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CAF : La mise à l’écart saugrenue du directeur des finances

Red- Nazim Bessol

La chasse aux sorcières continue à la CAF. Un mois après le renvoi très contesté du secrétaire général de la CAF, Amr Fahmy et son remplacement par le Marocain Mouad Hadjji, c’est au tour d’un autre Egyptien d’être visé par les foudres du président, le Malgache Ahmad Ahmad. A un mois du coup d’envoi de la 32e édition de la CAN, en Egypte (20 juin 19 juillet), il a relevé de ses fonctions, le directeur des finances, Mohamed el-Sherei, pour une durée de 60 jours. Il lui est reproché « d’entraver le travail de l’administration » il est remplacé par son adjoint Ahmad Sharkawy. (BOTOLA, le bihebdomaire algérien  possède le document)

Un motif pour le moins saugrenu que le département des ressources humaines et juridique de la CAF ainsi que les avocats de l’instance ont sorti de leur chapeau pour écarter – dans un premier temps (!?) – le grand argentier de la CAF. Petit-fils d’une ancienne gloire de Nadi Al Ahly, Mohamed est le fils de la regrettée, Amira el-Sherei, surnommée la « mère du football africain » et qui a passé en tout et pour tout vingt-trois ans à la CAF (1970 – 1995). A partir de 1980, elle est promue adjointe du secrétaire général, Mourad Fahmy puis en 1982, de Mustapha Fahmy qui succède à son père. Les noms d’El Sherei tout comme celui des Fahmy sont strictement liés à l’histoire de l’instance panafricaine et son développement. « Mohamed est arrivé à la CAF dans la poussette, c’est un enfant de la CAF, sa mère le ramenait régulièrement au bureau » nous confie un responsable de l’instance.

La mise à pied de Mohamed el-Sherei, intervient quelques semaines après que ce dernier eut refusé de rallier Rabat en compagnie du 3e vice-président de la CAF, le Marocain, Fawzi Lekjaa. Celui qu’on appelle communément le président (bis) de la CAF, souhaitait comme il l’avait fait en 2017 juste après l’élection de Ahmad, embarquer toute la comptabilité de la CAF dans son pays pour examen. Une démarche non prévue par les statuts, mais que Lekjaa en sa qualité de président de la commission des finances  et 3e vice-président, s’est octroyé quand bien même il n’a réuni la commission des finances qu’une seule fois en novembre 2017.

Depuis la nouvelle mandature de mars 2017 et l’élection du Malgache Ahmad qui a mis fin au règne du Camerounais Issa Hayatou par l’Assemblée générale élective à Addis Abeba « Fawzi Lekjaa, directeur du budget au ministère de l’Economie et des Finances marocain, n’a réuni qu’une seule fois la commission des finances qu’il préside. Il a tenu et obtenu que la comptabilité de la CAF aille à Rabat pour examen, alors qu’elle est certifiée par l’un des plus grands cabinets d’audit du monde (Ernst & Young) » précise, dépité, un responsable de l’administration qui a souhaité gardé l’anonymat, en concluant par « il y a anguille sous roche».

Le refus de Mohamed el-Sherei de suivre Fawzi Lekjaa a été qualifié par ce dernier et par Ahmad Ahmad comme un « ralentissement volontaire du travail de l’administration et sanctionné immédiatement de deux mois de mise à pied. Une mise à l’écart qui a provoqué une vague de mécontentement puisque pour beaucoup, il ne s’agit ni plus ni moins pour le président (bis) que d’accaparer des finances de l’instance après avoir fait main basse sur l’administration en installant son compatriote Mouad Hijji au secrétariat général. Ne dit-on pas que celui qui tient les cordons de la bourse, tient le pouvoir ? Affaire à suivre

Nazim Bessol (In Botola).

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