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CAF : Ahmad a-t-il bradé la CAN 2019 ?

Red - Nazim Bessol

La CAF se félicite, par la voie de son gestionnaire Ahmad Ahmad, des recettes «astronomiques» (83 M$) générées par la première édition à 24 équipes de la CAN. Une somme, certes, en net augmentation par rapport aux éditions mises en avant par la CAF à titre de comparaison (CAN 2015 et 2017), mais qui cachent mal, selon l’ancien secrétaire général de l’instance, Amr Fahmy, le manque à gagner de la CAF. En se basant sur un calcul simple, celui du passage de 16 à 24 équipes, donc de 32 à 52 matches, Fahmy explique que les recettes de la CAN 2019 auraient dû atteindre au minimum les 100 M$. Toujours selon l’ex-numéro deux de l’instance, la CAN 2015, avec 32 matchs, a rapporté 50 M$, une somme qui a atteint les 67 M$ en 2017 au Gabon, soit une augmentation de 13,4%. Or, l’augmentation du nombre de match aurait dû générer effectivement des recettes nettement supérieures à celles annoncées aujourd’hui par Ahmad Ahmad. En effet, avec une CAN à 24 équipes, soit une augmentation de 15% des effectifs, les recettes générées par la compétition phare de la CAF a connu un repli de ses recettes de 13,4% entre 2015 et 2017 à 12,3% en 2019.

Qu’est ce qui explique un tel repli ? Pour beaucoup d’observateurs, la CAF n’a pas su commercialiser ou renégocier les matchs supplémentaires avec le groupe Lagardère. Puisque si l’on s’amuse a rapporter les gains annoncés par Ahmad Ahmad (83 M$), au ratio-match, même s’ils ne sont pas tous de la même valeur commerciale, on s’aperçoit là aussi, qu’il est passé d’environ 2 M$ dans un format à (16 équipes) à 1,5 M$ par match avec 24 équipes. Certes, l’augmentation du nombre inclue forcement une baisse, mais le cas de la CAN 2019, elle semble
démesurée. Une situation qui avait fait dire à un responsable de la FIFA, durant le tournoi qu’«il n’était pas normal que la CAN rapporte aussi peu d’argent !». Un constat que partage l’ancien secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy, qui estime que l’édition 2019 aurait du rapporter au moins 100 M$. «L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations et l’augmentation du nombre d’équipes participant au tournoi à 24 équipes, nécessite de modifier les termes de l’ancien contrat et de le porter de 50 à 100 M$», explique-t-il. Une affirmation que confirmera peut-être la secrétaire générale de la FIFA et amie personnelle d’Ahmad Ahmad, la Sénégalaise Fatma Samoura, une fois installée comme déléguée générale pour l’Afrique.

NAZIM BESSOL

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