos yeux, après l’éruption du Covid-19, une pandémie globalisée dont l’issue reste toujours inconnue, le devoir de mémoire prend toute sa place. En ce 13 avril 2020, la glorieuse équipe du FLN fête ses 62 ans. Une formidable épopée de jeunes et de dirigeants visionnaires et stratèges dont beaucoup nous ont quittés, a indéniablement participé à changer le cours des évènements. En ce printemps 1958, la France coloniale ne pouvait que constater l’ampleur des dégâts causés par la «désertion» de plusieurs joueurs professionnels algériens qui évoluaient dans les principaux clubs du championnat de France (AS Saint-Etienne, Le stade de Reims, Monaco, Nice…).

Ils ont rejoint la Tunisie pour constituer et écrire l’une des plus belles pages de la lutte de libération nationale et du football mondial. Munis de leurs seuls souliers, leur talent et une soif d’indépendance, ils sont partis plaider la cause algérienne et la lutte de libération nationale sur les terrains des pays amis. «Jetez la Révolution dans la rue et elle sera portée à bras le corps par tout le peuple», disait le Chahid, Larbi Ben M’hidi, une des principales figures de cette lutte sans merci contre la domination et l’aliénation. Près d’une année après son assassinat par la France
coloniale, les dirigeant du FLN ont choisi de jeter cette révolution dans les terrains de football et la balle était prise au rebond par des joueurs qui ont tout quitté, pour des lendemains incertains.

Un coup de maître, qui au-delà du choc provoqué à quelques mois de la Coupe du Monde 1958, à laquelle devait prendre part certains de nos héros, sous les couleurs de la France, avait mis la lutte de libération nationale au centre des débats, en métropole. La « question algérienne » ne pouvait plus être occultée, elle sera même à l’origine de l’instabilité institutionnelle de la IVème République et du retour du Général de Gaulle, le père de la Vème République.
Ni la FIFA, qui a refusé de reconnaître cette sélection et d’enregistrer ses résultats, ni la France impériale n’ont réussi à ébranler la détermination et l’impact de cette équipe talentueuse sur le cours de l’histoire.

Quatre ans après le déclenchement de la lutte de libération nationale, cette noble et juste cause avait trouvé ses ambassadeurs. Mais comment ne pas avoir une pensée pour tous ceux qui ont fait le choix de rester au pays après l’appel au boycott des clubs musulmans par le FLN en 1956. Des dizaines de joueurs talentueux ont choisi de ne pas tenter une carrière professionnelle, alors qu’ils avaient tout le bagage footballistique pour le faire ? Les Boudjellal,
Si Kouider Bendjahen, Baghli (international B) et Sabi vainqueurs de la Coupe d’Afrique du Nord, Aftouche Rachid…Certains sont morts en chouhada : Souidani Boudjema, Boudjelall Ahmed… Ils ont fait rêver toute une génération. A eux tous, une pieuse pensée et notre reconnaissance éternelle. – NB.

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