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CAF : L’appel de Musa Bility au Conseil de la FIFA (exclusif)

Red - Yanis B

L’ex-patron du football libérien, Hassan Mussa Bility, membre du Comité exécutif de la CAF, « banni » la semaine dernière par le Comité d’éthique de la FIFA, ne compte pas baisser les bras.

Interdit d’exercer toute activité liée au football pour les dix prochaines années, par le Comité d’Ethique de la FIFA, Mussa Hassan Bility, ne compte pas s’arrêter dans la lutte qu’il a engagée contre le président de la CAF, Ahmad et sa catastrophique gestion. En février dernier, il avait été le premier et le seul membre du Comité exécutif à tirer la sonnette d’alarme en démissionnant de la commission d’organisation du CHAN et en se retirant du Comité d’urgence pour dénoncer Ahmad qu’il accuse « d’abus de pouvoir et d’autoritarisme ». Il avait à l’époques déjà, près d’un mois avant que Botola ne publie les documents du contrat Puma et la firme Tactical Steel, saisi ses collègues et pris l’opinion publique à témoin « Je ne peux plus supporter le fait de travailler à ces postes face aux lubies et aux caprices d’un président qui, je pense, est en train de diriger cette noble institution dans la mauvaise direction » écrivait Mussa Bility dans sa lettre. Des accusations de mauvaise gestion confirmées, lors de la dernière assemblée générale de la CAF, par Ahmad Ahmad, qui a expliqué
faire appel à la « maison mère» la FIFA pour remettre la CAF sur
les rails. Un aveu d’échec et un constat sans appel du premier responsable

Action, réaction

Cet appel que la CAF et la FIFA, s’acharnent à vouloir revêtir du trop juste costume de la légalité, se heurte à l’action entreprise (un jour avant d’être radié par la FIFA) par Hassan Mussa Bility, en tant que membre du Comité exécutif de la CAF auprès du TAS Lausanne. Selon Bility, c’est bien cette procédure qui lui vaut d’être lourdement sanctionné (10 ans d’interdiction d’exercer toute activité liée au football et 500 000Francs Suisse d’amende) par la FIFA. « De toute évidence, tout le monde a pris acte pour considérer le fait que la décision sur mon affaire a été rendue à peine 24 heures après le dépôt de ma demande d’arbitrage devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin de contester la décision de coopération entre la FIFA et la CAF. Ce qui impliquerait que la FIFA prenne en charge la gestion des affaires de la CAF à compter du 1er août 2019. La décision du Comité d’éthique a été prise le 12 février 2019, mais n’a pris effet qu’après la tristement célèbre assemblée générale de la CAF, du 18 juillet 2019 au Caire, où j’ai exprimé mes objections à la ‘prise de contrôle de la CAF par la FIFA en présence du président de la FIFA, Gianni Infantino » explique celui qui est perçu comme un trublion dans les couloirs de la CAF.

Une justice à deux vitesses ?

Aux yeux de Mussa Bility simultanéité du verdict du Comité d’éthique de la FIFA et de son action auprès du TAS Lausanne, n’est pas fortuite. Dans la mesure où la sanction est tombée 24h après la saisine du tribunal arbitral, ce qui « soulève de sérieuses questions quant à l’indépendance et à l’impartialité de la Commission d’éthique de la FIFA» écrit l’ancien président de la Fédération libérienne de football. Sans citer Ahmad Ahmad, il fait pourtant clairement référence à lui en évoquant les sanctions prises par la FIFA contre l’ancien argentier qatari Mohamed Bin Hammam. « l’Afrique a assisté horrifiée à l’abus des pouvoirs de la Commission d’éthique et à l’application sélective du Code d’éthique de la FIFA. Par exemple, la Commission d’éthique de la FIFA a rapidement réagi en sanctionnant à vie, Mohammed Bin Hamman et son assistant personnel, Najeeb Chirakal, pour des allégations de corruption remontant à 2009. » Avant d’évoquer le cas de l’ancienne gloire du football Zambien Kalusha Bwalya. « L’ancien président de la Fédération zambienne, Kalusha Bwalya, a été frappé de deux ans d’interdiction, cependant, d’autres dirigeants africains du football, qui figuraient en bonne place dans la ‘liste de la honte de Bin Hamman’ continuent à opérer à la fois à la CAF et à la FIFA, et sont apparemment sûrs que ces enquêtes sur l’éthique de la FIFA ne verront jamais la lumière du jour» poursuit-il

Départ immédiat d’Ahmad Ahmad

Conscient qu’il ne peut faire bouger les choses à lui seul, Mussa Bility, interpelle les membres du Conseil de la FIFA. « Le président de la CAF, Ahmad Ahmad, a été arrêté à Paris le 6 juin 2019 pour des raisons financières, tout en procédant à des enquêtes sur les questions d’éthique de la FIFA suite à des accusations d’irrégularités financières et de harcèlement sexuel. Que pensent les autres membres du Conseil de la FIFA qui siègent avec une personne accusée de crimes graves tels que le harcèlement sexuel ? Le Conseil a-t-il été informé de l’état d’avancement de l’enquête par un organisme français compétent, tel que l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), au sujet des opérations financières à la CAF ? » s’interroge Bility. Il n’épargne pas non plus le service conformité de la CAF « compliance» puisqu’il s’interroge sur le fait qu’un personnage comme
Patrice-Edouard Ngaissona soupçonné de crime contre l’humanité avant d’être interpellé et traduit devant la Cour pénale internationale (CPI) a pu siéger comme membre du Comité exécutif de la CAF « À la CAF, le Comité exécutif de la CAF a admis une aberration similaire en permettant l’élection de Patrice-Edouard Ngaissona de la République centrafricaine (RCA) au Comex, alors que pesaient sur lui de graves accusations de crimes contre l’humanité pendant la guerre civile dans ce pays. La CAF et la FIFA ont ouvertement ignoré le fait que Ngaissona avait été empêché de se présenter à la présidence de la RCA en 2015 pour son rôle présumé dans les atrocités. » souligne Bility.

Une demande de réunion du conseil de la FIFA

Pour l’ex-candidat à la présidence de la FIFA, l’urgence de la situation impose une réunion dans les plus brefs délais du Conseil de la FIFA, pour se pencher sur l’avenir de la CAF et de son président. « Dans l’état actuel des choses, la Commission d’éthique de la FIFA semble répondre aux caprices politiques des responsables de la FIFA, la privant de son indépendance et de son impartialité dans l’exécution de son mandat. Ainsi, j’appelle en urgence les membres du Conseil de la FIFA à :
1. Convoquer une réunion pour traiter du statut du football africain et recommander le départ immédiat du président de la CAF, Ahmad Ahmad, en attendant l’achèvement des enquêtes de la Commission d’éthique de la FIFA et d’OCLCIFF.
2. Reconstituer la Commission d’éthique de la FIFA avec des personnes qui ont une réputation de compétence et d’indépendance.
3. Attirer formellement l’attention du Comité d’éthique sur l’ordre
faussé des enquêtes et arbitrages. À ce jour, tous les cas liés au scandale de corruption de Mohammed Bin Hamman en 2009 auraient dû être réglés. » conclut Bility.

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