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AGE : La CAF sous le feu de la FIFA

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, fait passer des nuits blanches au clan du candidat déclaré, Ahmad, qui brigue un second mandat à la tête de la CAF. Le top management de la CAF est sous le feu de la FIFA

La CAF est nouvelle fois dans la tour- mente. Au mois de février dernier, soit quelques jours après la décision du Comex de la CAF de ne pas recon- duire la mission de Fatma Samoura en tant que Déléguée générale de la FIFA en Afrique, le rapport d’audit générale de la CAF, commandé par la Sénégalaise fuitait dans les médias.

La grosse colère de Gianni Infantino

Le président de la FIFA, avait alors quitté Rabat très remonté, pour assis- ter à Budapest, au congrès de l’AIPS. Interrogé sur la gestion de la CAF, il n’a pas caché son mécontentement. Il s’est senti trahi. «Nous avons eu de graves problèmes en Afrique et cela doit changer », a précisé le président de la FIFA. La CAF doit selon lui respecter « les éléments de base de la bonne gouvernance.» Le patron du football mondial n’a pas non plus hésité à menacé directement Ahmad Ahmad, le président de la CAF. « J’espère que la CAF a réalisé que je vais être sévère contre la corruption », avait lancé l’Italo-Suisse.

Des démissions à la pelle

Huit mois après, les consultions du rapport d’audit du Cabinet PwC – dont Botola détient une copie – sévèrement critiquées par le marocain Faouzi Lekjaa, deuxième vice-président de la CAF et président de la Commission des Finances a senti l’épée de Damoclès sur sa tête. Dans la foulée de la publication des conclusions du rapport, le Secrétaire général, Mouad Hajji démissionnait. Officiellement pour « raisons personnelles » avant de se retrouver coordinateur général de la Fédération Royale marocaines ! Son second à la CAF, Anthony Baffoe, avait décliné la proposition d’Ahmad Ahmad de l’installer à la tête de l’administration.

500 000 dollars pour les associations membres

Depuis le Malgache, s’efforce de «vendre» un bilan des plus positifs contre vents et marées, aidé en cela par des agences spécialisées. Avecun dé cit record de plus de 17 M$, en 2019, un chiffre qui devrait s’ag- graver pour le dernier exercice, la CAF sans revenue depuis la rupture unilatérale du contrat d’agence avec Lagardère Sport a tout de même fait preuve de générosité en pleine pan-démie de COVID-19, en distribuant 500 000$ pour chaque Associationmembre. Des cadeaux préélectorauxqui risquent de ne pas suf re à lareconduction de Ahmad Ahmad à la tête de l’instance.

Une candidature fragilisée

Candidat annoncé pour un second mandat, Ahmad Ahmad doit selon la BBC, passer le test du Comité d’éthique de la FIFA. Et il n’est pas le seul, son premier Vice-Président, le Congolais, Constant Omari, et l’Égyptien, Hani Abu Rida, tous deux membres du Conseil de la FIFA et du Comex de la CAF, sont aussi concer- nés. Ils ont tous les deux, tout commeleur patron, béné cié en 2018 d’unedouble rémunération CAF/FIFA, lorsde la Coupe du Monde 2018, commel’avait annoncé Botola en juillet2019. Un cumul que l’instance mon-diale interdit et pourtant justi é dansun premier temps par « une décision du Comité exécutif », selon Constant Omari. Devant notre insistance et en l’absence du moindre PV pour étayer cette version, ce dernier a fini par nous expliquer, au mois de mars passé, que l’argent avait été remboursé à la CAF.

De lourds soupçons contre Abu Rida

Hani Abu Rida, pas que. L’ancien pré- sident de la Fédération égyptienne de football, est aussi soupçonné d’avoir enfreint le code de l’éthique de laFIFA, lors de sa campagne en 2017 pour siéger au conseil de la FIFA. Mieux, plusieurs médias et d’anciens responsables du football égyptiens lui demandent des comptes sur l’utilisa-tion des 250 000 $ que la FIFA avaitversés aux familles de victimes, après les graves incidents de Port Saiden 2012. De nombreuses victimes assurent n’avoir jamais béné cié dela moindre aide de l’EFA.

Un budget à la dérive

Enfin, Fawzi Lekjaa, 2e Vice-pré- sident de la CAF, le véritable décisionnaire, surnommé le « président bis » dans les arcanes de la cité du 6 octobre, pourrait aussi faire les frais d’une gestion financière catastrophique de l’instance continentale. Membre du Comité exécutif et du Comité d’urgence de la CAF depuis l’arrivée de Ahmad Ahmad à la tête de l’instance, il est donc tout aussi responsable de violations répétées, notamment dans le processus de prise de décision. En plus d’avoir laissé le déficit de la CAF dépasser les 17 millions de dollars, il a aussi participé et entériné des décisions prises par le Comité d’urgence, sans jamais être validées par le Comité exécutif, comme le prévoient les statuts de la CAF. Et dans ce chapitre, les exemples ne manquent pas !

– NAZIM BESSOL (in Botola)

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