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CAF : Les vérités d’Amr Fahmy

Nazim Bessol

Après des mois de silence, l’ex-secrétaire général de la CAF, Amr Fahmi a décidé, dans un entretien accordé au quotidien égyptien Al-Shorouq, d’apporter ses précisions sur la gestion de la CAF et la situation du football africain.

En guerre larvée avec l’ex-président de la Fédération égyptienne de football et membre du Conseil de la FIFA et du Comité exécutif de la CAF, Hani Abu Rida, Amr Fahmy a d’emblée mis les points sur les « I ». Concernant le dossier de candidature de l’Egypte pour l’organisation de la CAN 2019 qui vient de se terminer avec le sacre de l’Algérie, l’ex-secrétaire général de la CAF explique : « C’est l’Etat égyptien en tant que tel, qui doit être félicité et remercié pour la réussite de cette compétition avec une organisation de haut niveau. J’avais rencontré le ministre des Sports, Ashraf Sobhi, au mois de janvier à Paris et nous avions discuté des modalités et des points importants à mettre en avant pour convaincre les membres du Comex. Le plus important était d’avoir les garanties de l’Etat égyptien et son engagement, ce que l’Afrique du Sud n’a pas fait. Un engagement qui a fait à remporter l’organisation de la CAN à l’Egypte avec une écrasante majorité, non pas grâce au travail d’un homme », explique Amr Fahmy

Accord de siège

Questionné sur les récentes déclarations du gestionnaire de la CAF, Ahmad Ahmad, qui fait de la question de l’immunité diplomatique le point central la négociation de l’accord de siège, Amr Fahmy estime : « Laissez-moi juste préciser une chose, mettre cette question en avant pour menacer de déplacer le siège de la CAF ailleurs est un ‘épouvantail’ brandi par les corrompus qui souhaitent disposer protection à l’internationale », lance l’ex-numéro deux de l’instance. Concernant la deuxième partie du dossier de l’accord de siège qu’agite Ahmad Ahmad, pour faire pression sur les autorités égyptiennes, il concerne les employés étrangers de la CAF. Cette dernière souhaite augmenter leur proportion et la ramener à 50% du personnel et exige donc des facilités de la part du pays hôte. A ce propos, les choses sont très claires
pour Fahmy « les Confédérations continentales bénéficient du même traitement réservé aux multinationales soumise au droit du pays sur lequel se trouve leur siège. J’en veux pour preuve le cas des responsables de la FIFA qui sont soumis au droit suisse. En ce qui concerne les employés, il est tout à fait normal que la majorité des employés soit des nationaux. 60% du personnel de l’UEFA sont Suisses. » Enfin, répondant à l’éventualité de voir le siège de la CAF changer de pays, Amr Fahmy ne semble pas donner beaucoup de crédit à cette hypothèse « Cette question doit être discutée en Comité exécutif et soumise au vote de l’Assemblée générale. Elle doit recueillir 75%+1 des votes exprimés exprimés, un pourcentage très élevé et l’Egypte bénéficie du soutien de nombreux pays africains », conclut Amr Fahmy.

Le dossier déposé auprès du Comité d’éthique

Passé de secrétaire général de la CAF à lanceur d’alerte, Amr Fahmy, continue à pointer les dysfonctionnements de l’instance et explique sa démarche. Il ne compte pas s’arrêter
en si bon chemin « la première étape, c’était le dossier de corruption administrative et un comportement inacceptable déposé au niveau du Comité d’éthique de la FIFA. « J’ai
également engagé des poursuites contre la CAF devant les tribunaux égyptiens parce que la décision de me renvoyer avait été prise illégalement, et de façon arbitraire pour des raisons obscures. Le Comité exécutif était censé être informé avant la décision », affirme l’Egyptien. Enfin, il tient à rappeler la gravité des faits qui pèsent sur Ahmad Ahmad qui bénéficie toujours de la présomption d’innocence. « Les enquêtes déclenchées en France sur Ahmad Ahmad, portent comme l’ont rapporté les médias français sur des faits de blanchiment d’argent. L’entreprise française est soupçonnée de fraude fiscale après avoir transféré de l’argent par l’intermédiaire de banques égyptiennes, puis à Abou Dhabi et en Suisse, les autorités judiciaires françaises ont alors appelé les trois pays mentionnés (Égypte, Émirats arabes unis et Suisse) pour aider à vérifier ces accusations. » conclut l’ex-secrétaire général de la CAF.

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